ACTE 11, SCÈNE
GMPHON) i>éuibJti:Lj*MJt.
Pur mensonge !
Avec révolte.
Eh bien! non, j'avoue. On m'a livré.
Soit. Mais si le nectar brûlant dont j'enivrai Ma lèvre par hasard n'était que de l'eau claire, Pourquoi me détromper, cruel, en ta colère ! Ahl vous autres les Dieux, vous êtes étonnants! Vous avez la montagne en fleur, les cieux tonnants, L'éclair, les grands palais d'azur, dont les pilastres Sont faits de diamants et de saphirs et d'astres; Vous tenez dans vos mains la foudre et ses carreaux, Et vous venez encore, ingénieux bourreaux, Chez nous, à nos dépens courir les aventures Et disputer leur joie aux pauvres créatures ! Je me. révolte enfin. Qu'ai-je fait? Tu me nuis! Tu railles mon veuvage affreux et mes ennuis ! . Parce que ta Diane errante, que tu trouves Si belle, met à mort des biches et des louves, Parce qu'elle s'en va les pieds nus dans le thym, Parce que ta Déesse aura dès le matin Mis sa robe couleur de rose ou fleur de soufre, 11 faut que j'en pâtisse, il faut, moi, que j'en souffre! Si n'ayant rien aimé, vierge au sourire amer, Elle cache en son cœur les neiges de l'hiver, Est-ce ma faute, dis, méchant Amour? C'est elle Qui t'a chassé, pour rien, pour une bagatelle, Et qui te hait. Je vis pauvre sous mon tilleul, Triste, dédaigné, fauve, horrible, et je suis seul Quand tout renaît, au mois délirant de la sève : Je ne te dis plus rien, mais laisse-moi mon rêve!
ÉROS
Gniphon !
GNIPHON, voulant partir.
ÉROS. i
Je puis te consoler.
GN1PHON, avec amertume.
Merci!
Désarme ta Diane, objet de ton souci.
Laisse-moi.
Si pourtant je cède à tes reproches?
GNIPHON. *
Point d'affaire. Je crains les présents de tes proches* J'ai voulu voir de près les Dieux, je m'en repens, Et je retourne avec les loups et les serpents. Pourquoi me voudrais-tu du bien? Quel est mon crime? Celle qui t'a chassé du grand festin sublime, C'est Diane. Ce bois farouche est ma prison. Donc, *e me verse pas ton miel et ton poison. ' Lâche Amour, si tu veux, chérir ce qui t'abhorre, Retourne au bois, leurs cris y résonnent encore, Et suis parmi l'horreur du meurtre et du trépas Celle qui pour te fuir précipite ses pas. Ta Déesse a la haine au cœur bien affermie : Va la fléchir!
Il sort.