J G D E LET
Il l'aime, si jamais homme sut ici-bas Aimer éperdùment une figure humaine !
AMARANTE
Comment n'en dit-il rien ?
LUCINDE
A-t-il peur de sa haine?
AMARANTE
Pourquoi ne s'est-il pas déclaré son amant ?
LUCI N DE
Pourquoi subirait-il un si cruel tourment ?
AMARANTE
Car ce que Hardy veut, toujours il sait le prendre.
LUCI N DE
Et bien vite, et sans peur.
138 Florise,
AMARANT E.
C'est à n'y rien comprendre, j O D E L E Tj pensif et comme en extase. Moi, je comprends.
lUC I ND E.
Allons!
AMARANTE, riant.
Taisez-vous. L'innocent
Parle.
J G D E L E T, toujours comme halluciné par sa rêverie.
Ce que Hardy, le poète puissant, Aime en Florise, c'est la Muse, âme éternelle, Qui n'est pas elle et qui, cependant, vit en elle ! Oui, c'est, n'en doutez pas, la noble expression De sa propre pensée et. sa création ; C'est le subtil esprit qu'il jeta sans mesure. Titan voleur du feu, dans cette argile obscure. Sans lui, qui la créa pour l'univers charmé, Florise n'était rien qu'un être inanimé. Pourquoi songerait-il, dans l'ardeur qui l'enflamme, A ses attraits mortels, quand il a fait son âme?
L u CI N D E, riant et haussant les épaules. Phébus que tout cela !
AMARANTE
Propos stérile et vain !