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« Je ne puis finir, Monseigrour, sans vous marquer le zèle que font paroistre tous les gens de bien pour le succès du grand dessein dont vous estes chargé; il n'y en a point qui ne disent ou ne fassent dire des messes, point qui ne communient souvent, et ne fassent beaucoup de mortifications pour l'obtenir de Dieu.
« Je ne signe point parce que je ne sçcay ou cette lettre tombera; mais j’ay l'honneur d'estre connu de vous Monseigneur, et vous scavez que je suis avec un très profond respect et un très parfait attachement votre très humble et très obéissant servitsur En N. S. »
On sait que tant de vœux et tant d'efforts furent stériles : la trahison veillait auprès des Stuarts aussi bien que la fidélité, et la défaite
de la Hougue (1) anéaniit les espérances des il-
1. « Queiques conflits entre l'autorité du roi Jacques «et celle du maréchal de bellefonds et des amiraux, « nuisirent un instant aux bonnes dispositions qu'on « pouvait prendre pour diminuer le désastre. » (Hist. de madame de Maintenon, par le duc de Noailles, t. IV,p. 351.)
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LE MARÉCHAr D£ BELLEFONDS. 253 | — ir |
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. lustres exilés. Jacques II retourna à Saint-Ger. Main, et le maréchal à l’IslesMarie, (1) | Trois mois plus tard, le Maréchal de Belle- | fonds recevait un nouveau COUp dans ses plus chères affections, Le 3 août, le jeune Marquis
| de Bellefonds, nommé deux jours plus tard à la ÿ
Capitainerie de Vincennes, (2) succombait à la | bataille de Steinkerque, au milieu d'une foule | de gentilshommes français, dont la perte était à | nié peine réparée par la victoire du maréchal de | rés | Luxembourg, Les consolations de la religion | das he Manquêrent pas au père si rudement éprou- | vé; la voix éloquente de Bossuet et la touchante |
ts parole de Fénelon s’unirent Pour les lui prodi. | |
+ guer. « Je me suis tu, lui écrivait le premier, | ile | « (de Germigny, 10 août 1692) et je n’ai pas | il- « seulement ouvert la bouche, Parce que c’est
"VOUS Qui l'avez fait : c'est ce Que disait David.
« Jésus-Christ, Œui vous présente à boire son
ST
“# l. Journal de Dangeau, t, IV, p. 117. | À 2. Journal de Dangeau, t, IV, p. 138, |
calice, vous apprend en même temps à dire :
Votre volonté soit faite. Je n’ajoute rien à cela, Monsieur, si ce n’est que je m'en vais offrir à Dieu au saint autel vos regrets et vos soumissions, et celles de votre famille, et le prier du meilleur de mon cœur qu'il vous donne à tous les consolations que lui seul peut donner, et à l'âme que vous chérissiez sa grande miséricorde. » — « Quoique je.
n'aie presque point l’honneur d'être connu de vous, Monseigneur, écrivait de son côté Fénelon, j'espère que vous me permettrez de vous témoigner combien je suis touché de la perte que vous venez de faire. Il y a longtemps que je respecte du fond de mon cœur, sans vous le témoigner, la vertu par laquelle Dieu vous soutient dans des épreuves différentes ; je le remercie, Monseigneur, de vous
avoir donné tant de courage pour porter des
croix avec une patience édifiante ; je le prie
de vous consoler. La consolation qui vient de
« lui peut seule adoucir vos peines; toutes les
« autres sont indignes de la foi, et trop faibles « pour apaiser une grande douleur. »
Le maréchal de Bellefonds survécut deux ans à son fils. Que se passa-t-il dans ce court espace de temps? C'est à peine si son nom reparaît dans l’histoire, (1) et je n’ai rien pu rencontrer qui me renseignât sur le déclin de cette belle existence que j'aurais voulu suivre et étudier sans interruption, du berceau à la tombe. Il est à croire qu’il se retira au château de Vincennes, dont il était gouverneur; car C’est là qu’il s’éteignit doucement le 5 décembre 1694, (2) assis-
1. En 1693, Monsieur, avec le titre de lieutenant général du royaume, fut chargé de la défense des côtes, depuis Dunkerque jusqu'à Bayonne, ayant sous ses ordres les maréchaux d'Humières, de Bellefonds et d’Estrées, un corps de vingt mille hommes, l'arrière ban et les milices. (Hist. de madame de Maintenon, par M.le duc de Noailles, t, IV, p. 390.) — Le 10 mai, il était fait chevalier de St Louis, en mème temps que le Dauphin, Monsieur, le duc de Chartres et le prince de Conty. (Dangeau, IV, 281.)
2. Moréri.— Journal historique du règne de Louis XIV. — La Biographie universelle commet une erreur en reculant la mort de M. de Bellefonds jusqu’en 1699.—« La mort du maréchal de Bellefonds m'a don- « né une véritable douleur : je suis la dernière visite «qu'il a faite; je le vis en parfaite santé, et six jours
té dans son suprême passage par l’ami et le confident de sa vie, le P, Louis Le Valois.
La mort de cet homme juste fut semblable à
sa vie. « La manière dont monseigneur votre
« père est mort, écrivait le P. Le Valois à Ber- « nardine-Thérèse de Bellefonds, abbesse de « Montmartre, a dû vous donner autant de con- « solation dans la douleur que vous avez eue
« de sa perte, qu'elle a donné d'’édification à
tout le monde. En deux mots, Madame, il est « mort comme il a vécu. Il recut la nouvelle « que je lui portai du danger où il était avec « une tranquillité qui ne pouvait venir que
d’un profond respect pour ies ordres du ciel,
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«et d'une soumission parfaite à la volonté de
Dieu... Soyez persuadé que vous avez un père
après il était mort. On dit que c'est d’un abcès dans « le genou, et que si on le lui avait percé, on lui «aurait sauvé la vie ; mais vous n'êtes pas la dupe de « ces sortes de repentirs; il faut partir quand l'heure «est venue. Sa famille est dans une désolation digne «de pitié; pour moi, je sens très-vivement cette « perte. » (Lettre le madame de Sévigné du 10 dé- « cembre 1694.)
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« qui prie présentement pour vous, et à qui « VOUS pouvez vous adresser dans vos be- « Soins. »
Telles furent la vieet la mort du maréchal de Bellefonds; si sa noble physionomie emprunte quelque éclat aux personnages illustres parmi lesquels il a vécu, il n’en est pas moins vrai que c’est à l'élévation de son Caractère et à ses mâles vertus qu'il en doit les plus purs rayons. Serviteur loyal et dévoué, il ne démentit pas un seul instant la fidélité qu’il devait à
son roi.
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