‹ Comédies (volume 3)Chapitre 63 sur 229 · Scène VII · texte numérisé non relu

Scène VII

Papa, je les ferai rougir si Je m'y mets !

OR GO N

Mes cheveux sont d'un blanc qui ne rougit jamais. Jamais!

COLOMBl N E.

Ah! c'est ainsi que vous prenez la chose! Comme si voire enfant chantait Bouton de Rose! Votre femme parfois vous donna des soufflets : Moi je vous prie, et c'est comme si je soufflais Dans ma flûte! Sachez que je tiens de ma mère, Monsieur, et que je suis comme elle une commère.

ORGO N.

Je ne le sais que trop. Mais, chut! j'entends des pas, Tais-toi.

COLOMBl NE.

Non, sarpejeu ! je ne me tairai pas.

Qui brode vos collets? qui sans espoir de lucre Bassine votre lit le soir avec du sucre ?

Toi, ma fille.

Mais..

Ah !

ORGON

Je sais tout ce que je te dois,

COLOMBl NE.

Qui fait ces'ragoûts à s'en lécher les doigts ?

Le Beau Léandre.

ORGON

Toi-même.

COLO MBINE.

Qui choisit pour vous à la Vallée Hier cette oie énorme et si vite avalée ?

ORGON

Elle ne valait pas cent écus !

COLOMBINE

Croyez-vous ?

Qui va jusqu'à Montreuil vous chercher du vin doux ?

ORGON

Tais-toij Ton me croirait ivrogne!

COLOMBINE

Je lésine Pour vous plaire, et vous fais moi-même une cuisine D'ambassadeur, avec rien que vous me donnez. Mais que je vous supplie, et vous m'abandonnez Sans payer seulement les robes que je traîne!

ORGON, effrayé.

Colombine, mon cœur! ma pouponne! ma reine!

COLOMBINE

Vous n'avez pas compris tout ce que je valais.

ORGON

Si!

COLOMBINE

Je vais dès ce jour vous livrer aux valets!

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