SCÈNE HT, ii
Déjà le voilà près de Borne, On voit, hélas! Ces pirates cruels, Ménécrate- et Menas, Ensanglanter la nier qui sous leurs vaisseaux ploie. Si l'on doit partager ie monde, cette proie, J'y veux tailier, du sud jusqu'au septentrion, Des royaumes pour nous et pont* Clarion, Et pour nos iïïs en qui revit ton front céleste, Ptolémèe et le doux Alexandre,
clêopatrè;.
Non, reste.
Rome té reprendrait pour toujours, ô mon roi!
ANTOINE
Crois-tu qu'elle pourrait me garder loin de toi?
Si je te quitte un jour, toi que j'aime et qui m'aimes,
C'est pour te rapporter bientôt vingt diadèmes.
CLEOPATRE
Eh bien, puisqu'il le faut, adieu, presse ton pas. Va-t'en d'un cœur léger! Ne te retourne pas Quand je maudis le sort pour ce qu'il me dérobe, Car je te retiendrais par un pan de ta robe. Je ne veux plus te voir, ami, qu'à ton retour.
ANTOINE
Non. Au départ ma lèvre en feu, pâle d'amour, Veut baiser cette main qui tient les sceptres. Cesse Tes rigueurs, mon Isis, ô puissante déesse, . Et laisse-moi puiser la vie à ton œil noir.
CLÉOPATRÈ.
Mon cœur se brise. Antoine, adieu.
ANTOINE
Non. Au revoir.
Antoine sort»
450 LA PERLE