NAISSANCE ET JEUNESSE,=—PREMIÈRES CAMPAGNES
Le Berry fut le berceau de la famille de Gigault de Bellefonds (1), qui plus tard se fixa en Normandie. Du mariage de Henri-Robert de Bellefonds, seigneur de l'T-le-Marie, avec Marie d'Avoynes, fille du seigneur du Quesnoy et de
1. « M. de Bellefont, père de la mère Agnès, dit le P. Bouhours, estoit un cadet de la maison des Gigauts, connuë dans le Berry pour une des plus nobles et des plus anciennes de la province. » (Vie de madame de Bellefonds, supérieure et fondatrice dumonastère des religieuses bénédictines de N. Dame des Anges, établi à Rouen. Paris, 1686, in-8, p.23).— Moréri, art: Gigault. prétend que cette famille est originaire de Picardie.
Gruchi, naquit en 1630 Charles-Bernardin, objet de cette étude ; c'était lui qui, de tous ceux de son nom, devait illustrer le plus son blason ({).
Le jeune Charles-Bernardin fut élevé au collége des Jésuites de Caen, où il trouva au nombre de ses condisciples Daniel Huet (2), qui plus tard monta sur le siége épiscopal d’Avranches et se fit un nom parmi les hommes les plus instruits de son temps. La mère Agnès de Bellefonds, tante du jeune seigneur, supérieure et fondatrice des Bénédictines du monastère de Notre-Dame des Anges à Rouen, pleine de sollicitude pour son neveu, alors âgé de dix à douze
ans, lui chercha un précepteur, capable en
même temps et de le diriger dans sa conduite
privée et de le faire avancer dans les lettres. « Elle eut le bonheur, dit le P. Bouhours, d’en trouver un qu'il suffit de nommer pour jus-
1. D'azur au chevron d'or, accompagné de trois losanges d'argent, deux en chefet un en pointe. — De
Mag...