‹ Comme on servait autrefois [microforme]Chapitre 51 sur 74 · Lettres de madame de Sévigné. 13 Janvier · texte numérisé non relu

Lettres de madame de Sévigné. 13 Janvier

une certaine inclination vers le luxe et la dépense, un secret désir de briller et de ne céder à personne quand il s'agissait de représenter avec éclat, enfin la coutume des grands seigneurs à cette époque avaient fait contracter au marquis de Bellefonds des deltes considérables (1). Le roi ne l'avait cependant pas oublié dans la distribution deses faveurs : en 1666,

il lui accordait 23000 livres de pension, 30000 en 1668 ; en 1670, 9000, 12000, 10000, 12000

successivement. Si l’on ajoute à ces pensions les traitements de maréchal de France et de premier maitre d'hôtel du roi, on aura uneidée des revenus d’un favori de Louis XIV. Mais il était en quelque sorte obligatoire pour un grand de se ruiner au service du roi et faire des dettes ne passait pas pour un déshonneur. La morale

chrétienne réclamait en vain contre un si fu-

1. « Ilestoit neturellement ambitieux, et le désir de paroistre le faisoit donner dans tout ce qui a de l'éclat. Il aimoitla grande dépense, et les grandes Si + ds » (Bouhours, Vie de Al" de Bellejonds… p. 32.)

neste préjugé ; le courant entraînait les meilleurs esprits.

Dès 1671 cependant, M. de Bellefonds avait résolu de se mettre, sous ce rapport, en règle avec sa conscience d’honnête homme etde chrétien. « Par un pur sentiment de piété, écrit Madame de Sévigné, le 18 mars, le maréchal de Bellefonds s’est accommodé avec ses créanciers ; il leur a cédé le fonds de son bien, et donné plus de la moitié du revenu de sa charge, pour achever de payer les arrérages. Cette exécution est belle, et fait bien voir que ses voyages

la Trappe ne sont pas inutiles. »

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