MONTCALM
« Je amis Français, disait récemment un malade dans un hôpital” des États-Unis au missiommaire qui le visitail. — El de quelle partie de la France ? — Du Canada. »
N'est-ce pas un fait bien digne de remarque que la persistance du sentiment national dans ce pays depuis plus de cent ans séparé de la mère-palirie? À mille lieues de la France vit encore ei grandit un peuple qui parle notre langue ei conserve après des révolutions de tout gewre les traditions et les affections françaises. C’est justice, avouons-le. Fécondée par les travaux, les sueurs et le martyre de mos missionnaires, arrosée du sang de nos soldats, la Nouvelle-France, le vou-
lût-lle, me pourrait renier son origine. Le
6 LE MARQUIS DE MONTCALM, Canadien est Français et le restera toujours, Soumis à l'Angleterre, il signerait des deux mains ces paroles de l’archevèque de Qué-— bec au début de la guerre de Crimée:
« Comme sujets de l’empire britannique, la loyauté nous fait un devoir de former des vœux pour que les armes de la France sortent viclorieuses .des combats qu’elles auront à soutenir. Unis aux Français par la communauté d’origine, de langage et de re— ligion, comment ne souhaiterions-nous pas que la patrie de nos ancètres triomphe de ses ennemis du dehors, comme elle a tricmphé des ennemis de l’ordre au dedans ? Comment n’appellerioms-nous pas la victoire sur le drapeau qui, tant de fois, conduisit nos frères au champ de l'honneur (1)? »
Depuis les premiers voyages de Jacques Cartier, entrepris sons François [°" en 1534, jusqu’au déplorable abandon du Canada par
Î. Dussieux, Le Canada sous la domination française, p. 2. Cet ouvrage me servira souvent dans le cours de mon travail : 11 est rempli de pièces importantes tirées du dépôt dela Guerre et des archives dela Marine.
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Louis XV et sa conquête par les Anglais en 1764, il ne serait pas difficile de citer plus d’un nom dont la France doit être fière.
Mais il en est un qui, pour être inscrit à la dernière page des annales de notre ancienne colonie, n’en est que plus éclatant :
nom glorieux, entouré de la double auréole du succès et du malheur, si l’on peut appeler malheureux le sort du général habile, actif, intrépide, luttant jusqu'au dernier soupir contre des forces supérieures ct mourant sur le champ de bataille, victime des coupables oublis de son propre souverain.
Ce nom retentit encore dans la Nouvelle— France comme le dernier écho des voix de la mère-patrie; mais il réveille sans doute en même temps dans le cœur du Canadien le souvenir de ces jours
où, Iâchement vendus Par le faible Bourbor qui régnait sur la France, Les héros canadiens, trahis, mais non vaincus, Contre un joug ennemi setrouvaientsans défense(1},
1. Le drapeau de Carillon, poésie par 0. Crémazie. {Voir Montcalm en Canada, par un ancien missionnaire.)
| Un ouvrage publié dans ces dernières an-.
| nées (1), et surtout la communication des papiers du marquis de Montcalm, qui m’a été faite avec la plus aimable libéralité par | l’hérilier de son nom, sou pelit-fils, m'ont LEl donné la pensée de retracer la carrière | courte, mais gloricuse, d’un homme trop oublié peut-être dans sa patrie si prodigne
de ses statues pour des noms moins illustres ne | ai . et des gloires moins pures. La seule partie
| | au importante de la vie de Montcalm est sa | campagne du Canada : {rois années suffirent 171 pour immortaliser son nom ; ilne sera toute- Le fois pas sans intérêt de jeter un regard rapide Goz sur le temps qui les a précédées ; il est très- … les! peu connu. 1 si:
? De Montcalm en (annda, ou les dernières an- ‘ nées de la colonte françuise (1756-1760 ), par un k I. ancien missionnaire. Paris, Laroche, 1867, in-8°, pp. #4 date x-304. 1 ques 4 Mon:
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