‹ Comédies (volume 3)Chapitre 35 sur 229 · Acte II, scène IV · texte numérisé non relu

Acte II, scène IV

Que j'e m'égare seule, ayant laissé mes armes, Et que, pâle d'horreur. Je bois l'eau de mes larmes ? Je pleure ton parjure, infidèle Glaucé ! Le poison que je bois, c'est toi qui l'as versé. La haine est dans mon sein. Le feu qui me dévore C'est le courroux. Hélas ! Pourquoi mentir encore?

Avec é<^nrement.

Non, ce n'est pas la haine ! O toi, qui me poursuis. Quel es-tu ? Connais-tu ma peine et mes ennuis ! Celle dont le glacier vierge était le royaume Tremble, pâle victime éprise d'un fantôme.

Apercevant Éros endormi sous le rayon de lune. Avec effroi, La vision, toujours !

S'approchant du banc de mousse et distinguant le visage d'Éros.^

Un enfant ! Qu'il est beau !

Doux incarnat de rose ! Oh ! jamais le flambeau De la nuit n'éclaira des formes si divines ! C'était lui, c'était lui, mon cœur, tu le devines, Que me montrait toujours la blanche vision ! Ce fantôme charmant de mon illusion Était là, prés de moi, dormant dans la ravine. Et c'est pourquoi tu bats si fort dans ma poitrine !

Regardant Éros avec passion.

Il est là, radieux, apaisé, triomphant.

Oh ! donner un baiser chaste à ce front d'enfant. Et mourir ! Mon secret dans le bois qui frissonne Restera. Qui jamais peut le savoir ? Personne. Quant à lui, mon pouvoir empêche, si je veux, Qu'il ne s'éveille. O Dieux ! sur l'or de ses cheveux

S+ Diane au bois.

Poser ma lèvre, et puis... Ah ! qu'ai-je dit ! ruisselle Encor, source des pleurs,

Avec accahhnicnt.

je suis une immortelle !

Eulraluée malgré elle vers Èros.

Fuyons. Je n'irai pas. Je ne veux pas. Je suis La divinité morne et farouche des nuits , Qui teint ses mains de sang en sou mâle délire !

Luttant en vain.

Fuyons. Je ne peux pas. Non, mon cœur se déchire!

Exaltée et transfigurée, les yeux au ciel. Eh bien, voile-toi donc, lumière ! Voilez-vous, Flammes, clartés, flambeaux, regardsdu ciel jaloux! Astres qui de l'azur briîlant fixez en foule Sur moi vos yeux railleurs, éteignez-vous ! je fouie Aux pieds ma froideur sainte et ma divinité. Et pour me repentir j'aurai l'éternité !

Les yeux tendrement fixés sur Eros.

Sur son visage l'ombre errante du platane Rit. Ne t'éveille pas, divin enfant!

Elle s'approche â'hros endormi et lui haise le front. Eros cessant de feindre, se jette aux pieds de Diane.

ERGS, à genoux.

Diane, Je t'adore!

DIANE, avec un cri déchirant.

Ah ! perdue I

ÉROS, suppliant.

Ecoute-moi !

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