SCENE PREMIÈRE
MERCURE
J'y suis enfin I — Voilà Cythère, et la maison Où demeure Cypris dans la belle saison . Oh! je suis las! Mes pieds devancent les gazelles, Et quand je ne cours pas, il faut voler. Mes ailes N'en peuvent plus. Mon sort me devient odieux. Quel état que celui de messager des Dieux ! Paresseux et gourmand, ce serait mon affaire De bien manger, de bien dormir, de ne rien faire Et d'économiser mon travail et mes pas. Chansons! je ne dors pas et je ne mange pas!
252 LA POMHE,
Si je veux sommeil 1er sous Ja nuée obscure, Mille voix aussitûL m'appellent :
Imitant diverses voix de femmes auxquelles il répond h m «sure qu'elle* lui parlent*
— Ho I Mercure I
— Hein? — Mercure par-cil — Quoi? — Mercure par-là.
En haut! En bas! Partout I Las ou non, me voilà.
Au public*
Ouï, dussent les chanteurs me cribler d'épi grammes,
C'est moi qui fais encor tes courses de ces dames.
Celle-ci veut sa Ûûle et l'autre son tambour 1
Et ce nTest rien auprès des messages d'amour 1
À travers les grands cieux je vais de porte en porte,
Et je les porte.
Après une pause.
J'en rougis. Mais je les porte ï
Imitant le ton qu'il prend pour s'acquitter d'un message.
Cher soigneur, ce jasmin vient do qui tu sais bien. Bon espoir. Et surtout pas un mot, N'en dis rien.
Dfune voix plus douce, et comme n'acquittant d'un autre message.
Ma Nymphe, Jupiter de là-haut te fait signe, Sois heureuse. Il viendra dans son babit de cygne»
Tirant ta pomme du filet où elle est contenue»
En ce moment eneor je vais porter ceci : Une pomme. Tout près, ttien qu'à Sparte! merci, A Sparte! Oui, Jupiter l'envoie... «A la plus belle! » C'e&t-a-dire à la reine, hier encor rebelle, Qui, ce matin.,. Lêda trouva ce damoiseau Plus tendre, j'imagine, en figure d'oiseau! Doue, j'arrivais à peine, il faut que je reparte Il faut porter la pomme à la reine de Sparte ! Avec iudïgDatioD.