‹ Comité des dames, l'exposition féminine française à ChicagoChapitre 43 sur 45 · SECTIONS ÉTRANGÈRES · texte numérisé non relu

SECTIONS ÉTRANGÈRES

Les limites forcément restreintes de ce rapport ne nous permettent point de faire une étude approfondie des sections étrangères : il y aurait cependant à tirer d’utiles enseignements de cet examen.

Nous constaterons d’abord l’immense développement de l’influence des femmes aux Etats-Unis et leur action dans les sciences, les arts, aussi bien que dans l’industrie. Leur culture d’esprit les porte plus que la nôtre vers la science, aucun champ d’études n’échappe à leurs investigations.

L’Italie avait envoyé une collection de dentelles remarquables, notamment celles de la reine Marguerite et de la comtesse de Brazza; — la Belgique, de superbes dentelles également; — I’Angleterre, de beaux tableaux; — I’Allemagne, une tapisserie exposée au premier étage, dont le dessin paraissait emprunté aux cartons d’Holbein, et qui est une œuvre hors ligne, faite, dit-on, dans une école professionnelle; — la Section russe était organisée avec infiniment de goût; les femmes de l’Etat de New-York, les Espagnoles, ainsi que les Turques, les Mexicaines, les Japonaises, avaient des broderies dignes de tout éloge.

Les Gouvernements, d’un côté, l’initiative privée, de l’autre, se sont partout préoccupés de sauver les travaux d’art de l’aiguille, spécialement la dentelle et la broderie, mises en péril par l’envahissement constant des produits mécaniques. Des écoles supérieures ont été fondées à Vienne, à Dusseldorff, à Berlin, à Copenhague, à Dublin, à Burano, etc. La France seule n’en possède point; il y a là une lacune très regrettable, car si nos écoles professionnelles sont admirablement dirigées, si l’enseignement y est excellent, il ne s’applique toutefois qu’à des travaux courants.

Certaines de nos industries, la broderie blanche, la dentelle, déclinent rapidement, non certes quant à la valeur artistique de la production, mais quant à son importance comme chiffre d’affaires; l’école de Burano tend à nous déposséder du monopole du point d’Alençon et de tous nos points français; il serait urgent d’aviser à arrêter la disparition de deux de nos plus anciennes et plus célèbres industries , qui s’éteindront fatalement si nous ne faisons en leur faveur un vigoureux effort.

Page 1