SCÈNE V
ÉROS, DIANE, GNIPHON.
G N I P H O N, d'un ton insultant.
Bien. Chantez encor. J'en ris Follement ! L'air est tendre et les mots sont fleuris. J'y prends plaisir. Voilà comme on écrit l'histoire! On dit partout: u Diane au torrent s'en va boire! Sur le mont chevelu par la neige, brûlé, '
Elle offre aux ouragans son front échevelé! Elle cherche l'horrour des forêts. » C'est risiblc. Diane au carquois d'or, Diane l'invincible Courtise Endymion, berger, qui se défend!
Diane au bois.
Qui donc? Endymion! Non pas. Car cet enfant, C'est Éros, c'est le Dieu sauvage d'Idalie!
Diane fait un geste de surprise désespérée. Eros avec Diane! Oh! la bonne folie!
Avec une rage enfantine.
Ah! l'on n'avait pas vu cette merveille encor! Je me venge.
Montrant le cor d'ivoire que Diane a posé sur un rocher.
Et d'abord je vais prendre ce cor, — // prend h cor et le porte à ses lèvres. Et puis j'en sonnerai, —
Il sonne du. cor.
comme ceci.
A Diane.
Tes blanches Guerrières, sur leurs pas déchirant les pervenches. Accourront, et Gniphon dira tout. « Quoi ! Vraiment Feront-elles, Diane! elle avait un amant! » Alors tu subiras, ô bonheur ineffable ! Leur raillerie amère, et tu seras la fable De l'Olympe, et demain les Immortels vermeils Pourront à leur festin farouche, oii les soleils Suspendus au plafond servent de luminaires. Avec leur rire immense (iveillcr les tonnerres
DIANE, à part, avec des sanglots étouffés.
Éros! lui!
A Eros avec colère.
Va, cruel. Que tes pleurs, dévorés Dans l'exil, pour ta mère aux longs cheveux dorés