‹ ComédiesChapitre 69 sur 271 · DESMARRES, ANGÉLIQUE, DUFRESNY · texte numérisé non relu

DESMARRES, ANGÉLIQUE, DUFRESNY

Dafresny

Quoi

Dis

DESMARRES

DUFRESNY

DESMARRES

•nous...

ANGÉLIQUE

Monsieur,

suis

-je

importune

Non.

DUFRESNY, bourru ANGÉLIQUE.

Je venais..

DUFRESNY

C'est bien.

DESMARRES, à Dufresny.

Angélique....

DUFRESNY, sans écouter.

0 fortune !

ANGÉLIQUE

Je suis venue ici dix fois.

DESMARRES

Combien de pas J'ai faits, tu ne saurais -le croire!

DUFRESNY

Pourquoi pas?

Je ne suis pas rentré depuis trente-six heures.

5CËNR m. 123

WGKUQLE.

G'esl mail

DESMARRES

Par feu Silène! on dirait que tu pleures I Quelle est ta plaie? et d'où reviens-tu si matin?

DUFRESNY

Laissez-moi tout mon soûl gourmander le destin, Et ne me forcez pas à rouvrir ma blessure.

ANGÉLIQUE

Vous la soulageriez en parlant.

DESMARRES

Chose sûrel Des maux que tu souffris fais-toi l'historien ; Sois ton Homère !

DUFRESNY

Allons, vous le voulez ! Eh bien, Avant-hier, j'allai tout seul au Gours-la-Reine, Vers midi; la journée était ichaude et sereine, J'écoutais les propos des buveurs de soleil, Entretien toujours neuf, quoique toujours pareil! « — Que fait-on? — La princesse a quitté la Savoie, Et certaine Philis brûle encor pour Cavoye... " Qui gèle! Cossé boit! — Madame de Gonti Joue à la Niobé, car Clermont est parti. — Fagon purge, — Boufflers pour le camp de Compiègne Arme ses cuisiniers. — Et la Maintenon? — Règne A jamais ! » J'écoutais, je glosais, comme aux temps, Beaux temps perdus, où, dans mes salons éclatants De jets d'eau, de lumière et de fleurs indiennes, J'hébergeais chaque soir trente comédiennes 1

ANGÉLIQUE

Trente à la fois, monsieur!

1 24 LE COpsI» du ao(.

DUFRESNY, sans écouter.

J'étais donc établi Sur le Cours. Le roi passe, arrivant de Marly.

Énergiquement.

Enfiq! les deux cousins se retrouvaient ensemble!

DESMARRES

Que fis-tu?

DUFRESNY

Je tenais l'occasion.

ANGÉLIQUE

Je tremble.

DUFRESNY

Je ne tremblai pas, moi, sachant ce que je vaux. D'un seul bond je m'élance au-devant des chevaux. Je me jette à leur tête ; ils se cabrent, on crie : Mais les automédons s'arrêtent en furie; J'écarte de la main les groupes éblouis, Et je parle.

ANGÉLIQUE, effrayée.

Au roi?

DESMARRES

Diantre 1

DUFRESNY

A mon cousin Louis î

DESMARRES

Aïe! Ici nous marchons en plein dans les broussailles!

DUFRESNY

Et pourquoi donc? Anet interpellait Versailles! N'avons-nous pas vécu presque amis? J'eus mon lot De gloire, sous ses yeux! Il me nomma Chariot,

ACÊNE nu (35

Chariot tout, court, ma foi, quand, au siège de Lille, Eu chantant nu noel, je grimpai dans la ville ï

ANGÉLIQUE-

Les nobles souvenirs!

u A4- on jamais conté, Dis-je, uue histoire ancienne h Votrfi Majesté? Alexandre, au milieu des glaives et des piques, Sorti d'un dieu, prêtait l'oreille aux chants épiques. Il eut à ses côtés plus d'un poëte assis, Et si nous voulons croire aux antiques récits, Sans doute il triompha de l'Orient barbare Pour avoir épargné la maison de Pindare! 0 vous dont les rayons illuminent l'éther, Roi-Soleil, imitez le fils de Jupiter!

De mon toit relevé que votre orgueil se pare, Et sauvez la maison de Dufïesny-Pindare! Voyez I François premier d'une commune voix Est loué pour avoir donné plus d'une fois Cent écus, sous sa main toujours prompts à renaître, Au chansonnier Marot, son émule et son maître 1 O dieu Mars, qui rangez l'univers sous vos lois, Faites mieux qu'avant vous le premier des Valois I Que jamais de s'ouvrir votre main ne se lasse, Et donnez, puisqu'aussi votre étoile surpasse Celle du roi François, astre un moment terni, Plusieurs fois cent écus à Marot-Dufresny l »

Vous revenez donc riche?

DUFRESNY

Hélas ! Guettant ma proie, J'avais jeté d'abord ce chapeau sur la voie, Ainsi que fait un pauvre aveugle !

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