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CAMPAGNE DE FLANDRE, = PROMOTION AU MARÉCHALAT

L'année suivante, Louis XIV se mettait luimême àlatête de trente-cinq mille hommes 4. Mém. de Louis XIV. — Hist. de L. XIV, par Pel-

lisson, t. II, p. 86-88. — Mém. du comte de Guiche. Utrecht, 1744, t. 11, p. 143-145.

marchait vers la Flandre. Bellefonds se distingua à la tête des Gardes-Françaises et des Gardes du Corps, au siége de Tournay, commanda l’attaque d'Oudenarde, et ouvrit la tranchée devant Lille’ le 18 août. Le 27 novembre, Louis XIV s'emparait de cette place importante. Le 41, « je fis partir, dit le roi dans ses Mémoires, par « divers chemins, deux de mes lieutenants gé- « néraux (1), Créqui et Bellefonds, lesquels je « suivis de près. » Ils rencontrèrent, attaquèrent et mirent en déroute près du canal de Bruges six mille chevaux ennemis, commandés par le comte’ de Marcin et le prince de Ligne, qui s'étaient avancés pour tenter le secours de Lille (2). Le marquis de Bellefonds fut ensuite 1. M. de Bellefonds aurait été élevé au grade delieutenant général cette mème année 1667, avec MM, d'Humières et de Pradel., (Lettre de madame du Bouchet au comte de Bussy, 25 avril 1667.) Cependant, dès 1658, il compte en cette qualité dans l'armée de Turenne,

2, Mém. de d'Avrigny, t. WE, p. 326. — Hist. de L, XIV, par Pellisson, t. If, p. 219-229. — On frappa une médaille pour cette victoire : élle représente un cavalier espagnol fuyant à toute bride et d’autres cavaliers dans le lointain, Pour légende : Fuso hostiumequitatu,

et pour exergue : ad Fossam Brugensem M.DC. LXVIL, (Hist, de L. XIV, par la Hodde 1741, t. II, p, 276.)

nommé pour commander à Charleroi. Cette garnison était peu agréable; le soldat, mal logé, redoutait d'y être envoyé. Bellefonds proposa de changer les troupes de temps en temps, afin, dit-il dans une lettre à Louvois, « de guérir l'imagination des soldats, qui regardaient cette place comme l'enfer ; ils se résoudront jius facilement à y entrer s'ils ne la considèrent que comme le purgatoire. » Ce conseil fut suivi (1). « Détaché de tous les autres, Bellefonds veillait « sur les places qui étaient entre la Sambre et « la Meuse;ily fit, à son arrivée, une action « assez remarquable, ayant avec huit cents che- « vaux défait quinze cents hommes des enne- « mis, qui avaient infanterie et cavalerie (2); » le marquis de Conflans, à la tête de cette troupe, se dirigeait de Mons vers Bruxelles ; Bellefonds l’attaqua au coin d'un bois, le battit

et fit prisonnier le inarquis de Listenay. Au

1, Histoire de Louvois, par Camille Rousset, t, 1, p.

9! Mém.de Louis XIV. — Mèm. de Monglat. — Hist. de Léuvois, t, 1, p, 113.

commenceraent de 1668, des négociations furent entamées et aboutirent au traité d’Aix-la-Chapelle.

Pendant ces négociations, le marquis de Bellefonds laissa voir toute la franchise de son caractère. Louvois, pour se procurer de l'argent, avait accablé de contributions les pays conquis en Flandre. S'il faut en croire Guy Patin, MM. de Duras, du Passage, de Bellefonds et de Granpré avaient été chargés d’en surveiller le recouvrement.

« Un seul homme, dit M. Camille Rousset, osa prendre la défense des populations, avec la liberté d’un grand seigneur et d'un ami du roi; c'était le marquis de Bellefonds, homme d'es-

prit et de cœur, caractère intègre, préoccupé,

jusqu’à l'entêtement, de ce qu'il croyait juste

et vrai, marchant droit devant lui jusqu’à la disgrâce, tombant et se relevant avec la même dignité. La lettre qu'il écrivit à Louvois, au sujet des impositions et des contributions, est

un modèle d'ironie hautaine: « Je vois bien,

par votre dépêche, que je devrais comprendre que je n'ai pas raisonné juste, qu’il est utile au service du roi de choquer les Flamands en toutes choses, afin de les étourdir d'abord, et de ne leur laisser aucune ombre de liberté ni nulle espérance de traitement favorable. J'avoue que j'ai l'esprit un peu bouché et que j'aurais suivi des maximes toutes contraires; ainsi, pour ne poir* passer d'une extrémité à l'autre, je ne me mêlerai de rien du tout. On n'a point accoutumé de faire les impositions avant que ies armées se soient retirées et que les peuples se soient rétablis dans leurs ménages, et il faut vouloir ne tirer argent ni fournitures et ruiner un pays, pour s'y conduire d’une autre manière. Comme je ne suis pas assez habile pour conseiller le sieur Charuel (1) et que ce n'est pas mon méti?r, je ne lui donnerai pas mes avis, de peur qu'à la fin ils ne se trou-

vassent mauvais, Je voudrais pouvoir faire un

6, Charuel était intendant militaire.

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