Acte I, scène V. i^i
Disparaît, quelque heureux prestige qu'il ait eu, Devant le mâle effort de votre humble vertu !
C É L I D É E, d Florise.
Flatteuse!
Bas, à Olivier,
Elle est charmante.
OLIVIER, bas â Cêlidée ■
Oh ! dites, quelle douce Musique, cette voix! Un ruisseau dans la mousse Murmure et chante ainsi.
Haut, à Florise, qu'il débarrasse de son manteau. Donnez-moi ce manteau.
Madame. Vous plaît-il d'entrer dans le château? L'air du matin pourrait flétrir votre visage.
FLORISE, faisant d'abord le mouvement de suivre Olivier,
puis s'arrciant, regardant auteur d'elle les ombrages du parc,
et comme extasiée.
Laissez-moi voir encor ce divin paysage !
Ombre délicieuse et fraîche ! Qu'il est beau,
Ce parc sombre et discret, profond comme un tombeau,
Où les arbres géants, témoins de tant d'histoires.
Cachent des nids d'oiseaux dans leurs frondaisons noirll
Il est triste et pourtant joyeux, presque riant.
Son château féodal regarde à l'orient ;
Près de nous, sous l'abri de ce grand sycomore.
On entend murmurer sa fontaine sonore;
Et de ces longs palais de charmille où bruit
Comme un soupir, dans la fraîcheur et dans la nuif,
Et des rochers où pend la liane, et des marbres
Mystérieux, cachés sous les branches des arbres, De tout ce monde ému, frissonnant et dormant A l'aurore, s'exhale un tel enchantement Délicieux, tranquille, exempt d'inquiétude ; I est si doux de voir en cette solitude La colombe ouvrir l'aile et la rose fleurir, — N'est-ce pas? — qu'on voudrait ici vivre, et mourir Ici, par la chanson de ces ruisseaux bercéej
OLIVIER, avec feu.
Madame, plût à Dieu qu'une telle pensée...
HARDY, gaiement, à Florise.
Ces arbres-là feront des jaloux, — oh! combien De jaloux ! — Toutefois, ne leur reprochons rien, Nous qui vous emportons loin d'eux avant une heure !
OLIVIER, subitement rappelé à la réalité. Si vile !
HAR DY
L'oiseau libre a le ciel pour demeure, —
JO D ELET.
Et nous, les grands chemins. Toujours nous détalons Comme Mercure, ayant des ailes aux talons. Ainsi l'a décidé le sort, que nul n'évite.
OLIVIER, à Florise.
Ne partez pas avant ce soir. — Oh! pas si vite ! Attendez le zéphyr et le ciel attiédi.
Ne partez que ce soir !