C'était M. de Combles
qui en avaient déjà commencé le massacre ; il n’y parvint que moyennant force présents.
Ce fut cependant à partir de cette victoire que la mésintelligence éclata entre le marquis de Vaudreuil et Montcalm. Il est difficile d'en déterminer les causes exactes et de faire à chacun d'eux sa part de culpabilité ou d’innocence. Les dépêches qu'ils envoyaient à lacour renferment des altaques réciproques ; mais celles de Vaudreuil surtout sont empreintes de la plus vive amertume. Le gouverneur ne cache pas sa partialité en faveur des troupes coloniales etmême des sauvages ; tandis que, selon lui, les troupes de terre « ne se sont pas encore absolument signalées »., Comme il n'entre pas dans mon plan de faire l’histoire complète de la dernière guerre
du Canada, je me contente de noter ce désac-
cord entre les deux autorités, m'attachant plus
spécialement aux actions du marquis de Montcalm.
La prise des trois forts de l'Ontario ne termi-
nait pas la campagne. D'ailleurs, en Canada,
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la guerre était en permanence. Les Anglais avaient suspendu leurs opérations et les hostilités se bornèrent à quelques escarmouches. Montcalm arriva « au camp de Carillon le 9 septembre avecles régiments de Guienne, de Béarn, 100 hommes de la Sarre et 600 sauvages pour y renforcer le corps qu'y commandait M. le chevalier de Lévis. Le 16 je fis un gros détachement pour reconnaître la position des ennemis ; ils abandonnèrent précipitamment les îles du lac Saint-Sacrement, où ils s'étaient établis; un de leurs détachements, composé de 3officiers et 52 hommes, fut entièrement défait. Depuis, nous ne nous sommes occupés qu’à mettre le fort de Carillon hors d'insulte et l’approvisionner ainsi que le fort Saint-Frédéric (1). Beaucoup de petits détachements de part et d'autre pour s'observer, qui n’ont abouti qu’à quelques prisonniers et chevelures. J'ai quitté l’armée le 27 octobre pour venir conférer avec M. le mar-
plain.
Ce fort était situé à l'extrémmte $, du lac Cham-
nil nt LATE monte
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quis de Vaudreuil avant le départ des derniers bâtiments. M. le chevalier de Lévis, chargé de replier l’armée, doit décamper du 10 au 15. Le fort de Carillon sera alors en état de recevoir la
garnison. Les sauvages des pays d'en haut pa-
raissent re doubler d’affection depuis la prise de Chouegen ; les provincesqui avoisinent la Belle- Rivière sont désolées par nos partis... Je ne suis pas sans sujets d'humeur, mais je n’en prends pas (1). » — « Je vais être six ou sept mois sans vous écrire... Je compte passer mon hiver ici, sauf un mois que j'irai passer à Québec, lorsque nous pourrons voyager sur les glaces. »
Les premiers mois de l’année 1757 furent marqués par quelques entreprises heureuses des Français. Au mois de janvier, un détachement anglais de 77 hommes, dont 60 soldats, 10 sergents et 7 officiers, s'embarquèrent entre le fort Carillon et Saint-Frédéric pour enlever
un convoi. M. de Lusignan, commandant de