‹ ComédiesChapitre 184 sur 271 · FLORISE, HARDY · texte numérisé non relu

FLORISE, HARDY

HARDY, à part.

Florise!

Au risque cette f. is daii'ronter son courroux, Sachons jusqu'où le mal en est venu.

FLORISE, haut.

C'est vous, Hardy?

HARDY

Je re isais ce lôle d'Hippolyte Qui s'accorde si bien à vot e esprit d'élite!

FLORISE, très d.&trai e. L'un ton indifférent.

Ah! — Nous verrons.

HARDY

Sans doute, et dès après-demain.

Ce personnage épique et cependant humain

J.CTE Uj SCÈNE YJI.. 33^

En qui la vaEeur brille, en qui l\i.nunir veut naître, Qu'il sera séduisant sous vus trailsl

Oui, — Peut-être,

Excepté vous, qui donc en cet âge moqueur Eût pu nous faire voir l'amazone au grand cœur, Échevelée au vent, dans les fleuves trempée, Qui sous Tardent soleil fait luire son épée ; La vierge pure aux yeux profonds, qui sur son flanc Serre dans les combats le grand arc teint de sang? Oh! vous seule, des temps renversant la barrière, Vous saurez évoquer cette grande guerrière 1

FLORISE

Il se peut.

HARDY

Ses bras fiers en leurs rébellions Ainsi que les héros ont vaincu les lions ; Elle est rude et superbe, et la bataille obscure A peur du vent de feu qui tord sa chevelure; Mais tout à coup, celui qui meurtrit le vautour Et le tigre, lfe seul victorieux, l'Amour La prend, et fait trembler sa main encore humide. La guerrière devient une femme timide ; Ses yeux cruels et froids comme des oiseleurs, Apaisés maintenant, se remplissent de pleurs! Dites, ce triomphant passé qu'un souffle emporte, C'est beau, n'est-ce pas?

FLORISE, d'un ton glacé.

Oui, c'est très beau.

Avec iinpatience.

Que m'importe l

334 floiuse.

HAHDY, stupéfait.

Que tous importe! Allons, je suis fou. Depuis quand Dédaignez-vous la Muse et son rhythme éloquent, Vous qui jusqu'à ce jour, buvant la poésie, N'avez trouvé qu'en elle qu'un flot qui rassasie Votre âme? Pourquoi donc vos yeux sont-ils si froids? Qu vous transforme ainsi?

FLORISE

Vous demandez, je crois, Depuis quand l'artifice élégant d'un poème Ne fait plus délirer mes yeux? Depuis que j'aime. J'aime Olivier d'Atys, ne vous étonnez pas! Ah ! rien que son murmure ou le bruit de son pas Mieux que vos vers émus réjouit mon oreille, Et sa voix est le chant dont mon cœur s'émerveille! Vous dites : C'est étrange ! elle aime, elle n'est plus Cette comédienne aux vœux irrésolus, Comme un oiseau railleur chantant la folle gamme De cent amours divers. — Non, je suis une femme! En moi, mille pensers nouveaux comme un essaim Voltigent. Mon cœur bat et soulève mon sein. Je comprends la forêt charmante qui soupire. Je suis femme. Je vis! Je souffre! Je respire 1 Il s'éveille à la fin, ce cœur déshérité, Et sent qu'il vient de naître.

HARDY

Hélas!

FLORISE

En vérité, Vous me plaignez, ami, d'une voix douloureuse! Gardez votre pitié. Merci. Je suis heureuse.

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