‹ Comédies (volume 3)Chapitre 210 sur 229 · Acte III, scène IV · texte numérisé non relu

Acte III, scène IV

Ils n'ont pas de famille et n'ont pas de maison.

Prenant leurs jours, ainsi qu'une amante jalouse,

La Patrie au divin sourire est leur épouse.

La gloire est le seul bien de quiconque est né roi,

Car celui-là se doit à tous, et c'est pourquoi,

Afin qu'à son aspect la vertu se devine,

La lame de l'Épée, en sa forme divine,

Est pareille à la feuille austère du laurier.

Suis les chefs, ma chère âme, au combat meurtrier!

Et c'est assez pour moi, puisque tu m'as nommée

Ta Deïdamia chérie et bien-aimée,

D'avoir pu te donner, hélas! pendant un jour

Ce cœur, qui restera brûlé de ton amour ;

Car Deïdamia, ta compagne, fiit-eile

Oubliée, a marché dans ta route immortelle !

ACHILLE, enveloppant Deïdamia d'un regard suprême et tute'laire.

O Dieux ! gardez ici tout ce qui me fut cher! Ce pur sang de mon sang ! cette chair de ma chair! Et du haut de la nue éclatante et profonde Protégez ce front d'or et cette tête blonde ! Secourez-les!

DEÏDAMIA, tendant les bras vers Achille.

Adieu, mon maître! Adieu, mon roi!

Mon âme! toi qui fus mon Achille! Vers toi S'envoleront mes cris de douleur et de joie ! Tu m'avais prise, fier chasseur, comme une proie Qui sent la mort sereine entrer dans son œil bleu,

nd

Deïdamia.

Et je garde en mon cœur la brûlure et le feu Vivant de ton amour, qui fut mon seul délice. Va! je t'aime, et je suis heureuse.

ACHILLE, avec un effort siiprêine.

Viens, Ulysse!

Ulysse et Diomède eutrainenl Achille, tandis que les Princesses s'empressent autour de Deïdamia. — Le rideau tomhe.

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