LÉANDRE, COLOMBINE
COLOMBINE, paraissant sur le balcon.
Mon DieuJ D'où vient tout ce vacarme?
LÉ ANDRE, continuant à criée»
Au feu!
COLOMBINE, apercevant Léandre.
C'est toi, Léandre!
Quoi! tu n'es pas grillé, brûlé, réduit en cendre ! Mais, s'il te plaît, où donc est le feu?
LÉANDRE
Dans mon cœurl Il est bien dans tes yeux! Oui, son foyer vainqueur De tes prunelles d'or a passé dans mes veines. Pour calmer sa fureur mes forces furent vaines!
COLOMBINE
Voyez le bon apôtre !
LÉANDRE
En vain ce faible cœur S'est contre tes regards armé de ta rigueur : Tes refus pour l'éteindre en vain faisaient la chaîne, Il fut incendié comme du cœur de chêne 1
COLOMBINE
Tu n'es qu'un enjôleur, et je ne te crois pas. A. quand le mariage?
LÉANDBE, feignant le désespoir.
0 froids et durs appas !
Cœur de neige fondue !
1 COLOMBINE
A quand le mariage?
LEANDRE, à part.
Elle y tient !
Haut.
0 des ci eux rare et charmant ouvrage, Fassent un jour mes vœux que nous nous unissions! Le ciel n'est pas plus pur que mes intentions.
COLOMBINE
Alors, marions-nous.
LEANDRE, montant sur le banc pour parler plus commodément.
Ma chère Colombine, Les destins que pour nous le sort là-haut combine, Par des astres divers sont tous contrariés, Et Ton a vu des gens, pour s'être mariés, Tomber sur leurs vieux jours dans les plus grands désastres. Songeons-y bien !
COLOMBINE
Pour moi, je me moque des astres Et de tes chansons. Point de noces, plus d'amour.
LÉANDRE, redescendant à terre.
Cruelle, laisse-moi te faire un peu ma cour !
COLOMBINE
Ouais! vos cours mènent loin !
LÉANDRE, tirant son épée.
• Si je me désespère, Je vais...
SCÊNË lit. 83
COLOMBIE, rintarroTn[mûL
Va demander l 'agrément de mon père, J'aime les discours brefs et les plus courts cnemius.
LÉÀNDRE.
(1 me refusera!
COLOMBINE
Je m'en lave les mains.
Fais-lui pour l'attendrir quelqu'un de ces beaux contes Que tu contes si bien ! Au revoir.
EUe ferme sa fenêtre. Léandre reste an moment tout penaud, puis s'avance sur le devant de la scène.