HUE DES PYRAMIDES
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PREFACE
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La Révolution du 18 mars 1871 et la Commune de Paris, qui en a été la conséquence, n’ont pas seulement été vaincues par la force, elles n’ont pas succombé uniquement sous les coups de « la plus belle armée que la France ait jamais eue », comme l’a prétendu M. Thiers. Non ! ce sont surtout l’incapacité et la trahison de la plupart des hommes que le hasard des événements avait mis à leur tête qui ont causé leur défaite.
C’est ce que nous nous proposons de prouver dans ce volume. Nous avons hésité longtemps h dévoiler publiquement la trahison de plusieurs des membres des principaux Comités de la Commune et de quelquesuns de ses généraux les plus populaires; lorsque nous nous en sommes aperçu , les preuves authentiques nous manquaient, et nous avons eu peur de nous tromper, tant nousredoutionsdejeter involontairement, en croyant bien faire et dire la vérité, le discrédit et la déconsidération sur la Commune dont nous étions un des fondateurs et un des membres.
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Plus tard les plus grands détails et les preuves les plus convaincantes furent fournis sur cette trahison :
1° Par le vice-amiral Saisset, dans la déposition qu’il a faite devant la Commission d’enquête parlementaire, qui a eu lieu au sujet des événements du 18 mars ;
2° Par madame veuve Veysset, épouse de l’agent principal du Gouvernement de Versailles dans cette trahison. Cette dame a publié, à Bruxelles, une très curieuse brochure qui en raconte tous les détails de la manière la plus claire, en en fournissant la preuve avec des documents authentiques et officiels portant les signatures de l’amiral Saisset, de M. Thiers, chef du pouvoir exécutif; de M. Barthélemy Saint-Hilaire, son secrétaire général ; du général Le Flô, ministre de la guerre; de M. Lambrech, ministre de l’intérieur ; de MM. Planat, Guttin, etc., etc., et d’un grand nombre d’autres personnages. *
3° Par les citoyens Ranvier, Gérardin et Dupont, membres : les deux premiers du Comité de salut public et le second du Comité de sûreté générale, qui ont tous les trois publié des lettres dans lesquelles ils avouent la trahison du général Dombrowski et la leur, qui ont eu pour objet et pour résultat la livraison des portes de Saint-Cloud, d’Auteuil, de Passy, etc..., au gouvernement et à l’armée de Versailles, moyennant la promesse de la somme d’un million et demi (1,500,000 francs); nous devons dire cependant qu’afin de donner à leur trahison une apparence d’innocence et de bonne intention, ils ont prétendu n’avoir livré ces portes à l’ennemi que dans la louable inten-
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tion de faire ses soldats prisonniers, mais comme Dombrowski a laissé ces derniers entrer dans Paris par les portes qu’il leur a livrées sans faire tirer sur eux un seul coup de fusil, il est certain que le prétexte donné par l’auteur et les complices de la trahison, 1 n’avait rien de sérieux.
Après avoir pris connaissance de tous les documents dont nous venons de parler et consulté quelques membres de la Commune , des Comités de salut public et de sûreté générale à leur sujet, qui tous nous en confirmèrent l’exactitude, il ne nous était plus possible de douter de la culpabilité du général Dombrowski et de celle des membres des deux comités.
Lorsque nous avons voulu raconter les faits qui vont suivre, des difficultés et des circonstances indépendantes de notre volonté ne nous ont pas permis de mettre notre projet à exécution et nous avons été obligé, bien malgré nous, d’attendre jusqu’à aujourd’hui pour le faire.
Mais maintenant, il ne nous est pas permis de différer davantage le récit de ces trahisons, car il est absolument indispensable que toute la vérité soit connue, el que l’on sache quels sont les crimes, les fautes et les hommes qui ont perdu la Révolution du 18 mars et la Commune.
Il est surtout nécessaire que ces derniers ne puissent pas de nouveau réussir à tromper la confiance du peuple, qu’ils ont déjà si odieusement trahi, car ce danger est d’autant plus à redouter que nous sommes aujourd’hui à la veille des plus graves et des plus
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grands événements, et qu’il est plus que probable, que la fin du siècle ne s’écoulera pas sans qu'une nouvelle révolution n’ait éclaté. Il suffit pour en avoir la preuve, d’étudier avec soin les faits politiques et économiques de notre époque, et on reconnaîtra en effet facilement, que jamais le monde des travailleurs n'a été en proie à des crises aussi intenses, aussi aiguës et aussi douloureuses.
Les coalitions qui se produisent si souvent dans son sein, la grève générale qui est à l’étude, en voie de préparation et d’organisation parmi les masses ouvrières de tous les pays, et qui peut éclater d’un jour à l’autre, en sont des preuves convaincantes et flagrantes.
La condition d’existence des travailleurs va toujours en s’aggravant, elle devient chaque jour plus intolérable et ils ne pourront bientôt plus la supporter.
En effet, tous les faits économiques et les statistiques prouvent que l’exploitation, les souffrances, les misères et ledénûmentdes prolétaires augmentent tous les jours dans une proportion effrayante et en raison directe du progrès des arts, des sciences de l’industrie, du commerce de la richesse sociale et de la prospérité générale.
Plus la classe bourgeoise, exploitante et gouvernante est riche, plus la classe ouvrière est durement exploitée, pauvre et malheureuse.
Les prolétaires dans l’état social actuel, dénués de tout, ne sont pas même assurés un seul jour du pain du lendemain pour eux et pour leurs familles et, malgré leur continuel et dur labeur, ils sont sans cesse ex-
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posés à mourir de faim, et ils ne peuvent certainement pas lutter pour la défense de leurs salaires contre leurs exploiteurs riches et puissants, qui non seulement possèdent des capitaux considérables, qui leur permettent de supporter le chômage, d’avoir raison des grèves, de forcer les ouvriers à accepter leurs conditions de salaire et de travail, mais encore qui ont le gouvernement dans leurs mains, la police, l’administration, la justice, l’armée, les finances et le budget de l’Etat, toutes les richesses et toutes les forces publiques, et qui s’en servent pour forcer la classe ouvrière à subir leurs conditions sous peine d’être mitraillée ou de mourir de faim.
Dans une pareille situation la lutte entre les capitalistes et les travailleurs ne peut être égale, ces derniers sont tou jours certains de succomber.
Les travailleurs ne doivent donc pas se faire d’illusions, ils ne pourront jamais s’affranchir par les moyens légaux.
Seuls les accidents politiques ou les révolutions, qui se produisent souvent, forcément et logiquement dans un état social aussi mal organisé, aussi précaire, aussi anormal que le nôtre, en détruisant ou en neutralisant pour quelque temps les forces publiques, la police, l’armée, la magistrature, etc., fournissent aux prolétaires une occasion favorable pour s’affranchir du joug odieux qui pèse sur eux.
Ainsi pour ne prendre des exemples qu’à notre époque, le 28 juillet 1830, le 24 février 1848, le 4 septembre 1870, le 18 mars 1871, les prolétaires ont eu d’excellentes occasions pour s’affranchir, s’ils
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avaient eu le savoir, l’instruction et l’éducation nécessaires pour le faire.
Le dernier mouvement surtout, celui du dix-huit mars, était des plus favorables, car il avait mis entre les mains des travailleurs tous les éléments dont ils avaient besoin pour s’affranchir complètement.
La victoire du peuple à Montmartre, ce jour-là, le refus d’obéissance passive de l’armée, qui avait levé la crosse en l’air et refusé de tirer sur ses frères, les prolétaires de la garde nationale ; la fuite du gouvernement à Versailles, etc., avaient en effet livré aux travailleurs tout Paris avec ses bâtiments de la Ville et de l’Etat, ses ministères, ses administrations, ses institutions d’échange et de crédit, ses banques, ses comptoirs, ses caisses publiques, ses immenses approvisionnements, ses marchandises, ses produits de toutes les espèces, ses vivres, ses munitions, ses armes, ses fusils, ses canons, tout son matériel de guerre , ses arsenaux, ses casernes, son enceinte fortifiée, ses forts, ses ateliers, ses fabriques, ses magasins, ses entrepôts, tout le matériel et les richesses de ses grandes compagnies : du gaz, des eaux, des chemins de fer, des omnibus, des voitures, etc... Il y avait alors à Paris, dans les rangs de la garde nationale fédérée, plus de 200,000 travailleurs, très bons ouvriers, profondément imprégnés des idées de réforme sociale et très disposés à employer leur intelligence, leurs forces, toutes les ressources et les armes dont ils disposaient, à l’émancipation complète du prolétariat et au triomphe de la Révolution.
Avec ces ressources considérables, ces forces im-
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menses, concentrées dans une grande et forte place de guerre comme Paris, dont les ouvriers étaient les maîtres, il n’aurait pas été bien difficile de triompher du gouvernement de Versailles, de s’emparer de cette ville, de forcer l’Assemblée réactionnaire à se dissoudre, de faire rayonner et proclamer la Commune dans toute la France, et d’affranchir alors complètement le prolétariat.
Il aurait fallu pour cela commencer par occuper la Banque de France et les principaux établissements financiers de la capitale, par mettre les scellés sur leurs caisses et sur leurs valeurs, afin qu'ils ne puissent pas envoyer de l’argent au gouvernement de Versailles, lequel de l’aveu de M. Thiers, son chef, « n’avait pas le sou et était pauvre comme un rat d'église 1 ».
Le Comité central de la garde nationale et la Commune de Paris, s’ils avaient fait cela, auraient empêché M. Thiers, le chef du pouvoir exécutif, de former l’armée avec laquelle il a fait la guerre à la Commune de Paris et l’a détruite.
Il aurait aussi fallu aller occuper le Mont-Valérien dès le 19 mars, ce qui n’eut pas été bien difficile, car cette forteresse n’était alors gardée que par 26 chasseurs à pied, en état de révolte, qui devaient partir le lendemain pour les compagnies de discipline en Afrique, et qui avaient offert dès la veille de livrer au Comité central de la garde nationale , l’importante
1 Voir la déposition de M. Thiers, devant la Commission d’enquête parlementaire faite au sujet des événements du 18 mars
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position dont la garde leur avait été provisoirement confiée. Mais les hommes qui s’étaient alors chargés de diriger le mouvement révolutionnaire du dix-lmit mars, avec la négligence et l’incapacité qui les caractérisaient, ne surent pas immédiatement profiter de cette offre si utile et si précieuse, et ce n’est que deux jours après qu’ils se sont enfin décidés à envoyer Lullier au Mont-Valérien , pour s’en emparer. Mais lorsque ce trop fameux personnage se présenta 12 heures trop tard devant ce fort, M. Thiers, sur les pressantes sollicitations du général Yinoy, l’avait fait réoccuper par une forte et solide garnison qui lui était toute dévouée et dont le chef refusa de livrer la place, où il venait d’arriver, à l’envoyé du Comité Central de la garde nationale.
Si les deux mesures dont nous venons de parler, d’une exécution si facile, — l’occupation de la Banque et du Mont-Valérien — eussent été prises et exécutées a temps, M. Thiers, sans argent, sans armée et privé en même temps de la grande forteresse, qui est à la fois la clef de Paris et de Versailles, aurait dû renoncer à continuer d’occuper la seconde de ces villes, à reconquérir la première et à détruire la Commune, de Paris ; cette dernière, victorieuse sans combat, unie aux autres Communes de France, — qui auraient bientôt suivi son exemple, — aurait alors pu travailler en paix et sécurité à l’émancipation complète du prolétariat, laquelle se serait accomplie progressivement, sans lutte violente et avec toutes les précautions, les ménagements et les mesures d’équité et de justice qu’une aussi grande transformation exige.
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Les hommes du Comité central et de la Commune, ont eu là, comme on le voit, une occasion unique et bien favorable de résoudre le grand problème de l’affranchissement des prolétaires ; non seulement ils n’ont pas su en profiter mais encore par leur conduite incapable et coupable, ils ont fait verser des torrents de sang, massacrer 40,000 gardes nationaux défenseurs de la Commune , arrêter, emprisonner, déporter, envoyer au bagne ou en exil, 60,000 autres de ces malheureux, ils ont ainsi fait couvrir Paris de ruines et d’incendies, plonger 100,000 familles dans la misère et le désespoir, et perdre, peut-être pour toujours, la Cause qu’ils s’étaient chargés de faire triompher.
Parmi les hommes dont nous parlons, il en est quelques-uns, la minorité heureusement, qui ont causé cette épouvantable catastrophe, non seulement par ignorance et par incapacité, mais encore par trahison, et parmi ces derniers il y avait malheureusement des membres de la Commune de Paris, faisant partie des Co nités de salut public, de sûreté générale, de la Commission exécutive, etc. , des officiers supérieurs et des généraux de la Commune. Ces misérables ont vendu à l’ennemi, leurs compagnons de combat, la ville qu’ils étaient chargés de défendre et la Cause qu’ils avaient mission de faire triompher? par amour du lucre et dans l’espoir de pouvoir s’échapper sains et saufs au milieu du désordre final, avec les fortes sommes et les saufs-conduits qu’on leur avait promis, et d’aller vivre à l’étranger avec le prix du sang de leurs concitoyens. Nous raconterons comment,
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surtout dans la dernière semaine, les malfaiteurs dont nous parlons, se sont aussi livrés au pillage et au vol du mobilier des établissements, des monuments publics et des palais qu’ils étaient chargés de défendre, et nous les montrerons enfin incendiant les édifices qu’ils avaient pillés, pour effacer les traces de leurs vols.
Nous donnerons sur ces pillages les détails les plus complets et les plus véridiques, tels qu’ils nous ont été racontés, avec preuves à l’appui, par quelques défenseurs de la Commune, qui en ont été les témoins indignés, mais impuissants à les empêcher.
Nous publierons les lettres et les accusations révélatrices de ces derniers, et signées par eux, dans lesquelles ils ont donné la nomenclature de ces pillages, et de longues listes en forme de mémoires des objets volés, ainsi que le nombre de fourgons qui ont été chargés de ces dépouilles opimes, avec les adresses des nombreux logements où les pillards ont fait conduire leur butin.
Nous raconterons aussi quelques-unes des avantures plus qu’extraordinaires arrivées à plusieurs d’entre ces derniers et qui donneront une bien effrayante idée de ces individus; nous ne nous gênerons nullement pour les nommer en leur offrant de prouver en Cour d’assises les accusations que nous formulons contre eux.
Nous suivrons ensuite à l’étranger, ces vulgaires malfaiteurs, proscrits soi-disant politiques d’une nouvelle espèce, heureusement inconnue jusqu’alors. Nous les retrouverons réfugiés à Londres, à Bruxelles, à Genève, avec leurs malles et tous leurs colis remplis
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des produits de leurs pillages et de leurs vols. Nous les montrerons tels qu’ils étaient alors, étalant sans vergogne leur opulence criminelle, fruit de leur brigandage, et se livrant à la bonne chair et à l’orgie, pendant que leurs malheureux compagnons d’exil restés honnêtes, mouraient de misère et de faim sans qu’ils daignassent les aider.
Nous dirons aussi comment ils corrompaient et stipendiaient avec quelques bribes du produit de leurs vols, un ramassis de malheureux, aussi corrompus, mais moins habiles qu’eux, dont ils se faisaient des clients chargés de les défendre, et qu’ils avaient organisés en une bande bien connue, de laquelle Vermersch a dit très spirituellement : « Ils ne sont que trente-trois, c’est dommage, s’ils étaient quarante on chercherait parmi eux Ali-Baba. »
C’est donc, comme on le voit, l’histoire des trahisons, des pillages et des vols de ces misérables, que nous allons faire ici, à l’aide de documents sérieux, incontestables, dont quelques-uns sont authentiques et officiels ; avec des preuves nombreuses et irréfutables, et enfin avec les déclarations, les témoignages et les lettres des coupables eux-mêmes, qui ont eu le cynisme ou l’imprudente inconscience de raconter complaisamment et dans tous ses détails leur abominable trahison.
Puis nous suivrons ensuite ces malfaiteurs h Paris, à leur retour, après l’amnistie de 1880, et nous les verrons, avec l’audace qui les caractérise, briguer de nouveau les suffrages du peuple, en se couvrant adroitement d’un masque républicain-révolutionnaire-socia-
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liste, et réussir par ce moyen à se faire élire conseillers municipaux et députés.
Nous commencerons nos récits par celui de la trahison du trop fameux général Lullier 1, ce capitaine bravache alcoolisé, commandant en chef de toutes les gardes nationales du Comité central, lequel de son propre aveu a trahi ce dernier et vendu la Commune à M. Thiers pour quelques misérables milliers de francs2.
Nous continuerons notre œuvre par l’histoire de la trahison « du Boyen-de-la-Commune , le Révérend- Père Beslay, » qui s’est fait déléguer par cette dernière, à la Banque de France, afin de pouvoir mieux la trahir et la livrer à l’oligarchie financière, dont il était un des suppôts les plus dévoués.
Il a ainsi réussi à sauver la Banque et à perdre la Commune , et permis à la première d’envoyer plus de 257,630,000 francs au gouvernement de M. Thiers, pendant les mois de mars, d’avril et de mai 1871, afin que ce dernier puisse recruter et organiser l’armée nombreuse de 170,000 hommes, avec laquelle il a pu faire un second siège de Paris, reprendre cette Ville, grâce à la trahison, et égorger 40,000 de ses défenseurs.
Nous n’oublierons pas non plus les nombreux complots, connus sous la dénomination de « Conspiration des Brassards Tricolores , » organisés à Versailles par
< Au moment où nous allons mettre ces lignes sous presse, nous apprenons la mort de ce triste personnage.
2 Voir le livre de Lullier, ayant pour titre Mes Cachots , dans lequel il raconte tout au long sa trahison.
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M. Thiers et son gouvernement, afin d’essayer de s’emparer de Paris à l’aide de la trahison, et dont MM. Barthélemy Saint-Hilaire, Saisset, Le Flô, Tronson-Dumersan , Planat , les frères Guttin , MM. Charpentier, Corbin, Veysset, etc., étaient les principaux organisateurs.
Enfin nous raconterons la trahison de Dombrowski et de la majorité des membres des Comités de salut public et de sûreté générale, qui a eu pour conséquences la livraison des portes d’Auteuil, de Saint- Cloud, du Point-du-Jour, de Passy, etc..., à l’armée de Versailles, l’entrée de cette dernière dans Paris, le 21 mai 1871, et le massacre de 40,000 gardes nationaux fédérés, défenseurs de la Commune et la chute de cette dernière.
Puis nous terminerons notre œuvre par le récit des pillages et des vols accomplis par quelques bandits vulgaires, lesquels sous prétexte de politique ont profité des circonstances et de la guerre civile pour satisfaire leurs mauvaises passions.
Nous savons par expérience toutes les colères que nous allons soulever, en publiant ce livre, mais cela nous est parfaitement indifférent.
Le souvenir des 40,000 massacrés de la Semaine Sanglante, livrés par les traîtres du Comité central et de la Commune à leurs égorgeurs de Versailles ; celui des souffrances des 00,000 prisonniers, dont les traîtres qui ont livré les portes de Saint-Cloud et du Point-du-Jour ont causé l’arrestation, et les horribles tortures qu’ils ont si longtemps endurées dans les prisons de Versailles, dans le camp de
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Satory, sur les pontons, dans les maisons centrales, dans les lieux de déportation et dans les bagnes de la Nouvelle-Calédonie; celui des misères et des persécutions innombrables et atroces auxquelles les 100,000 familles de tous ces infortunés ont été en butte pendant plus de dix ans, sont là qui nous inspirent et qui nous donnent la conviction profonde, qu’il est juste, utile et profitable, que les auteurs de tous ces irréparables malheurs soient flétris comme ils le méritent, afin qu’ils ne puissent pas persévérer dans leur conduite criminelle et recommencer de nouveau à commettre d’autres trahisons et à provoquer d’autres massacres.
11 ne faut pas oublier non plus, que si ce sont les assassins de Versailles qui ont torturé et massacré les malheureux défenseurs de la Commune , ce sont les traîtres que nous signalons qui les ont vendus à leurs ennemis et livrés à leurs bourreaux, et qui sont la cause de leur arrestation, de leurs souffrances et de leurs supplices. Ce sont eux aussi qui, par leur infâme conduite, ont empêché l’émancipation des prolétaires en 1871, et qui sont causes que ces derniers sont encore plongés aujourd’hui dans la plus terrible servitude économique.
Nous avons l’espoir que dans l’avenir, quand une nouvelle révolution brisera quelques-uns des rouages de l’ordre social actuel ou empêchera leur fonctionnement, les prolétaires en profiteront pour s'affranchir complètement, en détruisant eux-mêmes toutes les institutions sociales actuelles, de manière à ce qu’elles en puissent jamais être rétablies, qu’ils feront eux-
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mêmes cette besogne et qu’ils ne confieront jamais ce soin à personne, car c’est à cette condition seulement qu’ils pourront s’affranchir. S’ils recommençaient les errements du passé, s’ils élisaient de nouveau des mandataires ou des réprésentants auxquels ils délégueraient tout ou partie de leur souveraineté, afin de continuer l’œuvre de la Révolution à leur place, ils pourraient être certains que, comme dans le passé, ces derniers n’auraient rien de plus pressé que de se servir des pouvoirs qu’ils leur auraient confiés, pour reconstituer l’ancien état de choses à leur profit et pour les replonger de nouveau dans la servitude.
Tandis qu’au contraire, s’ils se servaient descirconstances favorables et des occasions qui leur seront certainement offertes dans l’avenir, pour détruire le gouvernement et l’ordre social actuels, ils pourraient ensuite travailler librement à leur complet affranchissement, et arriveraient à s’administrer équitablement selon leurs besoins et leurs intérêts.
Telles sont les considérations qui nous ont inspiré en écrivant ce livre, que nous avons fait dans l’espoir de servir utilement la Cause de l’affranchissement complet des travailleurs, qui doit être le but de toutes les révolutions.