‹ Comédies (volume 3)Chapitre 36 sur 229 · Acte II, scène IV · texte numérisé non relu

Acte II, scène IV

D I A N Ej éperdue, immobile, farouche et comme foudroyée par sa douleur.

Pleurez, Solitudes! Maudis tes attributs sacrés, Chasseresse !

Avec une ironie désespérée.

Pour toi la neige était impure !

Et, vierge, tu trouvais au lys une souillure, Foulant avec mépris Téther surnaturel !

Et l'aigle est moins rapide à monter vers le ciel Qu'à monter a ton front la rougeur n'était prompte Alors! Nymphe orgueilleuse, à présent bois ta honte!

ÉROS, humble et repentant.

Diane !

DIANE, avec le même accent farouche.

Laisse-moi. Va! laisse-moi pleurer !

Laisse mon sein gémir et mon cœur s'ulcérer. Homme, ne trouble pas mon angoisse suprême. Maudite, désolée, en horreur à moi-même. Blessée enfin d'un mal que rien ne peut guérir, Je me hais. Que peux-tu d'ailleurs ?

ÉROS

Je puis mourir.

Mais, Nymphe, sur le pauvre enfant que tu détestes Tourne encor sans courroux ces deux astres célestes ! Approche, et sous l'éclair enivrant de tes yeux Je mourrai...

Avec effort.

sans regret !

56 Diane au bois.

DIANE, qui trahit son secret par un cri passionné.

Mourir ! Toi ! Justes Dieux !

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