SCÈNE vin
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Depuis six mois, — quand j'ai reprisé la charpie
De vos rabats, jti montfi < ssmiiil/^ M j'épie
Les loisirs tourmentés, qui brûlent votre sang,
Et le^s grosses fureurs contre le papier blanc !
Je connais tout, projets mort-nés dans la bouteille,
Chefs-d'œuvre qu'un instant produit ! Je m'émerveille,
Et je redescends triste, et juge en arrivant
Claude un peu plus laquais et plus sot que devant I
DUFRESNY
Chère âme 1
ANGÉLIQUE
C'est assez d'un tel enfantillage !
Voilà pourquoi je vais hâter mon mariage, Pourquoi je voulais prendre un congé décisif Et me faire haïr, et pourquoi comme un juif J'agissais contre vous, et pourquoi tout à l'heure J'ai trahi mon secret, enfin pourquoi je pleure !
DUFRESNY
Tu pleures, et pour moi ! Mais me voilà trop fier, Raffermi pour demain, consolé pour hier ! Tu n'imites pas, toi, les Philis des ruelles, Qui, pour succomber mieux, contrefont les cruelles ! Tu crois en ton honneur autant qu'au mien, merci. MeiC', mon Angélique! oh 1 je t'adore ainsi, Toi, chaste ingénuement, sans sublimes postures, Toi sincère au milieu d'un monde d'impostures !
ANGÉLIQUE
Silence ! Oh I le méchant ! il me ment de moitié ! Plus de semblants d'amour, mais un peu d'amitié l Je vaudrais tout au plus pour ranger votre armoire, Recoudre vos rideaux et régler mon mémoire]
t4S LE COUSIN DU ROL
Vous-même l'avez vu, je ne sais que pleurer, Et je ne vous comprends qu'à force d'admirer 1
Elle pleure.
DUFRESNY, la suppliant.
Restez I
ANGÉLIQUE
Je vais où mon sort me renvoie.
J'y goûterai du calme, et même un peu de joie ! Close dans mon ménage, et végétant sans bruit, J'essaierai d'oublier votre oubli ! Mais la nuit, Mes rêves parleront ainsi que tu me parles, Et puis, que j'aie un fils, il s'appellera Charles ! Et...
DUFRESNY
Je t'épouserai, moi, je t'épouserai !
ANGÉLIQUE, avec, explosion.
Vous !
DUFRESNY, très-vivement.
Mon cousin criera; mais je glorifierai, Dans des noëls tournés d'une* verte manière, Le goût de notre aïeul pour une jardinière ! Nous n'aurons pas de place au gala de la cour, Mais l'amour vaut un trône, et nous avons l'amour!
ANGÉLIQUE
Ah ! vous extravaguez ou c'est moi qui délire 1
DUFRESNY
Quel prodige est-ce donc qu'un vieux porteur de lyre, Sans amis, ait horreur de l'éternel exil, Et que le noir janvier veuille épouser avril?
Mais songez-vous?...
8CÊNE IX. U9
DtTFRESNÏ.
Je songe, ô ma gaïtê conquise, Que si j'étais marquis, je vous ferais marquise ! D'ailleurs, si les jaloux font trop de brouhaha, Fille de Pharaon, et toi, Nausicaa, Princesse dont Ulysse admira la lessive, Nobles garants, contre eux vou> prendrez l'offensive !
ANGÉLIQUE
Comme vous m'enchantez par ces beaux sentiments !
DUFRESNY
Tant mieux, ma foi ! Pourtant, en dehors des romans, A ton futur, dis-moi, pour ton gîte et tes vivres, Tu n'offrais pas de dot ?
ANGÉLIQUE
Mais si, douze cents livres.
DUFRESNY
Douze cents ! un Pactole, où, paisibles rentiers, Nous puiserons tous deux le bonheur par quartiers, Et...
S€ÈNE IX.
DUFRESNY, ANGÉLIQUE, ABSALON, complètement ivre.
AB SALON, entrant avec le chapeau de Dufresny a la main. Monseigneur, je suis votre valet !
DUFRESNY
A l'autre I Quel est ce goinfre avec ses airs de patenôtre !
ABSALON, à Angélique.
Madame...
loO LE COCSJS DU KOI.
DUFRESNY, poussant Absâlon pour l'empêcher de parler à Angélique.
Il va sans doute éclater dans sa peau ! Que veux -tu ?
ABSALON
Monseigneur, voilà votre chapeau.
Je viens vous réclamer sept pistoles.
DUFRESNY
Vous dites ?
ABSALON
Sept pistoles.
DUFRESNY
Faquin !
ABSALON
Celles que yous perdites Hier, à l'Académie, où vous faisiez chorus, Contre un patron à moi, le chevalier Cyrus t
DUFRESNY
Morbleu l comment payer cette dette 1
ANGÉLIQUE, à part.
Ah! pauvre homme t
DUFRESNY, à part.
Devant elle, ce bruit ! pour sept louis, en somme 1
ABSALON, de plus en plus ivre.
Je suis un bon valet, on me nomme Absalon ! Jusqu'au paiement, je reste ici... dans ce salon 1
DUFRESNY, exaspéré.
Toi, pendard I
ANGÉLIQUE, à part.
Si j'osais!...