Acte I, scène I
C É L I D É E, pensive.
L'amour !
OLIVIER
Oui. Laissez-moi vous dire tout mon rêve. Il me semble parfois que sur le vert coteau Va paraître, venant ici dans ce château, Quelque princesse ornant sa chevelure fière De rubis, à la fois chasseresse et guerrière, Et dont la robe d'or frissonne ! Mais je suis Un fou de vous conter ma peine et mes ennuis Et les vagues espoirs dont j'ai l'âme inondée ! Vous si calme toujours, ma tante Célidée, Vous n'avez pas connu ce mal cruel et doux A la fois, dont je souffre.
CÉLIDÉE.
Ami, qu'en savez-vous?
Peut-être, quand la brise insoucieuse et pure Agitait sur mon front ma jeune chevelure. J'attendais, comme vous rêveuse, que céans Vînt un jeune héros qui, vainqueur des géants, Garde un souvenir pur et que rien ne profane. Tel qu'Amadis épris de la belle Oriane.
Pendant ces derniers vers, on a tu défiler lentement sur le chemin qui est en dehors du château, sans être aperçus d'Olivier et de Célidée, Hardy et les comédiens, Amarante, Lucinde, Pymante, Jodelet, vêtus avec une richesse bizarre. Rosidor vient le dernier, après que ses compagnons ont déjà disparu. Il regarde le paysage, le front haut, la main sur sa rapière, et campé dans une pose noble. A ce tnonient, Célidée se retourne, Papercoit, et ne peut retenir un cri.
Florise.
c É L I D É E, apercevant Rosidor, Dieux!