LA SECTION FRANÇAISE
Participation officielle de la France. — Mme Potter Palmer, au cours de son voyage en Europe, obtint du Gouvernement fronçais la promesse d’une participation officielle des femmes à l’Exposition du Woman’s Building.
Nomination du Comité. — Par arrêté en date du 8 juillet 1892, M. le Ministre du Commerce et de l’Industrie instituait, sous la présidence de Mu,° Carnot, le «Comité des Femmes françaises», et nommait membres de ce Comité :
Mrae Carnot, présidente.
M'”es Beaujan.
Georges Berger.
Léon Bertaux.
Isabelle Bogelot.
Broüardel.
Miolan-Carvaluo.
la comtesse Horace de Choiseul.
DE CoRCELLE.
la générale Février.
la comtesse Foucher-de Careil.
la vicomtesse de Grandval.
la comtesse Greffühle-Ghimav.
Coralie Cahen.
Koechlin-Schwartz.
Camille Krantz.
M"es Madeleine Lemaire.
Levylier-Goddciiaux.
M'le Loizillon.
Mm“ Loordelet.
Henri Mallet.
Jelianne Mazeline.
Mesureur.
la comtesse de Montsaulnin.
la marquise de Modstiers.
Casimir-Perier.
Frank Puaox.
Gustave Rov.
Marjolin-Schefff.r.
Jules Siegfried.
Mlle Toussaint.
Quelques jours après, un arrêté nommait Mme Pégard secrétaire de la Section et lui confiait la charge de son organisation.
La réunion constitutive du Comité eut lieu au Palais de l’Elysée, le 1 5 j uillet 1892.
But du Comité. — Le but que se proposa le Comité fut : i° d’établir la condition démographique et sociale actuelle de la femme en France; 20 de montrer les diverses manifestations de son travail intellectuel et matériel.
EXPOSITION UNIVERSELLE DE CHICAGO
Statistique générale des femmes en France. — Afin de réaliser le premier de ces points, il fut décidé de produire tout d’abord une synthèse, sous forme de tableaux graphiques, parlant aux yeux et indiquant la situation de la femme, comparée à celle de l’homme, dans les différents phénomènes de la vie sociale.
Cette statistique une fois dressée au point de vue démographique, on procéderait à des enquêtes spéciales, ayant pour objet la situation de la femme dans l’agriculture, l’industrie, le commerce; sa part dans l’enseignement primaire, secondaire, supérieur; dans les arts, les professions libérales et autres; la proportion des patronnes, des employées, des ouvrières; les variations de leurs salaires aux différentes saisons et à diverses époques, etc.
On établirait des statistiques générales sur le nombre des écoles, maternelles, primaires, publiques, privées; sur les lycées, les collèges, les cours supérieurs, etc.; sur le nombre des diplômes et brevets obtenus; sur le degré d’instruction des femmes à leur mariage (proportion de celles ayant signé leur acte de mariage); sur les professions exercées par des femmes; une étude complète sur l’épargne de la femme, le nombre des livrets, leur importance moyenne, le montant des sommes dues aux déposantes, la comparaison de l’épargne de la femme avec celle de l’homme, l’épargne par profession, la progression de l’épargne féminine, etc.
Une enquête serait ouverte sur le nombre et la condition des femmes employées dans les grandes administrations publiques, dans les principaux établissements de crédit, les compagnies de chemins de fer, etc.
Des renseignements statistiques seraient fournis, relativement aux œuvres d’assistance, de prévoyance, les sociétés de secours mutuels, etc., ainsi que sur la participation des femmes aux récompenses nationales accordées pour faits de dévouement, d'héroïsme, etc.
Classification de l’Exposition. — Le Comité se préoccupa ensuite de montrer les diverses manifestations du travail intellectuel et matériel des femmes, et décida que l’Exposition comprendrait quatre divisions :
La première. — Education et instruction;
La deuxième. - — - OEuvres d’assistance et d’économie sociale;
La troisième. — Travaux manuels, industriels, commerciaux, administratifs;
La quatrième. — Art : heaux-arts, arts décoratifs et industriels, musique, théâtre, littérature, etc.
L’EXPOSITION FÉMININE FRANÇAISE
Cette classification avait l’avantage de montrer l’initiative de la femme s’exerçant à toutes les époques et dans toutes les situations de la vie :
i° Dans l’enfance, par l’éducation commencée dès le berceau; dans la jeunesse, par l’instruction poursuivie jusqu’aux examens du professorat et aux carrières libérales;
a0 Se continuant à travers la vie, dans les œuvres philanthropiques où la femme est appelée, par son dévouement, à contribuer si largement au bien-être de l’humanité;
3° S’exerçant dans les conditions plus humbles, secondant le chef de famille, prenant sa part du labeur qui assurera la paix et l’aisance du foyer;
Et k° enfin, s’affirmant dans la vie intellectuelle.
Voici le programme qui fut rédigé, d’après la classification adoptée :