‹ ComédiesChapitre 179 sur 271 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

HARDY

Eux, des comédiens! — Non, des marionnettes Que le chasseur Amour, grand diseur de sornettes, Amuse, et, les tournant de face ou de profil, D'un doigt capricieux agite au bout d'un fil! Ils sont tous fous! Voilà Rosidor qui courtise La belle dame, à l'âme en tleur comme un cytise; Amarante et Lueiude, ainsi que lèpervler, Fondent à qui miens: mieux sur le comte Olivier; Agiles et déjà frémissantes de joie, C'est k qui va ravir cette innocente proie. Pymante et Jodeiet, ardents comme des loups, Poursuivent G uîll émette encore. Ils sont tous fous. Quant à ma comédie, on voit que leur caprice L'abandonne gaiement. Le lait de leur nourrice, Ils s'en souviennent; mais, sous ces ombrages verts, Mes acteurs en délire ont oublié nies vers! 0 muse des chansons! ton chariot méprise Le sang pur de ta vigne 1 Heureusement, Florise

326 floîiise.

Me reste; celle-là, franche comme le jour, N'est pas un vain jouet pour l'indocile Amour. Drame auguste, FJorise est ta sévère amante : Tenir ton glaive sombre ou ta torche fumante, Voilà ses jeux; son cœur céleste et vigilant S'enivre, Poésie, avec ton vin brûlant Dont sa lèvre de feu n'est jamais essuyée!

Apercevant Fiorise et Olivier, que le spectateur ne voit pas encore.

Mais qui vient par ici? Dieux 1 c'est elle, appuyée Au bras du comte. Il est troublé comme un amant, Et Fiorise, je crois, lui parle tendrement. Elle, mon seul recours ! La méchante Fiorise I N'écoutons pas cela. Fuyons.

Hardy veut s'enfuir, mais à ce moment même entrent Olivier et Fiorise, continuant un discours commencé, et dans l'attitude où il vient de les décrire ; il n'a que le temps de se cacher derrière un feuillage. 11 écoute ainsi malgré lui les premiers vers de la scène suivante, et sort furieux, en haussant les épaules, au moment où Olivier vient de prononcer ces mots : Je vous aime.

Page 1