‹ ComédiesChapitre 21 sur 271 · VILLAGE · texte numérisé non relu

VILLAGE

Voyez, mon maître a fait Les Péronnelles De village ! On dirait de vieux polichinelles 1

24 LE FLÏtLLLUTON D ' A1U S T 0 P D AN E»

Elles ont toutes trois des fronts désordonnés

Et des pommes de terre à la place du nez.

Les vaches dans le fond, c'est ce dont il se pique,

Paraissent d'une taille assez microscopique!

Donc, quoique je dédaigne un éloge banal,

Monsieur, parlez de moi lundi, dans le journal 1

Par grâce, encouragez ma peinture humble et fruste,

Ou je ne m'en vais pas de chez vous. Je m'incruste 1

ARISTOPHANE

0 peuple malheureux qu'un vertige a séduit, Est-ce là qu'en effet votre art en est réduit ? Quoi! la basse laideur, avec amour flattée, C'est là votre idéal, ô fils de Prométhée! C'est pour elle qu'hélas ! vous dépensez les vers Et la couleur splendide, âme de l'univers! Dans ma ville, où pourtant nous aimions la nature, Une loi défendait que la Caricature Peinte ou sculptée, avec ses amusements vains, Détournât notre esprit des spectacles divins. Vous, loin de la chasser de vos murs pacifiques, Vous l'enchâssez dans l'or des cadres magnifiques ; Et lorsque seshideurs offensent le regard, Vous criez réalisme et vérité dans l'art! Pauvres fous! Dans sa forme élégante et choisie, L'art fut toujours un don comme la poésie ; Avec l'amour du beau son destin est lié, Et c'est tant pis pour vous de l'avoir oublié !

Le tableau placé à gauche s'anime ; la Peinture en descend.

LA RttVPE, SCÈNE V. 2o

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