ACTE 111, 5CÊTNË IL
FïîiANTE.
VoiU no* champs grêlés ï
JODELETp
Qii'alloas-aous devenir sans FJorise?
HARDY
Des hommes, J'espère.
JODELET
Tout au plus.
ROSIDOR
Malheureux que nous sommes f Nous n'allons plus pouvoir jouer, quand c'est leur tour, Ni Félismêne, ni Le Triomphe d'Amour !
AMARANTE
Ni Le Ravissement de Pluton !
LUCINDE
Ni Gorink Ou le Silence.
PYMANTE
Nif — c'est ce qui me chagrine, —
PHBâARTE !
JODELET
Avec Florise, encor, nous avions faim Parfois, assez souvent peut-être; mais enfin, Son talent merveilleux, qui dans tout genre excelle, Fit qu'un peu d'or venait rire en notre escarcelle !
PYMANTE
Mais rien ne luira plus sur nos jours assombris 1
ROSIDOR
Désormais, nous pourrons espérer pour abris Les rochers du dtsert, qu'habitent des reptiles, —
FLlîBISE.
JODELET
Et pendre k quelque clou nos d^nts, comme inutiles 1
Soyons nets, je nous vois de pain déshérités. Car, — ne déguisons pas les saines vérités, — Nous, sans Florise, c'est une troupe sans femme.
LUCINDE
Eh bien, et nous?
JODELET
Je tiens pour vil qui vous diffame, Car sans doute on put voir en tous lieux adorés Les yeux noirs d'Amarante et vos cheveux dorés ! Pourtant, vous ferez bien de chercher quelque prince Qui vous épouse ; —
LUCINDE, riant.
Bon!
JODELET
Puis, dans quelque province, Pymante fondera le cabaret du Nez Flamboyant. Rosidor, aux élans acharnés, Conquerra, s'il le veut, l'Egypte et la Médie. Moi, je mourrai. — Quant à jouer la comédie Sans Florise, meurtris par cet exil amer, Autant vaudrait courir à cheval sur la mer, Ou mettre trois refrains dans une villanelle, Ou marier Vénus avec Polichinelle, Ou bien vouloir aller au bal chez un pendu I
A Hardy.
Qu'en dites-vous?
HARDY, après avoir songé.
Je dis que tout n'est pas perdu Peut-être !
JODELET
Se peut-il?