Montcalm en Canada, p
dévot, galant, etc. , et bien désireux de la paix. »
Ces plaintes, appuyées sur de solides raisons, n’empêchaient pas Montcalm de remplir son de-
voir avec activité. Mais jusqu'au mois de juillet
il fut obligé de rester dans l’inaction. « Le manque de vivres et le retard des bätiments à arriver de France n'a pas permis de faire aucune opération de bonne heure, comme on l’espérait. Ila fallu se contenter d’être sur la défensive, mai et juin, de faire passer un secours de 400 hommes pour la Belle-Rivière, qui paraissait menacée, d'occuper Royal-Roussillon et Béarn pour achever les fortifications de Carillon, la Sarre à fortifier Saint-Jean, Guienne à faire un chemin nécessaire en temps de guerre et utile en temps de paix... À peine est-il arrivé quelques bâtiments de France que le marquis de Vaudreuil, pour mettre à profit la bonne volonté de 1,200 sauvages venus du pays d’en haut, rassemble les six bataillons, les sauvages
domiciliés, un gros corps de troupes de la co-
lonie et de Canadiens, qui défilent successivement pour être rassemblés au 20 juillet au camp de Carillon, aux ordres du marquis de Montcalm, qui aura avec lui M. le chevalier de Lévis, brigadier , M. de Rigaud de Vaudreuii et M. de Bourlamaque, colonel (1). » Le 9 du même mois de juillet, Montcalm « allait chanter la guerre au lac des Deux-Montagnes, le 10 au saut Saint-
Louis, grande et ennuyeuse cérémonie, et le 12
il partait pour rejoindre l’armée (2j. »
Ces préparatifs annonçaient une expédition plus importante. Le fort George ou William- Henry (3) , établi à la tête du lac Saint-Sacrement, était une menace perpétuelle pour les forts Saint-Frédéric et Carillon. Montcalm et Vaudreuil résolurent de le détruire. Les troupes francaises se trouvèrent réunies à Carillon vers la fin de juillet; elles comptaient 8,000 hommes,
1.Lettre de Bougainville à madame la marquise de Saint-Veran, datée du Îer juillet, 2. Lettre du 6 juillet.