ACTE 1, snfiNË ivt 3Ltf
ÀHÀJUNTE.
Il parle à présent d'un bon style.
Et roi, je laisserais Florîse au péristyle '
ûe mon palais d'or, pour tous ouvrir galamment Toutes les portes.
LUCINDE
C'est fort bien dit.
PYMANTE, d'un ton négligé.
. Seulement,
Flonse a ceci...
AMARANTE
Quoi?
PYMANTE
Ceci, — chère gardienne De mon très humble amour, — qu'elle est comédienne!
LUCINDE, furieuse.
Et moi pas!
AMARANTE
Chère, il faut avoir de la bonté Pour écouter ces fous au langage éhontô !
Ce triste Jodelet, si maigre qu'il chavire
Dans son pourpoint, ainsi que sur mer un navire,
Et moins maigre pourtant que son pauvre destinl
AMARANTE
Et ce Pymante obèse, ivre dès le matin, Qui n'a jamais fini de boire à perdre haleine, Et porte en chancelant un ventre de Silène! ***
306 FLOR1SK.
PYMANTE
Le ventre de Silène a du bon.
LUCINDE
C'est un puiU De vin vieux.
PYMANTE
D'accord.
t « ÀMARÀNÏE.
C'est une outre,
LUCINDE
C'est un ftiultfe.
AMARANTE, montrant Rosidor, qui jusque-là est resté plongé dans sa rêvertew
Regardez Rosidor, qui brilla dans les fêtes! Plutôt que d'approuver les discours que vous faites Et de louer aussi Florise plus que moi, Il se tait.
LUCINDE, coquetant, à Rosidor.
Dis, à moins qu'on n'ait le sang d'un roi Dans les veinest à moins qu'on ne porte l'hermine Et l'azur, ces dédains inspirés, cette mine De princesse, qui jette uii mot comme tin trésor, Sont fort tristes à voir. N'est-ce pas, Rosidor?
ROSIDOH.
Pour moi, Florise, à moins que je âois en délire, Me parait simple autant que belle.
AMARANTE
Je t'admire!
Cette héroïne, riche en nobles sentiments, Nous vient à notre nez prendre tous nos amants!