‹ ComédiesChapitre 185 sur 271 · ACTE U, S.ÇÊÎHE VII · texte numérisé non relu

ACTE U, S.ÇÊÎHE VII

HAÎIDY, avec tristesse»

Hélas I combien de fui*, pauvre âme, avez-Yous fait De tels rêYes trompera!

FLOA19E.

Oui, jadis, en effet, Je crus aimer. Je fus deux jours préûç^upé« D'une rime galante, ou bien d'un nœud d*4pée. Mais, conipreuez-moi donc! cette fois, je vous dis Qu'ils sont passés, les jours vides, les jours maudits, Et qu'en y resongeant enfin je pois sourire, Tant leur voile devant mes regards se dédiirel Poète, je connais la vraie émotion 1 Que me lait à présent ta vaine fietionï Et que m'importe, avec sa bravoure ou ses crimes, Ta guerrière chantant sa peine en belles rimes, Quand mon être, inondé de lumière et de joor, BruLe de tous les feux d'un véritanle amour 1 Oui, ce timide .enfant, ai pur, si fier, si brave, Je l'aime, et je te dis que je suis son esclave. Qu'il estbeaul Quelquefois, lorsqu'il devient songeur, A son front pâle monte une vive routeur, Et Ténia nce, en fuyant, le conseille a yûïi basse, Car il en a gardé la pudeur et la grûcel Tout à l'heure il était ici, tremblant d'émoi, 11 nie parlait avec des mots divins. Et moi, J'alîecUU à plaisir un orgueil qui le tue. Je lui disais : Je suis une froide statue, Une idole, — et tout bas, je lui criais : Merci, Merci, je t'aime l

HARDY

Hélas! Florise,«vous aussi, Vous n'étiez qu'une enfant, lorsque j'eus cette fête De vous voir. C'est pour vous que je devins poëte.

336 FLORISE

Je vous aimai, Florise, et vous avez pu voir Alors ma lâcheté, mes pleurs, mon désespoir! J'ai savouré ce vin amer jusqu'à la lie, Et, quand je vous criais : Je sens que ma folie Misérable n'attend plus rien que du trépas, Qu'avez-vous répondu?

Je ne m'en souviens pas.

HARDY

Vous l'avez oublié? J'ai meilleure mémoire.

Vous m'avez dit : Poëte, allons, songe à ta gloire.

Entre dans la mêlée affreuse d'Ilion !

Chante! laisse ton vers bondir comme un lion

Ou planer comme un aigle ! Évoque des ténèbres

Les crimes, dans les plis de leurs linceuls funèbres 1

Quoi! chercheur de trésors, que guide un talisman,

Vas-tu te travestir en héros de roman

Courant après l'oiseau Caprice qui s'envole,

Ou te traîner aux pieds d'une femme frivole

Et perdre ton génie auguste à la prier,

Toi qui peux conquérir le rameau de laurierf

FLORISE

Je blasphémais 1

HARDY

Non pas. Alors, nymphe sacrée, Vous parliez sagement, et comme une inspirée I Et vous disiez encore : Est-ce que nous aimons, Nous autres? Comme un vol effrayant de démons, Les Inspirations, les Chimères, les Rimes Nous emportent vivants par-delà les abîmes Des grands cieux inconnus. Là nous entrevoyons, Dans un mouvant chaos d'astres et de rayons,

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