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tour à Saint-Germain; on y voit plus clair de loin que de près, et je sortirais de toutes mes erreurs. »
Le roi donna le gouvernement de Lille au marquis de Bellefonds avec une garnison de 6 à 7,000 hommes, ce qui n'était pas trop pour contenir une si grande cité fort mal intentionnée; les gouverneurs des autres plac?s conquises lui étaient soumis. Il avait recu l'oire d'user de la plus grande douceur envers les habitants et de les ménager le plus possible, (1)
« Depuis la prise de Lille, on avait interdit aux habitants de cette grande cité de faire le commerce avec les autres villes de la Flandre espagnole. Le marquis de Bellefonds blâämait aussi cette interdiction, qui était, disait-il, beaucoup plus incommode aux Lillois qu'aux ennemis. Ge fut le seul point sur lequel il eût gain de cause, et encore parce qu'il se trouva d'accord avec l'intendant » (?)
1. Mém. de d'Artagnan, t. IH, p, 448 ) 2, Hist. de Louvois, t. 1, p. 121-122,
Le marquis de Bellefonds laissait peu d'oc-
casions de témoigner son antipathie pour Louvois qu'il affectait d'appeler monsieur et non monseigneur, bien qu'il n’en eût pas le droit, n'étant ni duc, ni maréchal de France.
Lorsque le chevalier de Clerville présenta au secrétaire d'État son projet de citadelle pour Lille, Bellefonds répondait avec son ironie habituelle aux objections de Louvois: « il serait sans doute à souhaiter que cette citadelle pût être st une montagne,et que la situation fût faite à plaisir; lorsqu'il ne s'en rencontre pas, il est difficile d'en faire, » (Lettre du 27 septembre.) (1)
Bellefonds ne resta pas longtemps à Lille, « Il était homme à former de grands desseins, comme fut celui qu'il fit d'être ministre d’État, pour raison de quoi il se mit à apprendre le Droit, tout de même que M. Colbert avait appris le latin pour être chancelier. Le marquis, dis-je,
1. La Jeunesse c'e Vauban, par €. Rousset, (Revue des Deux Mondes, août 18614, t. E, p, 686.
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craignant que le séjour qu'il lui fallait faire de temps en temps dans cette place ne lui fit perdre les bonnes grâce de Sa Majesté, la pria bientôt de vouloir donner cet emploi à un autre. » (1)
Avant la conclusion définitive de la paix, une trêve avait été signée, par laquelle il était stipulé que la guerre ne pouvait se continuer qu'en rase campagne: aussi fut-il obligé de rendre le château de Guénap, dont il s'était emparé; mais, comme la guerre pouvait recommencer, il devait 1emeurer entre Sambre et Meuse. (2).
Le 7? mars, Bellefonds reçut une lettre de Louvois qui lui donnait avis de la suspension d'entreprises contre kes places espagnoles jus-
qu'à la fin du mois.
Plus tard quand le traité eut été conclu, Lou-
vois, suivant les habitudes de sa politique rusée
autant qu'habile, ordonna la retraite des