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Comité des dames, l'exposition féminine française à Chicago

Considérations générales. — La législation des États-Unis accorde à la Femme une large part dans les manifestations sociales.

En Amérique, la femme a plus d’indépendance, d’initiative et d’autorité que dans aucun autre pays : la plupart des carrières lui sont ouvertes. On peut même affirmer qu’elle a contribué pour une large part au rapide développement des États-Unis, dont la prospérité, accrue de si prodigieuse façon, est un sujet d’étonnement pour nos pays d’Europe; en effet, quand toutes les forces vives d’une nation concourent à son développement, elles provoquent un mouvement ascensionnel très puissant.

L’Américaine, généralement très intelligente, désireuse de s’instruire, apte à le faire, ayant une étonnante facilité d’assimilation, est arrivée, grâce à son énergie, à conquérir peu à peu une situation presque égale à celle de l’homme; aussi le peuple américain, plus qu’aucun autre, a-t-il gardé le respect de la femme. Pour se rendre compte de ce sentiment qui frappe tous les étrangers, il faut se rappeler que, pendant la guerre de l’Indépendance, la femme a suivi l’homme partout, supportant les privations et les fatigues de cette dure campagne, l’aidant de ses conseils, le soutenant de son exemple. L’homme s’est habitué à voir en elle son égale, et nulle part en Amérique il n’est question d’une infériorité intellectuelle de la femme.

L’activité d’esprit des Américaines s’exerce dans toutes les branches des connaissances humaines : dans l’instruction publique, sur les 363,935 pro-

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fesseurs, il y a 238,333 femmes et 125,602 hommes. Dans les écoles d’art, le nombre des élèves-femmes est habituellement du double, souvent du triple, de celui des hommes, sauf dans les classes d’architecture où c’est l’inverse qui se produit. A l’école normale de dessin de Boston , on compte i5o élèves-femmes contre 5o hommes.

Nous extrayons de la statistique officielle du Department oj Labor des Etats-Unis des chiffres véritablement stupéfiants, qui révèlent un formidable mouvement féministe, accompli surtout dans ces vingt dernières années.

Ingénieurs .

Comptables .

Architectes .

Légistes .

Sténographes et typewriters . .

Dentistes .

Journalistes .

Clergyladies . .

Directrices de théâtre . .

Écrivains littéraires ou scientifiques .

Peintres et sculpteurs .

Remplissant des fonctions officielles .

Médecins et chirurgiens .

Actrices .

Musiciennes .

Copistes, secrétaires, etc . .

Total . 16,212 177,893

Sur toute l’étendue des Etats-Unis s’élèvent actuellement 17 g collèges de femmes où se confèrent des grades universitaires. Ces collèges comptent 2Ù,85i étudiantes et 2,29g professeurs, dont 601 hommes et 1,698 femmes; la prédominance de ces dernières n’abaisse pas le niveau de l’instruction : on se plaît, au contraire, à reconnaître généralement à leur enseignement une méthode plus précise qui supplée à ce que l’enseignement de l’homme peut avoir de plus personnel.

L’Américaine est toujours foncièrement instruite — plus que l’homme ; — elle fait partie des sketch clubs, des societics of décorative art et d’une foule d’autres associations artistiques. Elle s’ingénie à trouver une position lucrative, elle prend ses diplômes avec un zèle exemplaire, s’instruit sans relâche, fréquente très assidûment les cours et

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les académies. Dans les écoles, les classes de travail du bois, du fer, du dessin de machines sont suivies surtout par les hommes; mais, dans les cours de composition décorative, ce sont les femmes qui dominent. On les trouve déjà en quantité dans les manufactures de tapis, de papiers peints, d’étoffes imprimées, fournissant des dessins, des modèles. Il semble que le grand mouvement en faveur de l’art et de ses applications qui s’est produit en Amérique profite surtout à la femme, en mettant entre ses mains la direction du goût.

(Victor Champier. Rapport ch mission.)

Un des côtés les plus remarquables du caractère de la femme américaine, c’est l’esprit d’initiative et le sentiment très vif de solidarité qui unit toutes les femmes et que nous allons voir se manifester dans l’œuvre du Board of Lady Managers et l’organisation du Woman’s Building. C’est cette initiative qui se montre si hautement, si pratiquement philanthropique, que nous suivrons dans ses créations diverses. Nous verrons s’affirmer surtout ce respect pour les droits de la femme, qui est l’une des caractéristiques du peuple américain.

Nous connaissons mal les femmes d’Amérique : nous n’en rencontrons, la plupart du temps, que les types «cosmopolites», et nous remarquons trop les excentricités de quelques tapageuses, faisant sonner bien haut leurs revendications.

Il faut avoir vu l’Américaine chez elle, l’avoir étudiée dans son milieu pour la comprendre — et l’admirer. C’est ce qu’a fait la très distinguée Mme Th. Bentzon, dans son livre: Les Américaines chez elles ; elle nous fait assister à une magnifique floraison d’œuvres féminines, qui presque toutes étaient exposées au Womans Building et dans lesquelles nous pourrions puiser des inspirations et des encouragements, bien qu’il soit juste de reconnaître que nous avons en France une puissance de charité non moins féconde et non moins vivace.

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