D’'ARGENSON
Le marquis de Montcalm était dans le midi de la France lorsque lui parvint la lettre du
garde des sceaux. Il n'hésita pas un instant et
se mit en route avec toute la promptitude qui lui était recommandée. Pour tromper les ennuis du voyage, il commença à étudier l'hisloire du pays où on l'envoyait. « Je lis avec grand plaisir, écrit-il de Lyon à sa mère, l'histoire de la Nouvelle-France, par le père de Charlevoix. Il fait une description agréable de Québec. » Dans cette même lettre, recueillons une phrase qui rappelle le chrétien. « Le curé de
Vauvert a dit la messe pour moi et en doit dire
e midi ttre du
stant et
une par semaine. C'est bien. » Arrivé à Paris
vers la fin du mois de février, le marquis de Montcalm trouva en bonne voie les préparatifs de la nouvelle expédition. « Ma maison sera composée de trois aides-de-camp : M. de Bougainville (1)..., M. de la Rochebeaucourt, lieutenant au régiment de cavalerie de Montcalm.., le sieur Maxel {2), aide-de-camp de peine et du secrétariat ; c'est un sergent qui devient officier, un cuisinier, un aide, un demi-valet de chambre ; Grison ; Joseph ; Dejean, premier laquais, deux autres hommes de livrée, un secrétaire; chirurgien, point; j'en amène du premier ordre, avec des garçons chirurgiens que le roi envoie (3). s — « Le roi me donne, comme à M. de Dieskau, 25,000 francs et 12,000 fr.
pour mon équipage, qui me coûtera plus
1. 1l était frère du secrétaire de l’Académie des inscriptions, « homme d'esprit, de société aimable », écrit Montcalm.
2. Cet aide-de-camp est nommé Marcel dans Montcaim en Canada, p. 15.
. 3, Lettre du 9 mars à madame la marquise de Saintcran.
de 1,000 écus au delà; mais il faut aller en avant {{).»
Le 13 mars, Montcalm se rendit à Versailles, accompagné de son fils, et le lendemain il était présenté à Louis XV. Puis il partait pour Brest
où il arrivait le 21. La flotte se composait de
trois vaisseaux armés en flûtes : le Hcros, de 74 canons, capitaine Beaussier; l’Illustre, de 64, capitaine Montalais; le Léopard, de 60, capitaine Germain; et de trois frégates de 30 canons, la Licorne, la Sauvage et la Syrène, commandées par les. lieutenants de vaisseau, la Rigaudière, de Tourville et Breugnon. Les seconds bataillons des régiments de la Sarreet de Royal-Roussillon, sous les ordres de MM. de Sénézergues et de Bernetz, s'embarquèrent le 23 et le 26, formant un effectif de 1,189 hommes. Les trois frégates devaient porter les chefs de l'expédition : la Licorne M. de Montcalm, /a Sauvage M. de Lévis, la Sirène M. de Bourlamaque. « Ma frégate, la Licorne, écrivait Mont-