Le ntcalm
t con-
courir aux opérations de la campagne en gar-
dant le Chiers, petite rivière qui couvre les Trois-Évêchés, sous les ordres du brigadier, M. de Polastron. Mais l’hiver interrompit les succès des Français, qui s'étaient emparés de Kehl. Montcalm se rendit en Languedoc pour assister au mariage de sa seconde sœur avec M. de Massillian ; sa sœur aînée avait épousé dès 1729 M. de Lunas, président à la chambre des comptes de Montpellier.
A la reprise des hostilités, le jeune officier
. rejoignit son régiment près de Wissembourg. Du
4 avrilau 22 mai ce ne furent que marches continuelles et changements de position. Enfin, le 23 mai, on arrivait devant Philipsbourg.Le maréchal de Berwick y commandait l’armée française. Le 3 juin, la tranchée était ouverte, Le siége fut poussé avec vigueur, malgré les efforts du prince Eugène etla mort du maréchal de Berwick, emporté par un boulet. Le [8 juillet, la ville ouvrit ses portes au marquis d’As-
feld, investi du commandement de l'armée.
« Jamais ville n’aété traitée comme celle-la, écrivait Montcalm à son père ; elle est en cannelle ; imaginez tout ce que vous croirez de plus fort, pas une maison à habiter; la seule église et un vieux vilain bâtiment, appelé palais des évêques de Spire, un peu ménagés.
Ce n’est que puanteur et infection. » Après ce succès l’armée française ne fit plus en Allemagne aucune opération importante, le Milanais étant devenu lechamp de bataille où devaient se rencontrer les forces belligérantes jusqu’au
traité de Vienne, signé le 8 novembre 1738.
Pendant les années qui venaient de s’écouler,
Montcalm suivit son régiment dans ses différentes garnisons de Lorraine. Il le quitta cepen-
dant au moment de la mort de son père en septembre 1735, puis en 1736. Ce fut alors qu'il
épousa (1), dans la nuit du 2 au 3 octobre, Angé-
1. Déjà en 1734 Montcalm avait pensé à se marier. Son choix, comme il l'écrit à son père le 27 avril, était tombé sur une protestante de Genève, « dans l'espoir de faire une conversion. » Il est bon de remarquer que plusieurs membres de sa famille se trouvaient dans les rangs de l’hérésie.
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lique-Louise Talon du Boulay, fille de feu le marquis de Boulay, colonel du régiment d'Orléanais, et petite-fille de Denis Talon. Le cardinal de Fleury voulut signer lui-même le contrat de mariage.
La guerre de la succession d'Autriche arracha bientôt Montcalm aux douceurs de la paix et de la vie de famille. Son esprit aventureux, le désir d'obtenir par son mérite et ses services personnels un avancement que la disgrâce de Chauvelin, son protecteur, avait compromis, l’engagèrent à abandonner son régiment cantonné alors en Languedoc. Chevalier de Saint- Louis depuis le 22 juillet 1741, il reçut le 29 septembre de la même année la permission de suivre en Allemagne le marquis de la Fare({), en qualité d'aide-de-camp. Il arriva en Bohême le 2 novembre et y resta jusqu'au 26 octobre 1742. Le comte Maurice de Saxe s’emparait bientôt
de Prague, le 25 novembre. La mésintelli-
1, Philippe-Charles de la Fare-Laugère fut un des neuf lieutenants-généraux nommés pouraller en Bavière.
gence des puissances alliées et des généraux français, la réconciliation secrète de la Prusse et de l’Autriche, bientôt annulée, il est vrai, les intrigues de l'Angleterre, la: défection de la Bavière, les manœuvres malheureuses du maréchal de Broglie et son peu d'entente avec le maréchal de Belle-Isle, mirent l'armée française dans la plus fâcheuse position. Elle se vit forcée de s'’enfermer dans Prague, pendant que le prince Charles de Lorraine soulevait la Bohême et que les habitants de la ville appe-
laient les Autrichiens pour les délivrer du joug
étranger. La garnison française se montait à 22,000 hommes, mais manquait de vivres.
Malgré cet état désespéré, les maréchaux de Belle-Isle et de Broglie refusèrent la honteuse capitulation que leur offrit Marie-Thérèse, et continuèrent une énergique résistance. Enfin un ordre de Versailles fit abandonner la ville, et Belle-Isle, secondé par le brave Chevert, commenca jusqu'au Rhin la belle retraite qui
illustra son nom.
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ndant
Mais Montcalm avait déjà quitté la Bohême
le 26 octobre. comme il le dit lui-même dans
son journal, « avec le prince de Soubise et le
duc de Picquigny (1) ». Quelques mois après, le 6 mars (743, il fut nommé colonel du régiment d'Auxerrois, vacant par la nomination de M. le comte de Brionne à un régiment de cavalerie (2). Auxerrois était cantonné dans le midi de la France et faisait partie de l’armée de Dauphiné. Le roi de Sardaigne, allié à l’Angleterre et à Marie-Thérèse, soutenait les efforts de l'Espagne et des troupes de Louis XV. « Je restai tout l'été, raconte Montcalm, dans l'attente des opérations des Espagnols contre le comté de Nice ; mais le roi de Sardaigne les
1. Le prince de Soubise et le duc de Picquignyétaient aides-de-camp du maréchal de Belle-lsle. M. de Picquigny, racontent les Mémoires de Luynes, arriva le 9 novembre 1742 à Paris, après avoir laissé le prince de Soubise à Strasbourg.
2. Le vicomte de Rohan, colonel de ce régiment, mourut à la fin de janvier d’une maladie de poitrine; M.de Brionne fut nommé au commencement de février. (Mémoires du duc de Luyres, t. IV, p. 403.) Le Journal
de Verdun dit à tort Montcalin pour Montcalm. (Suite de la Clef du Cabinet des Princes, 1743, avril, p. 312.)
ayant amusés par l'espérance de la conclusion d’un traité, leurs opérations et celles de quatorze bataillons français auxiliaires aboutirent à vouloir forcer les retranchements que le roi de Sardaigne défendait du côté de Mont-Dauphin avec une perte de 500 à 600 hommes tués ou blessés et une plus grande perte par désertion. » Cette attaque infructueuse contre Château- Dauphin eut lieu le 9 octobre.
Montcalm, après l’hiver passé à Montpellier, rejoignit, le 24 février 1744, son régiment et partit le 9 mars pour Monaco. Une nouvelle armée venait d’être formée et mise sous les ordres du prince de Conti, «Il n'y aura pas de maréchal de France sous M. le prince de Conty. M. de Maillebois, fils du maréchal, qui a déjà servien Italie et dont on dit beaucoup de bien, sera maréchal général des logis de cette armée. — On diticicommunément armée d'Italie, parce que l’on juge avec raison qu'elle est destinée à passer en Italie. Cependant le commandement
et tous les arrangements faits depuis sont sous
usion quatirent roi de uphin 1és ou tion. »
âteau-
pellier, nent et ouvelle les orpas de Conty.
a déjà
e bien,
le mom d'armée de Dauphiné (1). s— « La campage. dir Montcalm, dura pour moi du 13 avril au 20 décembre. Je rejoignis l’armée du prince de Conti: elle fut rude pour moi, mais heureuse. J'y ims chargé de diverses commissions et détachbements particuliers, mais sans assister aux aflares sanglantes et mémorables. » Les principaus luts de cette campagne furent la prise du fort de Montalban et de la citadelle de Villeirawche, le 20 avril, par l’infant don Philippe et Le gomme français, celle de Château-Dauphin au max de juillet, de Demonte en août, le siége de Com, une petite victoire remportée le 30 septemlire, la levée du siége et la retraite des armées alliées.
« Pemdant cette campagne mourut Louis Du-
mas. Em mourant, il me laissa ses livres, ses
. mavwseniis et quatre actions sur la Compagnie
des Indes. Il laissa plusieurs manuscrits : méta-
physique, grammaire , histoire, philosophie,