‹ Comédies (volume 3)Chapitre 87 sur 229 · J G D E LET · texte numérisé non relu

J G D E LET

Il l'aime, si jamais homme sut ici-bas Aimer éperdùment une figure humaine !

AMARANTE

Comment n'en dit-il rien ?

LUCINDE

A-t-il peur de sa haine?

AMARANTE

Pourquoi ne s'est-il pas déclaré son amant ?

LUCI N DE

Pourquoi subirait-il un si cruel tourment ?

AMARANTE

Car ce que Hardy veut, toujours il sait le prendre.

LUCI N DE

Et bien vite, et sans peur.

138 Florise,

AMARANT E.

C'est à n'y rien comprendre, j O D E L E Tj pensif et comme en extase. Moi, je comprends.

lUC I ND E.

Allons!

AMARANTE, riant.

Taisez-vous. L'innocent

Parle.

J G D E L E T, toujours comme halluciné par sa rêverie.

Ce que Hardy, le poète puissant, Aime en Florise, c'est la Muse, âme éternelle, Qui n'est pas elle et qui, cependant, vit en elle ! Oui, c'est, n'en doutez pas, la noble expression De sa propre pensée et. sa création ; C'est le subtil esprit qu'il jeta sans mesure. Titan voleur du feu, dans cette argile obscure. Sans lui, qui la créa pour l'univers charmé, Florise n'était rien qu'un être inanimé. Pourquoi songerait-il, dans l'ardeur qui l'enflamme, A ses attraits mortels, quand il a fait son âme?

L u CI N D E, riant et haussant les épaules. Phébus que tout cela !

AMARANTE

Propos stérile et vain !

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