‹ ComédiesChapitre 22 sur 271 · LA PEINTURE · texte numérisé non relu

LA PEINTURE

Non, rien n'est mort ! L'Art simple et grave

S'épanouit comme jadis,

Comme au temps de César Octave

Et comme au temps de Léon Dixî

0 mon fils, dans les cités mortes, Jamais le mystique flambeau Entre des mains chastes et fortes N'a mieux guidé le peuple au beau I

Parmi des vagues de lumière, Le fils vainqueur du Titien Dresse Phœbos sur les crinières De l'attelage olympien !

L'un, Coustou nouveau, sur leur couche Faite d'un marbre étincelant, Tord les Bacchantes dont la bouche Aspire après l'amour sanglant !

Esprit que Puget accompagne, L'autre anime à coups de ciseau Des corps forts comme une montagne, Ou frissonnants comme un roseau I

Des Wateau plus frança's égarent Dans un parc ou sur un perron De blanches duchesses, que parent Les reflets du Décaméronl

26 LE FEUILLETON D1 AU i S T 0 P B A NE.

Ainsi la radieuse élite Garde avec un culte dévot L'âme de mes fils morts trop vite, D'Orsay, Pradier et Johann ot l

D'Orsay continuant Florence A Londres, sous, les tristes cieux, Parmi les clubs de tempérance Et les quakers silencieux!

Pradier, jetant sur ses statues, Visions d'un autre Prudhon, Souriant, de blancheurs vêtues, La grâce et le mol abandon I

Et sur la page familière, Johannot d'un crayon soudain Fixant les Agnès de Molière Et les vierges de Bernardin !

XANTHIAS

Honneur aux peintres qu'on renomme I Ah! je suis fou de la couleur!

Les arts sont les amis de l'homme, Et c'est pourquoi je suis le leur I

Que je sois riche ! En mes demeures, Je fais suspendre élégamment La Permission de dix heures Et puis Le Chien du régiment!

J'aime le daguerréotype!

Il est fort joli quand il l'est.

Je permets qu'on me moule en pipe,

Apostrophant Réalista.

Mais quant à toi, qui fais si laid,

LA REVUEf SCÈNE Vil. 27

Je ne veux pas que tu în'i m misées Sous tuji horrible ciel de zïqc, Devant tes petites géniales Dont Je prix est d'un franc vingt-cinq!

Il pousse Réalista dehors.

Adieu 1

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