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PROUVÉS PAR L’ENQUÊTE DES GÉNÉRAUX CLUSERET ET LA CÉCILIA

En 1874, comme nous l’avons dit dans le chapitre qui précède, les citoyens Cluseret et La Gécilia, et d’autres J proscrits de la Commune de Paris , firent et publièrent n une enquête sur quelques-uns des membres de la Bande i des Trente-Trois. Elle renferme de précieux et intéressants documents sur ces derniers, lesquels nous seront de la plus grande utilité ; car les noms des auteurs de celte enquête et ceux des témoins qui leur ont fourni des renseignements donneront une grande notoriété et une sérieuse valeur à nos récits, et ils nous fourniront des preuves accablantes contre les individus dont nous racontons les tristes et criminels exploits.

Parmi ces derniers, il y avait un ex-membre de l’As- > semblée dite nationale de Versaillesqui, avant le triomphe ’j; de la Commune, n’était pas, comme la plupart de ceux T dont nous venons de parler, disciple du vieux conspira- g teur Blanqui, au contraire, il était ami intime de Deles- i cluze et un adversaire acharné de Blanqui.

Le citoyen Cournet, car c’est de lui qu’il s’agit, n'était

pas non plus révolutionnaire-socialiste, ni membre de Y Internationale, il était simplement comme Delescluze et comme son père, un républicain formaliste delà nuance de Ledru-Rollin.

Cournet avait été sous l’empire rédacteur du Réveil avec son patron Delescluze, dont il était l’humble serviteur et sur lequel il se modelait en tout. Lors des élections de la fameuse assemblée de Bordeaux, il avait été nommé dépu i é, grâce à l’intluence de son patron. Quelques jours plus tard, quand ce dernier donna sa démission de député et vint à Paris, ne voulant pas être solidaire des actes réactionnaires delà néfaste chambre rurale, Cournet en fit autant, et, emboîtant le pas à son patron, i! le suivit à Paris, et fut comme lui et avec lui nommé membre de la Commune. Tant que Delescluze vécut, Cournet l’imita en serviteur servile. Mais quand il fut mort, il abandonna le parti radical pour se faire bianquiste, internationaliste, etc. Cette transformation subite nous étonna beaucoup de la part d’un homme que nous avions toujours i connu comme très hostile aux doctrines préconisées par la gronde association internationale des travailleurs et aussi à celles du groupe dont Blanqui était le chef.

Aussi quand nous avons vu à Londres Cournet siéger dans le conseil central de l'International et dans la bande bianquiste, nous nous sommes souvent demandé quel . pouvaiL bien être le genre de grâce qui avait touché le citoyen Cournet, nous ne pouvions pas croire qu’il eutagi par conviction.

Mais la vérité, que nous étions loin de soupçonner, nous fut révélée plus lard, par l’enquête faite à Genève et à Londres sur la conduite du citoyen Cournet, par les citoyens Cluseret, La Cécilia, Ranvier, etc.

C’est à propos du manifeste publié à Londres en 1874, et adressé aux Communeux , par les blanquistes qui s’in-

titulenl eux-mèmes : « Le groupe La Commune révolutionnaire que l'enquête dont nous avons parlé eut lieu.

Voici d’abord la réponse du citoyen Cluseret aux membres de la Commission d’enquête1, qui va nous édifier sur le citoyen Cournet dont quelques-uns des hauts faits avaient déjà été révélés par la déposition de M. l’amiral Saisset et par la brochure de M me Veysset :

« Citoyens membres de la Commission d’enquête, vous m’interrogez au sujet de Cournet, je vous réponds :

« Quand le citoyen Cournet vint à Genève, il fut accueilli par le citoyen Fresneau et par moi comme un vieil ami. Nous avions été ceux de son père qui, avec Koels, ne m’avait pas quitté au Deux-Décembre. De plus, j’avais vu Cournet enfant au collège. Ce n’était pas un proscrit ordinaire, je le répète c’était un ami et je l’accueillis comme tel.

« J’avoue que j’ignorai complètement que celui qui acceptait mon hospitalité m’avait en compagnie des Trente-Trois , dont j’aurai à m’occuper plus loin, condamné à mort. Je l’aurai su que je me serai probablement contenté de hausser les épaules, considérant comme de simples gamineries, toutes ces démonstrations où le ridicule le dispute à l’odieux.

« Cournet en arrivant nous avait mis au courant de la situation. C’était Rochefort, disait-il, qui l’avait fait venir de Londres, pour l’employer à la Lanterne.

« Les jours se passèrent et Cournet se plaignit amèrement de sa détresse, l’attribuant à la mauvaise foi de Rochefort, qui ne tenait aucun de ses engagements.

« Mon indignation fut grande, j’aurais pu me l’épargner, car il résulte d’une conversation entre Fresneau et Rochefort que les Lits étaient tout autres que ceux représentés par Cournet. Celui-ci, en compagnie des Trente-Trois dont il revendique hautement la solidarité, avait traité Rochefort comme il m’avait

1 Voir la pièce n° 1 du compte rendu sténographié de la Commission de l’Enquête laite à Geneve et a Londres, en 1874, sur la çoqduite et la moralité du citoyen Cournet.

traité, ce qui ne l’empêcha pas d’aller dès son arrivée à Londres chez lui, comme il vint chez moi, dès son arrivée à Genève.

« Après avoir emprunté de l'argent à Rochefort, celui-ci consentit encore à lui payer son voyage (la somme totale montait à 400 francs). C’était un nouveau service basé sur le désir manifesté par Cournet, d’échapper aux misères de Londres, parmi j lesquelles figurait m’assure-t-on la tyrannie des Trente-Trois.

« Ce dire semblerait corroboré par le passage de la lettre de Ranvier, où il représente Cournet comme dominé par cette bande plutôt que la dominant. (Pièce n° 2.)

« Nous reviendrons plus tard sur les faits qui se sont passés à Londres, continuons le récit de ce qui s’est passé à Genève, dit ensuite Cluseret.

J « Dans la situation où se trouvait Cournet, c’était d’abord à ses amis à s’occuper de lui.

« Fresneau lui ouvrit sa bourse, sa table et sa cave. X.. . répondit chez le boulanger, Z... l’habilla ; un autre fit de la chaussure : Je ne cite ces faits que pour mémoire puisque les citoyens X...,Z... et Y..., sont enchantés de perdre leurs avances.

! « De plus, Fresneau lui procura un emploi chez Sirdeg, mais il ne put y rester, au dire de Sirdeg, pour cause d’incapacité, il ajouta même que Cournet est parti lui redevant 70 francs, dont 50 empruntés le jour de sa fête pour la célébrer.

1 « De mon côté, je fus assez heureux pour lui procurer quelque ouvrage chez un officier supérieur anglais de mes amis. Je dois ■ à la vérité de dire qu’il s’en acquitta parfaitement.

| « Comme on le voit, nous n’avons eu au début, le citoyen Fresneau et moi, que de bons procédés pour Cournet, et je ne puis comprendre qu’il vienne nous représenter comme ses ennemis et ses accusateurs.

| « Sur ces entrefaites, une étrange révélation vint jeter le trouble dans mon esprit.

! « Lorence avait reçu de mon ami La Cécilia une lettre dans aquelle il le prévenait de l’arrivée à Genève de Cournet, et lui i lisait de s’en méfier comme d’un exploiteur. Fortement ébranlé lans mon estime pour le député de Paris, j’écrivis à La Cécilia, qui me répondit le 13 août ;

« Mon cher ami, vous me demandez ce que je sais de Cournet. ^ « C’est une question à laquelle il est désagréable de répondre,

« néanmoins je le ferai en toute sincérité : Politiquement je n’ai t « rien à dire sur son compte, si ce n’est qu’à Londres il faisait « partie d’un groupe qui s’intitule blanquiste ou de la Com- « mune.

« Ce groupe est composé d’une grande majorité d'imbéciles et « de quelques gredins. Cournet emboîtait le pas d’Eudes, qu’il « reconnaissait comme le grand pontife du groupe.

« Ceci d’ailleurs ne serait rien : mais ce qui m’a conduit à « avoir une fort triste idée de Cournet, que j’avais commencé « par estimer beaucoup, c’est sa vie privée. En arrivant à « Londres, cet ancien représentant du peuple, fils d’un homme « qui avait laissé ici d’excellents souvenirs, a été cbaleureuse- « ment accueilli par les Anglais. Un autre que lui aurait profité « de cet accueil pour essayer de se créer une position qui lui « permît de gagner honorablement son pain. Au lieu de cela, il ( « ne s’est servi de la bienveillance qu’on lui témoignait que pour j « emprunter à droite et à gauche de l’argent qu’il savait ne « pouvoir jamais rendre, signer des billets qui ont été protes- « tés, avoir recours à toutes sortes d’expédients pour se pro- « curer les moqens de mener joyeuse vie sans travailler...

« Au moment où Rochefort lui a fourni les moyens de se « rendre en Suisse, il avait épuisé la patience de ses amis les « plus dévoués. Il avait tellement perdu le sentiment de sa di- « gniLé qu’après avoir, en ma présence, dit pire que pendre de « Rochefort, dont je pris la défense aussitôt après son arrivée « il courut se planter chez lui, et Dieu sait ce qu’il lui a soutiré « d’argent. Je pourrai vous citer le nom de deux personnes avec « lesquelles il s’est fâché pour avoir un prétexte de ne pas leur « rendre l’argent qu’il leur avait emprunté. (Voir la pièce n° 1.)

« Tout ceci est fort grave et je suis sûr que vous pensez comme :

« moi, que quand un homme refuse de gagner son existence « par le travail, il n’est guère fait pour inspirer de la confiance « au parti socialiste républicain ? »

« J’ai la plus grande confiance dans la droiture de cœur et d’esprit de La Gécilia, Après cette lettre, ma conviction mo*

raie et personnelle était faite; mais un grand déchirement s’était produit en moi ; mon devoir était de rompre, tout en évitant le scandale, dont nos ennemis sont si friands. Avant de m’être arrêté à un parti, de nouveaux faits vinrent à ma connaissance dans les circonstances suivantes.

« Guillot vint un jour à mon bureau me prier d’approuver une demande de secours pour un réfugié espagnol, il était excité et nous reprochait de secourir des indignes faisant partie de la Commission. Fort étonné je le priai de s’expliquer, il me nomma Cournet. Je lui dis qu’il se trompait. Effectivement Cournet n’a point reçu d’argent de la Commission, si ce n’est indirectement. Cent francs envoyés d’Alexandrie par Berton, i la demande spéciale de Fresneau, ont été pour éviter à Courlet un désagrément, adressés à son nom, au lieu de les envoyer à la Commission, et 75 francs environ ont aussi été envoyés, dans les mêmes circonstances, par le Conseil municipal le Paris sur ma demande. Cette dernière somme fut remise oar Révillon, d’après ce que m’a dit Fresneau. C’est du moins je que j’ai compris. Il ajouta que Levrault m’en dirait pluslong.

« En effet, Levrault me raconta en présence de témoins, une ■ois en celle de Josserand, à mon bureau, et une auLre fois en • elle de Wuillaume, au café de la Banque, la multitude de urpitudes, dont je vais essayer de donner un aperçu sommaire.

« 1° Cournet avait fait faillite sous un nom supposé, celui de îteid et Cie, ainsi que l’indique et l'atteste M. Guihery. (Pièce jj.° 3).

I« ‘2° 11 se serait approprié des fonds provenant de souscripons faites tant en France qu’en Angleterre. Ici les preuves ne ont pas sullisantes, Ranviersur ce sujet s’exprime ainsi : i « J’ai su de source certaine que Cournet avait reçu plusieurs t souscriptions faites par la gauche versaillaise. Ignorait-il la provenance exacte ; il ne tenait qu’à lui de me le dire, ce qu’il n’a pas fait. (Pièces 4 et 5.)»

« L’affaire des souscriptions anglaises ne me paraît pas non us être prouvée, mais voici un fait qui dénote un étrange lais— ji T-aller ; il se rattache aux souscriptions françaises.

H <,< 3° Le citoyen X — que je ne puis nommer, puisqu'il réside

en France, mais dont la lettre a été mise sous les yeux de la Commission, nous apprend que Cournet reçut par l’entremise i du Rappel une somme de 900 à 1,000 francs. Cette somme pro- venait delà souscription des députésfaitepar un ancien collègue, , etsi j’en crois d’autres informations, cette souscription fut spécia- :>] lement faite par Germain Casse, fonctionnaire de la Commune, aujourd’hui député de la Guadeloupe, qui n’a pas honte de pousser la lâcheté jusqu’à se traîner dans la boue devant les assassins de la Commune de Paris dont il avait mangé le pain.

« X..., qui avait avancé les fonds à Londres, offrit à Cournet de lui avancer 250 francs qu’il lui compta en présence de Ranvier et de trois autres proscrits, chez M. Plantade. Non seulement i il ne les lui a jamais rendus, mais l’ayant rencontré, il fit semblant de ne pas le connaître, puis s’excusa de sa myopie.

« 4° Cournet avait été lié à Londres avec le correspondant du ! Figaro, qui lui avait rendu des services, c’est Vermcsh qui le dit, Cournet répondra que Vermersch est un agent, mais rien ne I l’établit. Calomnier n’est pas répondre et Vermersch vit de son travail, ce qui constitue une forte présomption en sa faveur.

« 5° Des dupes nombreuses dont la lettre de La Cécilia nous j donne un spécimen et qui, comme celles de Genève fondent leurs espérances sur un remboursement prochain qu’elles attendent toujours.

« 6° Enfin il faisait partie des Trente-Trois, plus connus t parmi les proscrits de Londres sous le titre de la Société du doigt dans l'œil.

« Cournet ayant hautement et à plusieurs reprises revendiqué ; toute solidarité avec cette bande, il est juste de la faire connaître rapidement.

« Les pièces jointes à ce dossier émanant des proscrits les plus respectables et les plus respectés de la proscription, s’accordent à représenter les membres de cette Société des Trente-'. Trois, comme une bande d’imbéciles conduits par quelques gredins.

« Je n’apprécie pas, je rapporte. (Voir les pièces au dossier.)

« Ces disciples d’Ali-Baba se sont partagé le gouvernement de la manière suivante :

« Eudes, dictateur.

« Cournet, ministre de l'intérieur.

« Vaillant, de l’instruction publique.

« Breuillé, de la police.

« Viard, du commerce.

« Oranger, Gois et Goullé, ministres sans portefeuille.

< « Ces huit personnages constituent le Comité de salut public,

présidé par le dictateur Eudes. (Pièce n° 4, lettre de Levrault à Guillot.)

« Quant aux vingt-cinq autres, dont beaucoup ne savent ni lire ni écrire, ils approuvent, exécutent quand on peut le faire r sans danger, et reçoivent un os quand leurs maîtres sont repus.

« Le programme des Trente-Trois est la fusillade et l’incendie en paroles, leur but : faire peur aux bonnes d’enfants ; le ré- 1 sultut, le seul du moins appréciable, le ridicule et l’odieux jetés sur toute la proscription de 1871. Ce résultat leur est-il payé ou n’est-il dù qu’à leur outrecuidante sottise ; c’est ce que l'avenir nous apprendra.

« Voici deux spécimens des voies et moyens employés par les Trente-Trois :

I « Rochefort, je l’ai dit, avant son évasion de Nouméa, avait 'été l’objet des invectives, des condamnations, des excommunications, etc., etc., de la Société du doigt dans l’œil. i « Dès que son évasion fut connue et son arrivée probable, les choses changèrent complètement de face. La Lanterne allait reparaître, il y avait un coup à faire.

I « On dépêcha auprès de Rochefort celui des membres du futur gouvernement qui avait le plus de chance de s’en faire écou- , ter. C’était un ancien employé de la Marseillaise. Pendant •douze jours le malheureux l’attendit depuis quatre heures du ii aiatin dans la gare. Enfin ses efforts et sa patience furent couif ’onnés de succès, Rochefort lui accorda la direction de la partie idministrative de la Lanterne.

i « Les abonnements se firent. De malheureux ouvriers se |L groupèrent dans les ateliers de Paris pour envoyer leurs sous- 1 .riptions. Ce fut tout : Rochefort ne vit pas plus leur argent • ■, [u ils ne reçurent sa prose.

« La sœur de notre cher et regretté Ferré était parmi ces malheureux souscripteurs; ne recevant rien elle écrivit à Rochefort, qui la mit au courant de ce qui se passait.

« Et voilà de quel bois se chauffe la marmite des continuateurs d’Ali-Baba. J’ai appris ces faits de Levrault et de Fresneau, auxquels Rochefort lui-même les a confirmés.

« Voici un autre exemple de revendication sociale. C’est le pavillon dont ils couvrent leur marchandise. L'idée vint à plusieurs proscrits de fonder une école pour soustraire leurs enfants à l’influence religieuse de l’enseignement anglais, tout en utilisant le talent de quelques proscrits.

« Il fallait de l’argent, beaucoup d’argent pour fonder une semblable institution, et le crédit des Trente- Trois était depuis longtemps une chose du passé. On s’adressa à La Cécilia. Par son honorabilité, par ses qualités professionnelles, il commandait le respect et inspirait la confiance. La Cécilia approuva l’entreprise et consentit à en accepter la présidence. Il fit souscrire 400 livres, environ 10,000 francs, loua un local et installa l’école, où les Trente-Trois faufilèrent quelques-uns des leurs comme directeurs, professeurs, etc. Malheureusement La Cécilia eut l'imprudence extrême de remettre l'argent aux promoteurs de l’entreprise, et comme ses occupations ne lui permettaient pas de surveiller, si ce n’est de loin en loin, l'établissement, il arriva ce qui devait arriver, l’argent disparut dans le gouffre de la revendication sociale. (Lire la lettre de La Cécilia à ce sujet.)

« Levrault n’avait pas terminé son récit qu’arrivait de Londres un de ses amis genevois des plus honorables. Il avait vu La Cécilia, et à brûle-pourpoint, en présence de Jasserand, il me dit : A | ropos, j'ai une commission à vous faire de la part de La Cécilia, c’est de vous méfier de Cournet, qui est un dangereux exploiteur.

« En présence de tant d’affirmations, il me semble qu’un homme, même réservé, eut pu se croire suffisamment informé.

Je poussai plus loin la prudence et requis de Levrault les moyens de constater son dire. Il me remit trois adresses de proscrits à Londres auxquels j’écrivis le 9 septembre ; sur ces trois, Ran- 1

La COMMUNE

vier est le seul qui m’ait répondu jusqu’à ce jour ; mais je reçois de Londres des avis que non seulement ceux indiqués par Levrault vont m’envoyer ou à la Commission des renseignements sur ce que j’ai demandé, mais que d’autres offrent d'en envoyer également. Le trop court espace de temps accordé par l’Assemblée pour faire une enquête complète me laisse dans i’indécision sur l’usage à faire de ces informations futures. D’un autre côté, je comprends parfaitement que plus tôt on ferme l’orifice de semblables égouts, plus tôt l’air est purifié.

« Je vais maintenant répondre, je ne sais pourquoi, à une insinuation malveillante et bête dont les citoyens O... et W... se sont fuit l’écho. Ce serait moi qui aurais divulgué les faits regrettables attribués à Cournet, j’aurais même, d’après le citoyen O..., menacé de faire une brochure sur certains membres de la proscription. Si telle eut été mon intention, je l’aurais mise à exécution, d’abord on l’eut appris en lisant la brochure. Les enfants et les oiseaux babillent. Les hommes agissent. Quant à dissimuler, je ne crois personne capable de me prêter cette qualité ou ce défaut. Je ne me suis jamais inquiété de savoir si mes actions plaisent ou déplaisent. Ne voulant rien de personne, je n’ai de compte à rendre à qui que ce soit ; à cet égard je crois l’opinion fixée.

« Loin de provoquer la publicité, laissant de côté l’amertume de l’illusion perdue, je ne songeais qu’à priver nos ennemis de la joie du scandale.

« Aujourd'hui il est trop tard, tant pis pour ceux qui l’ont provoqué. M. O... est donc complètement à côté de la véritéquand il me prête les intentions citées plus haut. Je ne l'ai vu qu’une seule et unique fois au café de la Banque, où j’étais avec Josserand. C’est lui qui est venu me trouver et m’interroger sur ce que je savais, et voici ce que je lui ai répondu : «J’ai écrit pour « avoir les preuves, aussitôt que je les aurai je les mettrai sous les « yeux de la Commission et de Cournet. De cette façon nous « éviterons le scandale. »

« Le citoyen Thoulier m’en a également parlé, mais il savait tout par Levrault, je n’ai pas eu la peine de lui en ouvrir la bouche. A Brunerau, qui me demandait ce que tout cela signifiait, mais

alors plus tard, la veille de l’assemblée, j'ai alors répondu dans les mêmes termes qu’à O...

« Et maintenant d’où vient le scandale, sinon de celui qui, ajoutant une dernière faute à toutes les autres, a cru manipuler la proscription à Genève, comme celle de Londres, et par un coup d’audace imposer silence à la vérité ?

« La vérité est queLevrault a raconté à qui a voulu l’entendre l’histoire de Cournet et des Trente- Trois. En ma présence et en celle de de Lévis et de Wuillaume, il l’a dite toute au long chez Spuller. Cournet le savait parfaitement et a attendu que Levrault fut parti pour s’adresser à Fresneau dans des termes qui frisent le chantage, et cela juste au lendemain du jour où cet honorable citoyen lui signifiait qu’il ne pouvait continuer à lui fournir gratuitement son vin et à lui ouvrir sa bourse,

« Je n’ai pas plus à accuser Cournet qu’à l’absoudre; cette tâche n’est pas la mienne, mais j’ai une simple question à poser et une conclusion à tirer.

« Y a-t-il deux manières de gagner sa vie? Non, on vif de son travail ou l’ont vit du travail d’autrui, car le travail seul produit. Où est le travail de Cournet pendant ces quatre ans, où est celui des Trente-Trois ?

« En suivant pas à pas cette existence rebelle au travail, type de la génération impériale qui cherche dans la politique aussi bien révolutionnaire que réactionnaire les moyens de vivre et de jouir sans travailler, j’ai voulu en tirer un enseignement utile à tous. Mon expérience est plus vieille que la vôtre en fait de proscription. J’ai vu les proscriptions : hongroise, polonaise, allemande, italienne, espagnole et française. Je les ai vues dans les deux mondes, partout la même cause a produit les mêmes résultats. L’oisiveté a engendré tous les maux des proscriptions. Ce sont les oisifs qui les déconsidèrent et les dissolvent tantôt par leurs actes honteux et tantôt par leur esprit inquiet, lequel faute de trouver un aliment dans le travail le cherche dans, l’intrigue.

« A Genève comme à Londres, vous avez été à même d’apprécier h s mêmes phénomènes. Les fondations les plus utiles ont échoué par suite de l’esprit de discorde manifesté par les

oisifs, tantôt agents payés, — je n’ai pas besoin de rappeler les noms de ceux qui ont été pris les mains dans le sac par la police, la proscription ne les a jamais oubliés, — et tantôt avides de s’emparer d’une direction que leur profonde incapacité les empêchait de mener à bonne fin. C’est ainsi qu’ont sombré la Marmite et 1 Internationale. Les paresseux ont éloigné les travailleurs. Il en a été de même pour nos réunions. Vous ne vous êtes pas réunis une seule fois, sans que des invectives, des accusations grossières, quelquefois même des voies de fait n’aient, été échangées, comblant de joie nos ennemis et remplissant de consternation les hommes sincères et dévoués.

« Quels étaient les auteurs de ces scandales? Des travailleurs, des hommes à occupations régulières? Non. Sauf une ou deux exceptions que je préférerais passer sous silence, c'étaient les oisifs mécontents d’eux et des autres, les oisifs qui commencent à demander leur pain à la carotte, passez-moi l’expression, et finissent par l'accepter dans de pires conditions encore.

« Citoyens, nous sommes le parti du travail ou nous ne sommes rien. Ou notre révolution sera le triomphe du travailleur sur le fainéant ou elle ne sera pas. Le parti du travail peut-il se recruter parmi les oisifs ? Non ! Il ne doit compter que des travailleurs. C’est pourquoi je vous soumets la proposition suivante que je vous prie de prendre en considération et de soumettre à l’assemblée pour l’approuver.

« Nul ne fera partie d’une réunion de proscrits de la Commune s’il ne justifie « d’un travail régulier et non intermittent , lui permettant d’équilibrer ses dépenses et ses recettes. »

« J’ai dit un travail régulier et non intermittent, parce qu’il ne faut pas confondre avec un travail régulier et honnête, courbant l’esprit tous la discipline de sa fonction, ces occupations fantastiques qui consistent à écumer ceci, puis cela, sans jamais se fixer et qui échappent à tout contrôle.

« Et qu’on ne vienne pas nous dire : J’ai cherché et je n’ai pas trouvé. Un homme peut rester un mois, six mois sans ouvrage, mais quatre ans c’est impossible, ou alors il est tellement inepte, tellement inférieur aux autres hommes, qu’au lieu de marcher à leur tête, ce qu’il a de mieux à faire c’est d’accepter

la seule place qui lui convient de droit, la dernière entre toutes. On peut emprunter 100, 200, 300 francs, croyant pouvoir les rendre et se tromper ; mais vivre quatre ans d’emprunts, sans rien faire, porte un nom tout spécial.

« Si demain ma plume cessait de me nourrir, demain j’irai trouver Bonnet, ponr le prier de me donner une place à côté d’Ostyn. Il ne me refuserait pas et la tête haute je pourrai continuer fièrement la vie, ne devant rien à personne.

« Si vous adoptez la mesure que je vous soumets, nous verrons l'esprit public changer à notre égard. Commençons par nous respecter nous-mêmes, nous serons bientôt respectés de tous. Nos réunions deviendront des réunions de famille où l’on sera heureux de se rencontrer, sûrs de pouvoir s’estimer. Nous sommes plus de trois cents proscrits à Genève. Combien en avez-vous vu prendre part à une assemblée de proscrits ? Cinquante au plus, pas même le sixième de la totalité.

« Les cinq autres sixièmes se tiennent à l’écart systématiquement. Beaucoup d’entre eux sont gens de bon sens, sérieux et soucieux de leur dignité, qui redoutent de s’asseoir entre un Blanc Pignon et un Lavalette, ou de voir échanger des injures et des horions à la place de raisons. Dans notre dernière réunion que s'est-il passé ? Un honorable citoyen n’a-t-il pas été obligé de se retirer devant une engueulade dont le président s’est fait le complice en la tolérant. Ici se termine ce que j’ai à vous dire, mais non ce qu’il me reste à apprendre.

« Cluseret. »

Cluseret a encore joint à son rapport plusieurs pièces fort importâmes, qui sont autant de témoignages accablants formulés contre la Bande des Trente-Trois- Voleurs; nous reproduisons ici celles que nous n’avons pas publiées dans ce chapitre. Voici d’abord l’extrait d’une lettre adressée par Levrault à son ami G uillot 1 .

1 Guillot est le jeune étudiant blessé arrêté par les Versaillais dans le linge volé par Eudes et Gois ; enfermé à Mazas, il parvint a Sè sauver à Genève, ou il est encore médecin aujourd’hui.

« Figure-toi, mon cher Guillot, que la bande d’Eudes, car c’est une Bande, et bien qu'ils ne soient que vingt-huit, on peut dire avec Vermersch : « S’ils étaient quarante on chercherait des yeux Ali-Baba ! !! »

« Eh bien cette Bande a fait un manifeste, si toutefois cela peut se nommer ainsi.

« Ce manifeste est le comble de l’imbécillité et de l’infâmie. La police aurait voulu nous jouer un mauvais tour, qu’elle n’aurait pas agi autrement. Ces misérables mettent comme programme l’incendie !!! On n’est pas plus idiot. Que l’on dise que l’on accepte les conséquences des incendies, très bien, car ils étaient les conséquences fatales de la bataille. Mais qu’on vienne mettre comme le but politique, comme le programme, comme le rêve du gouvernement révolutionnaire : l’incendie! C’est non seulement idiot mais criminel.

« Tout ceci est fort « embêtant » et toute la proscription de Londres est furieuse contre le manifeste de ces messieurs.

« Maintenant tu dis la Bande Eudes!! Malheureux, fais donc attention, ou bien tu seras fusillé à la prochaine, car Eudes n’est plus général de brigade, mais bien Dictateur de la prochaine République. Tous les signataires du groupe sont les futurs membres du gouvernement et quand ils s’abordent, ils se nomment par leur titre de général, de ministre, etc. . .

« Eudes est dictateur.

« Cournet, ministre de l’intérieur.

« Vaillant, ministre de l’instruction publique.

« Breuillé, ministre de la police.

« Viard, ministre du commerce.

« Granger, Gois et Goullé, ministres sans portefeuille.

« Sous la présidence d’Eudes, ils forment le Comité de salut public.

« Quant aux autres, dont tous ne savent pas lire, ils se partagent les autres places du gouvernement.

« Pour l’affaire des députés de Versailles, ajoute encore le même citoyen, c’est parfaitement certain que le citoyen Cournet

areçu de l'argent des députés de la gauche ; c’est un bruit public à Paris; cela m’est revenu ainsi qu’à plusieurs autres proscrits de différents côtés.

« En faire la preuve matérielle est très difficile dans l’état actuel des affaires. Mais voici cependant quelque chose de précis. A mon dernier passage à Bruxelles j’ai interrogé à ce sujet le citoyen Ranc, qui m’a répondu ceci; je rapporte ses paroles à peu près textuellement : « Quant à ce qui est d’une « souscription faite dans les bureaux même de la Chambre à « Versailles, le fait est possible, mais n’étant pas présent, je ne « puis rien affirmer. Ce que je sais et ce que j’affirme, c’est que « des députés de la gauche ont souscrit pour Cournet, et que des « journaux républicains de Paris, notamment la République fran- « çaise ont plusieurs fois donné pour lui, et il est impossible qu’il « n'ait pas eu connaissance de la provenance desdites souscrip- « tions. »

« Certes il n’y a rien là qui puisse faire condamner un homme absolument ; mais je me demande ce que l’on peut penser de celui qui d’une main reçoit les souscriptions, tandis que de l’autre, il signe des manifestes, où les mêmes hommes qu'il vient de solliciter sont traités d’infàmes et de misérables bons à fusiller. Ce dernier fait est peut-être le plus déplorable en ce qu’il touche du même coup la moralité privée et la moralité politique de l’homme qui s’en est rendu coupable.

« Le cas du citoyen Cournet n’est pas d’ailleurs une de ces anomalies, de ces exceptions à la loi générale, telle qu’on pourrait le supposer au premier abord. Tous ces faits s’accordent bien avec la conduite de l’homme, qui lors des élections de la Chambre de 1871, étant membre, du Comité de l’alliance républicaine, combattit avec acharnement la candidature de Blanqui. Cette candidature ayant été adoptée le citoyen Cournet et ses amis quittèrent la salle déclarant qu’ils n’acceptaient pas le vote, et le nom de Blanqui ne fut pas porté sur la liste du Comité.

* Rien de trop extraordinaire, bien que ce ne soit pas très loyal, mais ce qui est plus choquant, c’est de voir le même citoyen, aussitôt Delescluze mort, se rallier à ceux que lui et son maître avaient toujours combattu. Franchement il était un

peu tard pour que l'on put croire à la sincérité de ces convictions changeantes. »

Un extrait d’une lettre de Longuet, datée du 27 septembre 1875, et reçue à Genève le 29, constate d’autres faits d’immoralité du fameux Cournet et de ses collègues.

« ...11 est parfaitement vrai dit le citoyen Longuet que « M. Lionel Robinson, membre du Comité de secours anglais, « s'est plaint devant moi et d’autres personnes de ma connais- « sance, que Cournet n’eut pas rendu du tout une somme d’argent « qu’il s’était engagé à rendre dans un bref délai. Je dois même « ajouter qu’une des personnes présentes, à qui Cournet devait « et doit encore une bien plus forte somme, blâma vivement « l’insistance de M. Robinson et de son comité et leur rigueur à « l’égard d’un homme incapable de payer, mais dont on ne pou- « vait mettre en doute la bonne foi. C’était alors l’opinion géné- « raie et je ne doute pas que cette réputation de haute loyauté « aussi bien que ses airs de dignité et de franchise n’aient valu « à Cournet de différents côtés des prêts plus forts que bien « d’autres proscrits n’avaient pu obtenir? 1 .

« Quant au groupe dont faisait partie Cournet, je n'ai qu’un « régi et, c’est de n’avoir pas en ce moment le temps de vous dire « tout le mal que j’en pense ! »

« Longuet n’achève pas sa lettre et me demande vingt-quatre heures de sursis pour compléter l'historique des Trente-Trois et la part qui incombe à Cournet. »

Une lettre de Theisz, datée de Londres, le 26 septembre 1875, a été ainsi résumée dans le rapport de Cluseret :

« Ainsi donc, vous me demandez mon opinion sur Cournet ; « je ne connais rien qui puisse porter atteinte à son honora- « bilité 2 ; sur le groupe des Trente-Trois, j'ai laconviciion et j’en

1 On dirait que M. Longuet est jaloux du grand crédit de son cher collègue Cournet.

1 II paraît que la citoyen Theisz, qui habitait Londres en même

« ai eu quelques preuves, que parmi ce groupe, qui se prétend « appelé à avoir la dictature dans une prochaine révolution, il « y a beaucoup d’ambitieux sans valeur et quelques individus « que nous devons répudier pour l’honneur de la cause révolu- « tionnaire.

« Ce sont de pareilles recrues qui ont altéré complètement le « caractère du parti appelé autrefois blanquiste, si bien que « ceux qui s’en disent aujourd’hui les représentants, n’ont plus « rien de commun que le titre avec le nom Vénéré qu’ils ne « rougissent pas de traîner dans la boue. »

Voici une autre lettre du général La Gécilia, constatant les mêmes faits :

« Newman Street, Oxford Street, W. Londres, le 13 septem- « bre 1875.

« Mon cher Cluseret, je viens de recevoir une lettre du citoyen Cournet, qui tout en me disant mon nom mêlé aux bruits qui courent sur son compte m’adjure de les démentir. J’ignore comment j’ai pu me trouver impliqué dans une affaire à laquelle j’aurais désiré rester complètement étranger. Toutefois, avec la franchise d’un républicain et d’un soldat, je dois dire, qu’il est parfaitement vrai, que j’ai eu pour le citoyen Cournet, non seulement une estime, mais une amitié sincère. Néanmoins après son départ de Londres mes sentiments à son égard ont dû changer : Le citoyen Karl Marx, 41, Maitland Park- Road, Shalk farm, (NW), m’a dit que le citoyen Cournet lui avait emprunté 10 livres sterling f250 fr.) puis avait rompu toutes relations avec lui en se gardant bien de lui rendre son argent.

« Le citoyen Levy, 54, Gray’s Inn Road, et le citoyen Guihery. son ex-associé, 24, Castle Street, Finsbury, E. G., m’ont

temps que Cournet, était aveugle et sourd, puisqu'il n’avait rien vu et rien entendu au sujet des faits d'improbité du sieur Cournet. Nous croyons plutôt qu’il ne voulait rien dire « en ayant bien vu d'autres », et ne s’émouvant pas pour si peu.

raconté comment au moment de l’échéance d’une traite de 8 livres (200 fr.) qu’ils avaient mise en circulation pour le compte dudit Cournet, non seulement la traite n’a pas été payée, mais encore ledit Cournet ne s’est pas même donné la peine de les prévenir de l’impossibilité où il était de faire honneur à sa signature, il leur a causé un surcroît de perte en les obligeant à payer les frais de protêt et n’a plus depuis donné de ses nouvelles Beaucoup de faits de cette nature m’ont été cités, mais ! les personnes qui me les ont articulés ne m’inspirent pas une entière confiance, je crois devoir n’en faire aucun cas.

« Cependant on admettra que les deux actes mentionnés cidessus sont un motif suffisant pour que j’aie dû modifier la haute opinion que j’avais conçue dudit Cournet.

« Vous ferez, mon cher Cluseret, de la présente l'usage que ! vous jugerez être le plus convenable.

« Tout à vous.

« Le général La Cécii.ia. »

Puis vient la copie d'une attestation de M. D. E. Guihery, négociant en Angleterre, 18, Barldey road London, W, constatant la banqueroute de Cournet sous un ! faux nom :

« Je soussigné certifie que M. Cournet, réfugié de la Commune de Paris a, sous le nom de Reid et C°, qui était alors sa raison sociale dans le commerce des denrées, souscrit un effet de livres 8 (environ 200 fr.), dont M. A. Lévy, 80, Gray’s Inn Road, à Londres, lui a remis les fonds sur la promesse formelle que M. Cournet payerait l’effet à l’échéance.

« Cette opération qui a été faite à la demande très pressante de M. Cournet, pour sauver disait-il son honneur commercial, a été consommée devant moi, qui était alors intéressé dans les affaires de A. Lévy, lequel A. Lévy m’avisa quelques mois plus j tard, que non seulement M. Cournet n’avait pas fait honneur à ! sa signature, mais encore qu’il l’avait laissé protester, augmeni tant ainsi de 25 fr. environ la somme à rembourser par A Lévy. J’atteste en outre que jamais M. Cournet n’a pris la peine de nous

a no

COMMENT A l'ERI

prévenir de son impossibilité de faire honneur à sa signature et que jamais aussi nous n’avons plus entendu parler de lui.

« Londres, le 16 septembre 1875.

« Guihery.

« N. B. — Cette affaire se passait dans l’été de 1873. »

Il résulte de tout cela que Cournel était comme nous l’avons déjà dit un vulgaire escroc, nous n’en aurions certainement pas parlé, s’il n’avait été que cela, car un simple filou est presque un honnête homme, si on le compare aux voleurs-incendiaires delà Bande des Trente- Trois mais nous avons déjà prouvé qu’il était un traître, et comme il faisait partie de cette dernière, et qu’il en était un des chefs les plus importants, nous ne pouvions pas le passer sous silence; car, ainsi qu’on l’a déjà vu, il était destiné par elle à devenir ministre de l’intérieur à la prochaine révolution, et Cluseret assure que ce futur ministre a revendiqué hautement et à plusieurs reprises toute solidarité avec cette Bande; il est donc juste de le faire connaître.

Voici maintenant encore une lettre du général La Cécilia et du citoyen B. Bocquet., un proscrit de 1851, professeur depuis cette époque au collège de l’université de Londres (University-Collége) , qui va nous montrer d > quoi étaient capables tous les misérables membres de la société des Trente-Trois ; nous citons textuellement cette pièce qui donne des détails très clairs et très précis sur une bien pernicieuse infamie dont plusieurs de ces coquins se sont rendus coupables : Voici ce que contient celte curieuse missive :

« Vers le mois de septembre 1874, dit le général La Cécilia, un groupe de réfugiés, appartenant presque en totalité à la coterie qui s’intitule : Groupe des Trente-Trois ou de la Commune-Révolutionnaire , me demanda si je voulais prêter mon

La commune

concours dans le but de fonder une École spécialement destinée aux enfants des proscrits de la Commune.

« Comme dès la première séance, il fut bien établi que l’école ne serait l’œuvre exclusive d'aucun parti, mais qu’elle serait fondée avec l’appui non seulement de tous les réfugiés sans distinction, mais encore de tous les républicains partisans de l'instruction laïque, je considérai l’entreprise comme éminemment utile et pratique. Je me mis aussitôt à l’œuvre avec ardeur.

« La création d’une école laïque répondait à un besoin sérieux. Les adhérents et les sou^criplions affluèrent, grâce surtout à l’influence de mon nom, qui, j’ose le dire était très respecté 1 .

« Celte influence me permit de nous assurer bientôt la coopération de plusieurs citoyens connus autant par leur parfaite honorabilité que par leur compétence en matière d’instruction et d’éducation.

« Parmi eux, je citerai en première ligne le citoyen Poncero', délégué par la Commune à l’instruction du IIP arrondissement.

L’école s’ouvnt; les membres du groupe des Trente-Trois proposèrent pour maître le citoyen Huguenot, prétendu bachelier ès lettres et prétendu professeur à Bourges.

« L’entreprise marchait, le nombre des élèves s'accroissait, lorsque le citoyen Bocquet, qui concourait à notre œuvre avec un dévouement inépuisable me fit observer qu’il s’était convaincu que le maître d’école n’était nullement à la hauteur de sa mission.

« Comme membre de la commission d’enseignement, nous avions le droit et le devoir d’examiner les élèves tous les trois mois et puisqu’une péiiode de cinq mois s’était déjà écoulée nous résolûmes de profiter des vacances de Pâques pour procédera une inspection et à un examen des plus consciencieux de l’Ecole.

« L'opération dura trois jours consécutifs, chaque élève fut interrogé par nous minutieusement, mais ponctuellement pendant trois quarts d’heure. Les résultats furent déplorables.

1 On voit que si le général La Cécilia était très obligeant, la modestie n’était pas sa vertu principale,

« L’école était tenue avec une malpropreté révoltante, le maître jurait et sacrait après les élèves et ne leur apprenait rien, absolument rien !

« Il dictait des morceaux de La Rochefoucauld à de pauvres enfants qui ne savaient pas distinguer un verbe d’un substantif, (ce n’était pas la faute de l’honorable professeur qui enseignait entre autres merveilles, que plusieurs faisait plusieurEs au féminin!), qui exécutaient mécaniquement quelques opérations d'arithmétique sans se rendre compte du pourquoi et qui, en géographie, ignoraient l’existence des points cardinaux, ne savaient pas distinguer sur une carte un fleuve d’une chaîne de montagnes, et dont les élèves ignoraient dans quel département se trouve Paris où ils étaient nés.

« Je ne m’arrête pas à l’administration le maître comptait chaque semaine 2 shillings 9 pences pour le chauffage, alors que la dépense en réalité n’était que de 1 shilling, etc...

« Naturellement notre rapport fut on ne peut plus défavorable et concluait à des réformes radicales dont la première était la destitution du citoyen Huguenot.

« Mais cela ne faisait pas le compte du groupe qui, en dépit de ses perturbations continuas (sic), voulait que l’école existât pour le maître et non pour les élèves. Profitant de la majorité qu’il y avait dans le conseil, il vota un vote de confiance pour Huguenot L

« Aussitôt mes amis et moi nous donnâmes notre démission ; le groupe espéra continuer à soutenir l’école à lui tout seul, mais il s’était trompé, une semaine après l’école était fermée.

« Entre temps le citoyen Mortier, nommé caissier à la place du citoyen Varlet, démissionnaire, avait découvert qu’il fallait payer le maître d’école (son intime), avant le propriétaire du local, ainsi et quoique avant de nous retirer, nous eussions remis les fonds nécessaires au paiement du loyer aussi bien que du maître, jusqu’au moment de notre retraite, les membres du groupe restaient-ils débiteurs de vingt et une semaines de loyer envers le propriétaire.

1 Nous copions textuellement, avec les fautes de français des inspecteurs de l'Ecole.

La com. ml né

« Pur un sentiment que l’on comprendra, le citoyen Booquet et moi nous payâmes cette dette. Et que [sic] le citoyen Varlet, indigné de la malhonnêteté de ces procédés, avait pris fait et cause pour nous, il fut chassé du groupe pour avoir osé blâmer un de ses frères en présence des bourgeois.

« (Les bourgeois étaient Bocquet et moi, s'il vous plaît !

« Londres, le 26 septembre 1873.

« Général La Cécilia. — B. Bocquet. »

Voici maintenant, au sujet de la bande des Trente- Trois, l’opinion de Ranvier, un ex-membre du Comité central et du Comité de salut public, qui ne reculait pas devant les moyens violents et les mesures extrêmes, qui a été longtemps leur ami et leur collègue à Paris et à l’étranger, qui les a beaucoup fréquentés et qui les connaissait à fond. Voici ce qu’il a écrit à leur sujet, dans une lettre qu’il a adressée au général Cluseret ; nous la transcrivons tout entière à cause de son importance et parce qu’elle fera connaît 1 u II exactement ces misérables en général, et quelques-uns d’entre eux plus particulièrement.

« Saint-John, Street Boad, E. C. Dondou.

« 16 septembre 1875.

« Mon cher Cluseret,

« .le réponds aujourd’hui à votre lettre du 9 du présent mois avec toute la sincérité possible, sur ce que vous me demandez au sujet des héros du manifeste des trente-trois, et sur leurs agissements à Londres.

« Dire toutes leurs turpitudes et leur manière de faire, ce serait entrer dans des détails trop oiseux ; il faudrait pour cela se donner la peine de parler de la constitution de leur futur gouvernement, dont ils sont tous les ministres, et ou il faudrait au moins rétablir la eonélablie pour l'illustre général Eudes, que vous avez comme moi vu à l'œuvre. Le ridicule est si grand que le discuter serait paraître y croire.

« Aussi écœurants sont les jugements prononcés d’une façon sententieuse contre tous ceux qui ne sont pas des leurs ; on condamne les gens à la peine de mort et on règle l’ordre de leur exécution. La plupart d’entre les membres de la société des Trente-Trois, n’entendent en fait de révolution que de se substituer au gouvernement qu’ils veulent démolir, c’est-à-dire la conquête du pouvoir, afin de puiser un peu dans toutes les poches, en négligeant la Révolution dans ses principes pour parader dans les vêtements des anciens valets de l’Empire, comme vous en avez été témoin vous-même à la Guerre, où Mme la générale Eudes se vautrait dans les robes de Mme Le Flô, et le général lui-même dans les fourrures de son chef d’état-major et dans l’uniforme de Gallifet. De plus ici se trouve Ferdinand Camille qui, jeune encore, n’a pas cru devoir désobéir, lorsqu’on l’a chargé de traîner dans les voitures en retraite l’argent volé par Eudes. Il sait même que les médailles trouvées chez Caria ont été envoyées chez ce dernier sans même qu’il eût été consulté par Eudes et Gois L

« Tous ces gens après avoir mené ici une vie d’orgie en commençant, voudraient s’excuser en affichant un peu de misère; après avoir insulté celle des malheureux qui, plus infortunés qu'eux, arrivaient en Angleterre. Ils affectaient le plus grand mépris pour ceux-là qui n’avaient d’autre titre que celui de soldat ayant accompli son devoir.

« Une société fondée dès l’arrivée des premiers proscrits, .. avait fonctionné jusqu’à leur entrée dans ladite société (dans laquelle ils s’incorporèrent pour la détruire); et quand on demande des comptes à la commission qu'ils avaient trouvé moyen de faire choisir parmi les leurs, il fut répondu par la phrase suivante : « On demande des comptes à ses ennemis et non à ses amis. » Et pourtant il a été prouvé que la gestion avait été à son profit, que Ledrux s’était accordé trop pour que sa gestion

i On voit par ce que déclare Ranvicr que ce n'était pas le père Caria qui avait volé et fait transporter les médailles de la Lésion d’honneur chez lui, puisqu’il ignor .it tout cela, le vol et le trans- j port des médailles, et que c'étaient Eudes et Gois qui les avaient envoyées chez lui.

ne fut pas taxée d’escroquerie; pour ma part, j’ai vu les livres; des sommes remises par moi, en faveur des proscrits, n’y ont jamais été inscrites; il a d’ailleurs vécu depuis de moyens aussi honorables.

« Un autre voleur, dont toutes les preuves peuvent être produites, le sieur Viard, accusé de vol pendant sa gestion au Commerce, a été défendu de cette façon : « Ne laissons attaquer personne de notre groupe; il faut que chaque fois que l’un de nous sera l’objet d’une attaque quelconque, nous soyons tous comme un seul homme, tous, pour le défendre. »

«c Un autre chargé de remettre le produit d’une collecte à un ami malheureux, n’en a donné qu’une partie et a gardé le reste. Un autre, le sieur Mortier, a été forcé de se sauver de Londres à cause d’une accusation d 'escroquerie faite contre lui. Richard, Maréchal et moi sommes aussi de ses victimes. Ces gens vivaient dans l’orgie, aux dépens de ceux qu’ils trompaient, fréquentant les maquereaux qu’ils pouvaient rencontrer.

« Un autre encore, porteur de pain, pour un réfugié de 1871, homme honnête et bon s’il en fût, touchait les factures disant que les clients n’avaient pas payé; et il a fini par se sauver en Belgique, où il est en ce moment.

« Ils ont voulu, à l’aide de souscriptions, monter une école ; La Cécilia pourrait vous en dire long là-dessus. Un fanatique des leurs, mais plus honnête, a voulu accuser des membres du groupe, il fut chassé par eux, et un homme auquel je supposais plus d’intelligence a osé prononcer ces paroles : « Ici nous nous contentons de vous chasser de parmi nous, mais souvenez-vous que si au lieu d’être en Angleterre nous étions en France, ce n’est point votre expulsion qui aurait lieu, mais bien votre exécution immédiate. » Celui qui a prononcé cela, c’est Vaillant.

« On pourrait les passer tous en revue à peu de chose près ; du reste, ils sont bien connus, peu cherchent à travailler, il serait difficile de dire comment ils vivent; la plupart à coup sûr de faisage.

« Pour Cournet, qui était de ceux que j’ai toujours considéré comme un dévoyé parmi eux, et que j’estimais plus aussi, j’ai su de source certaine qu'il avait reçu plusieurs souscriptions

faites par la gauche versaillaise, ignorait-il la provenance exacte, il ne tenait qu’à lui de me le dire,- ce qu’il n’a pas fait, et pourtant, je le crois un des meilleurs de cette bande , que je considère, par son impuissance, comme négative ; mais jetant sur la proscription en général une grande déconsidération.

« Je n’ai pas parlé de Gois, il est des choses si malpropres qu’il vaut mieux les taire.

« Si parmi eux se trouvaient quelques honnêtes garçons, ce sont des imbéciles, auxquels les autres promettent de fortes récompenses s’ils parviennent à tuer quelques individus à qui ils en veulent de ne point vouloir marcher avec eux.

« Beaucoup vous en diront plus, et n’importe tous ici les méprisent, sauf quelques rares individus qui en connaissaient précédemment quelques-uns et qui n’osent pas faire autrement que de leur parler.

« Croyez que je n’exagère pas un fait et que je passe le plus grand nombre.

« Fraternellement à vous.

« Ranvier. »

Nous avons reproduit cette lettre curieuse, si explicative et si positive, avec toutes ses fautes de français, afin de lui laisser toute sa saveur et sa valeur.

Elle prouve d’une manière incontestable que cette société des Trente-Trois , dont MM. Eudes, Vaillant, Cournet, Granger et Gois, étaient les principaux chefs, était une véritable bande de brigands dressés de longue main par eux au vol, au pillage et à l’assassinat, avec toutes les conditions aggravantes de préméditation, de persistance et de récidive.

Elle nous affirme avec des preuves et des faits à l’appui, que M. et Mme Eudes et leurs complices n’étaient que de vulgaires voleurs, décrochant les montres, les pendules, les galons, le linge, la vaisselle, forçant les meubles, faisant main-basse sur les caisses publiques et privées, et que les deux premiers poussaient le cynisme et la vanité jus-

qu’à se costumer avec les défroques de leurs victimes, dans lesquelles ils se drapaient et se pavanaient orgueilleusement, passant leur existence de malfaiteurs de la pire espèce dans l’orgie et la débauche, pendant que les honnêtes proscrits, qui n’avaient rien volé étaient l’objet de leur mépris, plongés dans la plus affreuse misère et mouraient de faim.

Ranvier nous apprend encore que cette société infâme professait les doctrines les plus abominables, que tous les membres se déclaraient solidaires dans le crime, et qu’ils étaient prêts à punir des châtiments les plus terribles tous ceux qui oseraient les attaquer ou divulguer leurs forfaits.

Le plus instruit de tous, le mieux élevé, Vaillant, un lettré, docteur en droit, en médecine, ingénieur, etc., et qui, dévoré d’une ambition inextinguible, élève les plus hautes prétentions au pouvoir, non seulement ne permet pas les attaques, mais encore ne tolère pas que la moindre critique soit adressée aux membres de la société des Trente-Trois.

L’un d’eux, le citoyen Varlet, s’étant permis une observation à propos de la dilapidation et du vol d’un fonds de 400 livres sterling, environ 40,000 francs, qui avait servi à fonder une école laïque pour les enfants des proscrits à Londres, M. Vaillant le fît chasser en lui disant que s'ils étaient en France il le ferait fusiller sommairement. Ne pouvant mettre leurs menaces à exécution en Angleterre, ces bandits passaient leur temps dans des conciliabules secrets, aussi odieux que ridicules, dans lesquels ils rendaient des sentences de mort contre tous les proscrits honnêtes, lesquels étaient par ce seul fait pour eux des gens dangereux, et ces scélérats ont encore aujourd’hui, conservé l’espoir d’exécuter leurs sentences draconiennes lors du premier mouvement populaire qui se produira à

Paris, et si jamais ils triomphaient, ceux qu’ils ont ainsi condamnés secrètement seraient sûrs d’être massacrés, s’ils ne se sauvaient pas à temps.

M. Florimond Vaillant est bien le plus étrange et le plus extraordinairement déclassé des membres de la société des Trente-Trois voleurs. Il a fait écrire lui-même dans la Liberté de Bruxelles, qu’il était un fils de famille, un savant, un docteur, un ingénieur distingué, qu’il cherchait sa voie, et qu’il s’était fourvoyé en entrant à la Commune; le malheureux s’est bien encore fourvoyé davantage quand il est enlré dans les Trente-Trois, car il n’avait pas besoin comme ses nobles amis Eudes, Gois, Goullé, Cournet, etc., de faire partie d’une bande de voleurs et d’assassins pour vivre, puisqu’il avait des renies. Mais il est dévoré par une ambition ‘féroce et il n’a pas trouvé d’autre moyen de la satisfaire, que de se jeter dans la conspiration blanquiste et de devenir le collègue des bons sujets qui en font partie. Mais M. Vaillant qui affecte un très grand dévouement à la cause du peuple et de la Révolution sociale la plus avancée, la plus radicale, n’a pas toujours professé de pareilles idées et, dans tous les cas, il est bien loin de les avoir mises en pratique.

M. Vaillant ne vient certainement pas de naître. Eh bien, qu’a-t-il donc fait pour la République et pour la Révolution, depuis trente ou quarante ans qu’il a l’âge d’homme? Sous l’Empire, pendant les dix dernières années de sa durée, il était prudemment allé habiter l’Allemagne, à Heidelberg, à Tubingen et à Vienne. Au lieu de rester en France, pour combattre avec les républicains contre l’Empire, il est allé bien tranquillement de l’autre côté du Rhin, et il s’est fait recevoir Docteur allemand. Avant, pendant et après la bataille de Sadova, il a résidé bien tranquillement chez nos ennemis, il n’a pas même compris ce bon Français, cet excellent patriote, ce qui se

passait pourtant sous ses yeux, il n’a pas vu que l’Allemagne se préparait à nous combattre, qu’elle s’organisait et s’armaitcontre nous, pour nous ruiner et nous démembrer. Il ne lui était pourtant pas difficile de s’en apercevoir, il lui eut suffit pour cela de lire les journaux allemands puisqu’il connaissait la langue de sa nouvelle patrie d’adoption; s’il eut le moindre amour pour la France, le moindre souci de sa sécurité, il se- serait empressé de la prévenir, en envoyant des correspondances aux journaux de Paris ou de la province, pour l’avertir de l’orage qui s’amoncelait contre elle. Mais M. le Docteur allemand n’en a rien fait. Voilà comment il a fait preuve de patriotisme.

Voyons maintenant comment s’est conduit le fameux prétendu républicain socialiste-révolutionnaire.

Il y avait alors comme aujourd’hui, en Allemagne, beaucoup de citoyens professant cette opinion, il pouvait se lier avec eux, les fréquenter et lorsqu’il a appris la formation, en France, de Y Association Internationale des Travailleurs , il pouvait fonder avec leur concours des branches de cette association en Allemagne.

Eh bien, il n’en a rien fait, il était alors uniquement occupé de l’étude de la rêveuse et nébuleuse philosophie de Hegel. Ce n’est que plus tard, après la déclaration de guerre, quand il fut forcé de quitter l’Allemagne, après nos premiers revers, qu’il se réveilla de sa léthargie germanique, et qu'il commença à comprendre les dangers terribles auxquels la France se trouvait exposée ; pendant le siègede Paris fait, par ses bons amis les Allemands, il ne se fil remarquer ni par son patriotisme, ni par son républicanisme, il ne se distingua ni dans les rangs de la garde nationale, ni dans les clubs, ni sur la place publique. On ne le voit pas au 4 septembre combattre pour le renversement de l’Empire, ni au 31 octobre pour la continuation

de la guerre et pour la Commune , ni le 22 janvier pour s’opposer à une capitulation honteuse et ruineuse, ni le 18 mars pour défendre et sauver la France et la République de la conspiration monarchique, qui se disposait à restaurer la royauté, si elle eut réussi dans son entreprise faite à Montmartre, pour reprendre les canons à la garde nationale et pour désarmer celle-ci. Non, tant qu’il y a le moindre danger on ne voit M. Vaillant nulle part. Ce n’est que quand celui-ci est passé, quand le peuple est victorieux et qu’il n’y a plus rien à craindre, que ce monsieur sort de sa prudente retraite et vient prendre part à la curée.

Dès le 19 mars il intrigue et sollicite auprès du Comité

central de la garde nationale, et il parvient à se faire

nommer délésrué au ministère de l’intérieur le 25 mars '

1871, et à se faire élire membre de la Commune de Paris le 28 du même mois ; puis membre de la première commission exécutive le 30 mars, et de la -seconde le 27 avril suivant; il avait en outre été délégué à l’enseignement depuis le 21 du même mois de mars; eh bien, pendant toute la longue période de plus d’un mois, pendant laquelle il a été au pouvoir, il n’a absolument rien fait, ainsi que nous le prouverons bientôt; mais aussitôt qu’il n’a plus rien été, qu’il n’a plus rien pu faire et qu’il n’eut rien à craindre, quand il a été impuissant et en sécurité à Londres, après la destruction de la Commune , il a préconisé les mesures les plus violentes et affiché les opinions les plus extrêmes, afin de se populariser et de préparer plus tard sa venue une seconde fois au pouvoir et satisfaire sa monomanie. M. Vaillant est un fils de bourgeois et bourgeois lui-même, et de la pire espèce ; il a encore à l’heure qu’il est une fabrique de poterie à Vierzon, dans laquelle il exploite à outrance de malheureux ouvriers. Ce singulier révolutionnaire par son éducation, par sa

position et par sa naissance fait partie de la classe des exploiteurs réactionnaires, et nous ne comprenons pas pourquoi il s’est jeté dans les partis extrêmes, pourquoi il s’est enrôlé dans la bande des Trente-Trois, nous ne pouvons nous l’expliquer que par son ambition démesurée, qu’il cherche à satisfaire, sinon par la réalité, au moins par l’apparence et par l’espoir qu’il a d’arriver un jour à la possession du pouvoir, et, en attendant la réalisation de son espérance, il se contente d’être en perspective ministre de l’instruction publique in partibus infidelium de la prochaine révolution.

Mais il doit être bien mal à l’aise ce faux-révolutionnaire, quand il lui faut hurler avec les loups enragés, sous peine d’être dévoré par eux, comme il l'a fait lors de la publication du fameux manifeste des Trente-Trois .

Et cela a dû lui paraître un peu dur de s’écrier pour la première fois :

« Nous sommes athées, parce que l’homme ne sera jamais libre tant qu’il n’aura pas chassé Dieu de son intelligence et de sa raison.

« Expulser Dieu du domaine de la conscience, l'expulser de la société, est la loi pour l’homme s’il veut arriver à la science, s’il veut réaliser le but de la Révolution.

« Il faut nier Dieu, cette erreur génératrice de toutes les autres, car c’èst par elle que depuis des siècles l’homme est courbé, enchaîné, spolié, martyrisé.

« Que la Commune débarrasse à jamais l’humanité de Dieu, ce spectre de ses misères passées ; celte cause de ses misères présentes .

« Dans la Commune il n’y a pas de place pour le prêtre ; toute manifestation, toute organisation religieuse doit être proscrite.

« Nous sommes Communistes parce que nous voulons que la terre, que les richesses naturelles ne soient plus appropriées par quelques-uns, mais qu’elles appartiennent à la commu—

eu;

nautè ; parce que nous voulons que, libres de toute oppression, maîtres enfin de tous les instruments de production : terre, fabriques, etc., les travailleurs fassent du monde un lieu de bienêtre et non plus de misère...

« Nous sommes Communistes , parce que nous voulons arriver à ce but sans nous arrêter aux moyens termes qui, ajournant la victoire, sont un prolongement de l'esclavage.

« Nous sommes Communistes, parce que le Communisme est la négation la plus radicale de la société que nous voulons renverser, l’affirmation la plus nette de la société que nous voulons fonder...

« Nous sommes révolutionnaires , parce que pour réaliser le but de la Révolution nous voulons renverser par la force la société , qui ne se maintient que par la force.

« Nous sommes révolutionnaires , parce que nous voulons établir la dictature du prolétariat et la maintenir jusqu’à ce que le monde soit affranchi.

« Nous sommes révolutionnaires , parce que nous avons reçu la charge de la mémoire et de la vengeance de nos frères assassinés par la bourgeoisie. La Révolution pour nous c’est aussi la Revanche.

« Nous sommes révolutionnaires parce que nous sommes pour le monde nouveau contre l’ancien, pour le monde de la République , de la Commune , du socialisme le plus radical , le plus avancé , contre le monde réactionnaire, bourgeois, des royalistes des légitimistes, des orléanistes, des bonapartistes, des conservateurs prétendus républicains ou radicaux, et même des communalistes.

« Nous sommes révolutionnaires , et à ce titre nous revendiquons notre part de responsabilité dans l’exécution des otages, depuis celle de ClémeDt Thomas et de Lecomte, jusqu’à celle des dominicains d’Arcueil, de Chaudey, de Bonjean, de Darboy, des gendarmes, des prêtres et des agents secrets de la rue Haxo.

« Nous sommes révolutionnaires et nous revendiquons notre part de responsabilité dans ces incendies qui détruisaient des instruments d’oppression monarchique ou bourgeoise. »

Voilà le résumé du manifeste politique des Trente- Trois. , au bas duquel M. Vaillant a mis sa signature et dont il a juré de faire triompher les idées par la force, ce farouche révolutionnaire, ce communiste implacable , cet athée endurci, ce matérialiste convaincu, qui veut tout mettre à sac, à feu et à sang, qui veut à la fois supprimer Dieu , détruire la propriété et la société, a été comme nous l'avons dit, pendant plus d’un mois au pouvoir sous la Commune , il a eu dans les mains, à sa disposition, tout ce qu’il lui fallait pour réaliser son rêve : 300,000 gardes nationaux armés; 2,000 canons, les forts, l’enceinte fortifiée, tous les établissements publics, tout le matériel, toutes les richesses de Paris, la Banque de France, les Crédits fonciers, mobiliers, etc..., toutes les banques, tous les établissements de crédit de la capitale de la France.

Il a eu comme on le voit tous le temps, tous les moyens, toutes les forces nécessaires pour réaliser ses projets révolutionnaires, ses doctrines athées, ses principes communistes et matérialistes, qu’il a depuis proclamés si haut dans le manifeste des Trente-Trois qu’il a signé.

Pourquoi ne les a-t-il donc pas appliqués quand il était au pouvoir? Pourquoi lorsqu'il était délégué au ministère de l’intérieur du 25 mars au 1er avril 1871, n’a-t-il donc rien fait? Pourquoi lui, qui veut « détruire la propriété individuelle, chasser le riche de sa maison et des institutions où il tient garnison, » n'a-t-il rien fait de cela ? Pourquoi non seulement ne s’est-il pas emparé des maisons des riches, des banques, des institutions de crédit, mais encore pourquoi n’a-t-il pas même empêché la Banque de France d’envoyer de l’argent au gouvernement de Versailles, pendant qu’il était ministre de l’intérieur, et ensuite quand il était membre des deux commissions exécutives?

Ce fameux révolutionnaire est aussi responsable, étant alors membre de la première commission exécutivej des massacres des 2 et 3 avril de plus d’un millier de fédérés, qui ont eu lieu pendant ces deux jours, à la suite des sorties faites sur les ordres de son ami Eudes, malgré la défense expresse de la Commission exécutive, dont M. Vaillant faisait partie. Lorsqu’il était ministre de l’instruction publique ce farouche athée, qui voulait extirper l’idée de Dieu de la conscience, ne sut même pas abolir dans tout Paris l’enseignement primaire congréganiste et religieux qui était donné par les sœurs. En un mot il ne sut mettre en pratique aucunes des terribles menaces dont il faisait un étalage effrayant dans ses programmes et ses manifestes. Il ne sut que faire danser les rats de l’Opéra ; les beaux-arts étant dans ses attributions., il en profita pour organiser des ballets, et passer en revue les jambes, les maillots et les dessous des danseuses et des figurantes ; voilà à peu près à quoi s’est réduite son œuvre d’athée, de communiste et de révolutionnaire. 11 ne s’est jamais battu, on ne l’a vu derrière aucune barricade, il n’a été d’aucune utilité pendant la terrible lutte de la dernière semaine de mai, et il a assisté impassible, caché dans une chambre de la rue Haxo, au massacre des prétendus otages, tremblant dans sa peau et la main aux oreilles. Une fois en sûreté à Londres toute son ardeur révolutionnaire lui est revenue. Ce monsieur qui pendant la Commune nous disait qu’il cherchait s'a voie, qu’il n’était ni pour la majorité ni pour la minorité ; cet intrigant, qui nageait comme l’on dit vulgairement entre deux eaux, a complètement remonté à leur surface depuis qu’il a traversé la Manche, et lorsqu’il a été à Londres, il a comme saint Paul trouvé son chemin de Damas, et il est allé tout droit s’enrôler dans la société des Trente-Trois- Voleurs , il s’est jeté dans les bras de son cher

Ali-Baba, el ils se sont mis à travailler ensemble à ce qu'ils appellent, dans leur style défiguré, l’œuvre de l'expropriation sociale et qui serait bien mieux nommée celle de Y appropriation particulière du bien d’autrui et du domaine social. Mais, comme à Londres, il n’y avait pas le moindre palais, ni un seul hôtel privé sur lesquels ils eussent pu impunément mettre la main, ils se contentèrent d’envoyer cherchera Paris le butin et l’argent qu’ils avaient cachés et laissé dans leurs nombreux dépôts, et ils déléguèrent MM. Granger et Léonard à Paris dans cette louable intention.

A la société des Trente-Trois on se préoccupa surtout de l’organisation du futur gouvernement de la prochaine révolution, dans lequel le nouveau néophyte Vaillant, devait avoir, comme nous l’avons vu, le portefeuille de l’instruction publique en récompense de son dévouement.

Aussi depuis celte époque, il a travaillé avec le plus grand zèle au succès de son entreprise d'appropriation sociale. Il a été comme nous l’avons dit, un des pères du fameux manifeste qui a soulevé de si vives récriminations de la part des citoyens Levrault, Ranvier, La Cécilia, Theisz, Longuet, etc., qui l’accusent de préconiser le vol, le pillage, l’incendie et l’assassinat comme moyens et but de la révolution. C’est encore lui Vaillant qui a inventé ces belles doctrines : « Nous sommes tous solidaires de nos crimes. « — Si on attaque l’un de nous, « on nous attaque tous. — Nous devons tous nous y « opposer comme un seul homme et protester avec force. « — Un pour tous et tous pour un. — On ne doit pas « demander des comptes à ses amis, mais à ses ennemis. « — Nous devons tous crier au voleur afin de cacher « notre-jeu et de pouvoir nous sauver, et à la trahison afin « de dissimuler la nôtre, etc., etc... »

Depuis l’amnistie de 1880, qui lui a permis de rentrer

en France, il a continué d’être un des membres les plus zélés de la respectable société dont Ali-Baba Eudes était le grand chef, il est devenu le premier lieutenant de ce dernier et il était même parvenu, pendant un certain temps, à supplanter le fameux Granger, qui avait fait de si grands sacrifices pour leur société, et qui avait souvent exposé sa liberté, sa fortune et sa vie pour le succès de cette dernière.

Le dévouement absolu de M. Vaillant aux Trente-Trois lui a valu d’être choisi en 1886, en qualité de candidat aux élections municipales du quartier du Père-Lachaise, dans le XXe arrondissement et d’être élu, grâce à l’appui des frères et amis. Comme ces derniers n’ont pas tardé à tourner au Boulangisme dans l’espoir de pouvoir pêcher dans ses eaux troubles et de récolter un nouveau butin dans le naufrage de la République ; M. Vaillant a suivi le courant. Pour le récompenser, Rochefort lui a acheté le Cri du Peuple , puis après il l’a aidé a fonder L'Homme Libre, en collaboration avec ses collègues des Trente-Trois , Granger, Place, Goullé, Breuillé, etc. Mais nous devons dire que M. Vaillant, très habile et très retord, a seulement dans ses articles attaqué la République sous le nom de parlementarisme, il l’a minée sourdement au profit du général Boulanger, il s’est bien gardé de lui faire directement la guerre ; mais il s’est contenté de se faire l’allié secret ou indirect du général, tout en le servant fidèlement, quoiqu’il sut parfaitement que ce dernier était un des plus sinistres héros de la Semaine Sanglante et l’un des assassins de ses amis Rigault, Duval, Toni Moilin, etc., et de milliers d’autres défenseurs de la Commune , dont lui Vaillant était un des chefs les plus en évidence. M. Vaillant était ce que l’on nomme un Boulangiste honteux, à la solde de M. Rochefort. Mais il s’est toujours tenu sur une certaine réserve, ;

cherchant sa voie boulangiste comme il avait cherché sa voie blanquiste et celle de la Commune. L’insuccès du Boulangisme, aux dernières élections, lui a seul empêché de passer ouvertement à ce dernier, lui a fait faire scission avec certains des membres de la société des Trente-Trois et l’a obligé à se séparer d’eux, du moins en apparence, et aujourd’hui ses anciens complices, Rochefort, Granger, Place, Breuillé, etc., sont très mal avec lui, mais tous ces tristes personnages sont trop bien faits pour s’entendre comme larrons en foire, tôt ou tard ils redeviendront bons amis.

Ainsi, M. Vaillant mérite à plus d’un titre les déshonorantes et vertes flétrissures que ses anciens collègues, Ranvier, Cluseret, La Gécilia, Theisz et Longuet, membres comme lui de la Commune lui ont infligées ainsi qu’à la bande de scélérats, à juste titre surnommée la société des Trente -Trois- Voleur s , dont il faisait partie. Mais afin de faire encore mieux connaître ce jésuitique et dangereux personnage, dont l’audace côteleuse égale la perfidie, nous allons encore citer le résumé d’une séance du Conseil municipal de Paris, du 13 décembre 1888, dans laquelle il s’est montré tel qu’il est en réalité.

M. Paulard, conseiller municipal, avait fait ce jour-là, en son nom et au nom de ses collègues : Faillet, Simon, Soëns, Paul Brousse, Chabert, Dumay, Joffrin, Réties, Lavy, une proposition ayant pour objet la demande d’une concession perpétuelle dans le cimetière de l’Est, en faveur du citoyen Henry Fortuné, ancien membre de la Commune de Paris.

En déposant cette demande, M. Paulard dit :

« Qu’une proposition analogue avait été l’année dernière soumise au Conseil et que, pour des raisons qu’il ne connaissait pas, elle ne fut pas accueillie.

« Qu’il venait insister aujourd'hui en faveur d’un homme, qui a été un modeste, mais également un républicain sincère, digne en tous les points de l’hommage qu’on nous demande de lui rendre. »

Lors du dépôt de cetle demande, M. Chassaing, aussi conseiller municipal, sans qu’un seul mot de son collègue Paulard l’ait provoqué, jugea à propos de soulever l’incident suivant, en disant:

« La proposition de M. Paulard ne me paraît pas complète, il eut dû ajouter : « La concession précédemment accordée au « citoyen Eudes est retirée. »

« M. Paulard. — Je n’ai pas parlé d’Eudes.

« M. Chassaing. — C’est précisément parce que vous n’en avez pas parlé que j’en parle.

« M. Paulard. — Dites ce que vous pensez; mais ne me faites pas dire ce que je ne dis pas.

« M. Chassaing. — Le sentiment qui a inspiré la proposition soumise au Conseil est facile à déterminer. On ne tient pas autant à faire accorder une concession à Mme Henry, qu’à faire retirer celle qui fut donnée à Eudes. Voilà à quoi veulent arriver les possibilistes.

« M. Paulard. — Où avez-vous vu cela? Je vous défends de parler ainsi.

« M. Chassaing. — Je vais vous le dire... Au début de cette séance, mon collègue M. Joffrin, m’a dit : « Vous avez fait voter « une concession à Eudes, qui ne la méritait pas, et vous avez « fait refuser une concession à Mme veuve Henry ; je vais vous « questionner à ce sujet. »

« Vous voyez donc. Messieurs, qu’il s’agit parfaitement d’amener le rapporteur de ces deux affaires à la tribune et de revenir ainsi indirectement sur l’affaire de la concession Eudes.

« M. Lavy. — Nous avons l’habitude d’agir toujours franchement.

« M. Chassaing. — C’est justement parce que je veux que l’affaire se présente franchement que j’ai parlé de la concession Eudes.

« Le 30 décembre 1887, sur mon rapport présenté au nom de la 2me commission, le Conseil municipal votait l’ordre du jour sur la pétition de Mme veuve Fortuné-Henry, réclamant une concession, pour la sépulture de son mari, mort en 1882. Depuis le conseil municipal s’est prononcé en faveur d’une demande analogue faite pour la sépulture de l'ex-général Eudes.

« On me dit : pourquoi donc deux poids et deux mesures?

« Messieurs, c’est que votre 2me commission a jugé que les circonstances n’étaient pas les mêmes. Si votre 2me commission a cru devoir accorder la première et refuser la seconde, c’est je le répète, qu’elle estimait que les circonstances ou les faits n’étaient pas identiquement les mêmes. ( Bruit prolongé.)

« M. Hervieux. — Tous deux ont rendu les mêmes services.

« M. Ciiassaing. — Dans tous les cas, le général Eudes venait de mourir. Se basant sur ce fait indéniable qu’Eudes avait été le représentant de Paris et que, quelles que soient les défaillances que lui reprochent les possibilités, défaillances qui sont loin d'être prouvées...

« M. Vaillant. — Il n’y a qu’un agent de police qui puisse accuser Eudes. [Bruit).

« M. Joi frin. — Je ne pense pas que vous me considériez comme étant de la police.. .

« M. Crassaing. — Je vais indiquer au conseil pour quelles raisons la concession demandée par Mm* Henry a été refusée.

« S’il ne s’agissait que d’une concession à accorder à Henry, le groupe possibiliste n’aurait pas attendu jusqu’à aujourd’hui pour déposer sa proposition, alors qu’on ne sait même pas où son corps se trouve...

« Il y avait cinq ans que Henry était inhumé... La 2me commission a considéré qu’il n’y avait pas lieu après un si long temps de rendre un hommage qui doit toujours être actuel.

« M. Hervieux. — M. Chassaing ne nous donne pas le vrai motif de la décision de la commission.

« M. Ciiassaing. — Si cet argument n’a que peu de valeur à l’égard des possibilistes il en a beaucoup pour nous.

M. Joffrin. — Le Conseil comprendra parfaitement que nous

laissions ici de côté tout ce qui est personnel à Eudes. Je ne répondrai pas non plus à MM. Vaillant et Chauvière, nous accusant d’être des policiers. Ceux qui nous connaissent savent que nous avons rapporté d’exil des certificats de présence dans les ateliers étrangers, pendant huit ans et trois mois. Ils savent que nous sommes rentrés dans les ateliers parisiens avant et après avoir fait partie de ce Conseil. Ils ne nous feront donc pas l’injure de nous forcer à soulever un débat que nous acceptons de voir porter devant un jury d’honneur.

« Je défie nos accusateurs de prouver devant ce jury que nous sommes des calomniateurs.

« M. Vaillant. — Vous êtes des colomniateurs. [Tumulte.) »

M. Joffrin répond en faisant allusion à l’affaire du vol des médailles de la Légion d’Idonneurque nous avons racontée.

Lors de cette discussion du Conseil municipal, les amis de M. Eudes trouvant sans doute que le crime infâme de ce dernier, qui avait fait condamner deux innocents, le père et la mère Caria à sa place, n’était pas encore assez grand, sont encore venus les calomnier lâchement en leur absence devant le Conseil municipal, sachant bien qu’ils ne pouvaient pas leur répondre, et MM. Alphonse Humbert et Chauvière n’ont pas craint de venir en aide à M. Vaillant pour l’aider dans sa honteuse besogne d’infâme et lâche calomniateur.

M. Joffrin a répondu à ce dernier :

« Je vous appelle devant un jury d’honneur, venez si vous l'osez Enfin nous n’avons pas à parler de cela ici et je réponds à M. Chassaing...

« Comment se fait-il que vous ayez accordé une concession à Eudes parce que, dites-vous, il y avait un précédent et que vous l'ayez refusée à Henry pour ne pas créer de précédent? Vous avouerez que cette attitude est étrange.

« Certes, vous aviez le droit de repousser les deux demandes

de concession, mais le droit que vous n’aviez pas, c’est de refuser l’une de ces concessions sous prétexte que l’on ne veut pas créer de précédent quand il y en avait un, et d’accorder l’autre en prétextant de l’existence d'un précédent qui, vérification faite, n’existait pas?

« Nous le répétons, nous ne voulons pas créer ici de débat sur la personnalité d’Eudes, nous nous bornerons à déclarer encore que, s’il le faut, nous sommes prêts à nous expliquer devant un jury d’honneur, et alors nous verrons.

« M. Vaillant. — Messieurs, les calomnies contre Eudes ne trouvent, je le constate ici formellement, personne qui ose en prendre la responsabilité1. Et je pouvais, avec raison, dire il y a un instant, quand M. Chassaing, en les repoussant y faisait allusion, qu’il fallait être un agent de police pour s’en rendre coupable. »

M. Vaillant savait cependant bien que M. Joffrin et ses collègues du parti ouvrier, et plus particulièrement M. Paulard, avaient pris la responsabilité de prouver devant un jury d’honneur les vols et les pillages commis par M. Eudes, pourquoi, si ces accusations étaient fausses, M. Vaillant et tous les amis de M. Eudes n’acceptaientils pas la juridiction convenable qui leur était proposée?

Ce n’est certainement pas parce que leur camarade Eudes était innocent, mais bien parce qu’ils le savaient coupable et parce qu’ils redoutaient la production des pièces et des témoins prouvant sa culpabilité. Dans tous les cas, l’accusation qu’il lance indirectement contre M. Joffrin et ses collègues du parti ouvrier et consedlers municipaux, d etre des agents de police, est trop absurde pour qu’on s’y arrête. Mais M. Vaillant est coutumier du

1 Cette déclaration est fausse puisque M. JofTrin vient de dire que lui et ses amis ne sont pas des calomniateurs en accusant Eudes, et qu’ils demandent à fournir les preuves de leurs accusations devant un jury d’honneur,

fait, dès qu'on l’attaque, lui ou les siens, il répond en accusant ses adversaires d’appartenir à la police.

C’est chez lui une vieille tactique de calomniateur invétéré qui lui a souvent réussi, qu’il a apprise dans la bande des Trente-Trois dont il était un des chefs, et dont il ne se départira jamais. Aussi revenant sans cesse sur ses accusations relatives à la police, il dit encore :

« Ces calomnies odieuses nous les avons flétries et nous les flétrirons chaque fois qu’une critique ou qu’une manœuvre de police les reproduiront...

« Et ceux qui après tant d'années viennent les ramasser dans les bas-fonds de la police méritent, quels qu’ils soient, l’appellation de policiers.

« 11 n’y a donc dans notre attitude à l’égard de nos collègues possibilistes aucune ambiguité. »

Il espère en agissant ainsi effrayer les accusateurs d’Eudes et les réduire au silence.

Puis revenant un peu plus loin sur le même sujet, qui constitue chez lui une véritable monomanie, il s’écrie encore en haussant le ton :

« Oui, messieurs, je le répète bien haut... oui, ceux qui attaquent la mémoire d’Eudes font acte de police et de calomnie. (Exclamations.)

« Je suis prêt à défendre contre tous la grande mémoire de mon ami, comme je défends celle de tous les communeux, celle de la Commune.

« M. Alphonse Humbert. — De ceux qui ne l’ont pas renié eux.

« M. Joffrin. — L'avons-nous reniée?

« M. Alphonse Humbert. — Oui, vous la reniez par votre alliance avec Ferry. Vous êtes des fumistes! (Exclamations.)

M. Vaillant ajoute encore :

« Je suis prêt à défendre de même jusqu’à la mort, tous les actes de ma vie publique et privée, car je défie qui que ce soit de prouver que j’aie jamais menti.

« Je suivrai toujours les idées et les opinions de la Commune contre tous les partis de réaction ou de dictature, contre tous les partis bourgeois, sans un écart dans la voie. ..

« Voilà les déclarations que j'avais à faire à la mémoire de mon ami Eudes... Voilà ce que j'avais à dire contre les policiers qui l’attaquent 1 .

« M. Joffrin. — Nous sommes aussi communeux que vous et pas plus policiers que vous. »

Nous allons maintenant citer la déclaration faite à la tribune du conseil municipal, toujours dans la même séance que nous analysons, par M. Longuet, l’homme qui le 25 mai 1871, au lieu de se battre pour défendre la Commune, dont il était un des membres, était assis devant la mairie du onzième arrondissement à côté de Vallès, sur le piédestal delà statue de Voltaire, tremblant de peur, comme un lâche, les bras pendant et branlant et complètement affalé. Ce jour-là M. Longuet s’était débarrassé de son écharpe qu’il trouvait trop compromettante; il l’avait jetée dans une fosse d’aisance. 11 n’osait plus la porter, il avait peur, s’il tombait entre les mains des Versaillais, qu’elle ne le fasse reconnaître comme étant un membre de la Commune , et alors d’être fusillé, l’individu qui a fait tout cela, a poussé le cynisme jusqu’à oser accuser un de ses collègues, le citoyen Henry Fortuné, de ne pas avoir fait son devoir pendant les derniers jours de la Commune , d’avoir abandonné son poste de combat-

1 Extrait du discours de M. Vaillant, publié par lui dans le Cri du Peuple , du 14 décembre 1888, dont il était alors directeur politique.

tant dès le 22 mai 1871, le lendemain de l’entrée des troupes de Versailles dans Paris. Voici ce qu’il a osé déclarer du haut de la tribune du conseil municipal, lors de la discussion dont nous parlons :

« Je dois dire pourquoi je n’ai pas signé la proposition relative à la concession réclamée en faveur de Henry Fortuné. Je le dirai avec la discrétion que m’impose le devoir de piété à l'égard des morts.

« L'hommage rendu à Eudes était fondé, car Eudes a gardé jusqu’au bout un rôle militant et dévoué à la cause populaire.

« 11 en fut autrement de M. Fortuné Henry. Son rôle à lui a cessé non pas après la défaite, mais avant la bataille. C’est le 22 mai 1871, je précise, qu’il a disparu. Mes souvenirs sont certains à cet égard, et je pourrai donner des détails qui fixeraient la conviction, j’en suis persuadé, et qui éclairciraient même M. JofTrin.

« M. Joffrin. — Pourquoi ne les avez-vous pas dits?

« Le citoyen Longuet. — Parce que je n’ai été informé de la demande de Mme Henry que par le rejet qui en a été annoncé au Bulletin Municipal 1 .

« Non, je ne recule pas devant des détails, devant un historique précis, si on veut. nommer une commission pour l’entendre.

« Eudes fut un militant... Quant à M. Fortuné Henry, je le répète, c’est le 22 mai 1871, qu’il est rentré dans la vie privée, et c’est par la pétition de sa veuve que nous avons entendu parler de lui. Voilà ce que j’avais à dire à cette tribune, et je suis prêt à compléter mes paroles devant la Commission. »

Lorsque l’on connaît la conduite indigne, lâche de M. Longuet pendant la Semaine Sanglante, on est stupéfié de le voir oser accuser un de ses collègues mort de ne pas

1 Mais s'il n’a été informé de la demande de concession de Mme Henry que par le Bulletin municipal, qui a enregistré et publié son rejet, il n’avait donc pas été appelé à signer la demande de cette dame, et par conséquent il n’avait pas pu lui refuser sa signature ?

avoir fait son devoir à la même époque. Mais ce qu’il y a encore de plus coupable dans la manière de faire de M. Longuet au sujet de son collègue Henry Fortuné, c’est que sa déclaration est un affreux mensonge, car le citoyen Henry Fortuné est resté à son poste de combat jusqu’à la fin de la bataille; nous l’avons encore vu le 27 mai, rue Haxo, à Believillc, où certes M. Longuet n’était pas.

Il est aussi très extraordinaire de voir M. Longuet décerner un brevet d’héroïsme au général Eudes en 1888, après l’avoir flétri dès 1875, en disant dans la lettre qu’il a écrite au général Cluseret au sujet de l'enquête faite sur Eudes et sa bande, qu’il regrettait de n’avoir pas le temps d'en dire touL le mal qu’il en pensait.

Quand on connaît MM. Longuet, Vaillant et compagnie, quand on les a vus à l’œuvre, on n’en fait pas deux catégories, on les met tous dans le même sac ; car ils se valent, et nous n’avons cité la discussion qui a eu lieu au conseil municipal au sujet de la concession de terrain au cimetière de l’Est, demandée par Mme veuve Henry Fortuné pour la tombe de son mari, que pour prouver quel abominable calomniateur M. Vaillant était. Heureusement que ses odieuses accusations ne feront croire à personne que MM. Joffnn, Paulard, Lavy, Dumay, Chabert, etc., sont des policiers ; pas plus que les éloges aussi coupables que mensongers, qu’il a débités pour glorifier la grande mémoire de son illustre ami Eudes, ne réussiront à tromper un seul de ceux qui ont connu ce néfaste personnage.

Mais nous devons cependant constater pour cire juste, que dans cette bande de Blanquistes, traîtres cl apostats, aujourd’hui Boulangistes , il s’est trouvé un honnête homme, qui les a publiquement reniés lorsqu'il les a connus et qu'il a pu les apprécier à leur juste valeur ;

c’est le citoyen Dérouilla, auquel cependant ils avaient promis une haute situation, voici comment il les traite dans son testament que nous transcrivons ici :

« Je soussigné Anatole Dérouilla, en pleine lucidité d’esprit, déclare par le présent testament politique vouloir être enterré sans aucune cérémonie religieuse et par les soins d’une des sociétés de libres-penseurs de Bruxelles.

« Je déclare en outre m’opposer à toute intervention des hommes composant le petit groupe d’exilés français connus sous le nom de Commune révolutionnaire , groupe dont j’ai fait partie à une certaine époque et dont j’ai signé le manifeste dit de Londres (aux Communeux), parce que dans son essence il affirmait la Révolution. Je me suis retiré de ce parti devant une majorité qui voulait et veut toujours la dictature pour les siens et se substituer au pouvoir souverain du peuple, ce qui, — par parenthèse, — ne se réalisera jamais.

« Prolétaire, j’ai toujours combattu pour la cause du prolétariat, c’est-à-dire pour Injustice , le droit et la liberté. Reconnaissant dans cette secte un piège grossier tendu à la naïveté du peuple, j’ai donné ma démission et je me suis engagé à la dévoiler, afm que si une révolution survenait, les travailleurs soient édifiés sur ces hommes dont le but unique est d’assurer la dictature d’un des trois membres composant le triumvirat de Londres.

« Ceux qui voudraient me faire l’honneur de m’accompagner jusqu’à ma dernière demeure doivent pouvoir suivre ma dépouille en toute sécurité. Or, ils ne s'y trouveraient pas, si les hommes du groupe dont je parle plus haut se dissimulaient dans leurs rangs. On ne sait que trop, je puis l’affirmer, que ces gens foi ment une espèce de police au service du groupe central de Londres.

« Pourquoi cette police?

« Pour constituer des dossiers sur les hommes politiques de l’Europe, petits ou grands, obscurs comme illustres. C’est pour ce motif qu’ils écoutent tout ce que l’on dit, que tout est transmis à Londres, même les lettres qu’ils peuvent glaner de côté et d’autre. 11 ne faut pas que des hommes semblables ;o

mêlent avec mes amis et connaissances. D’ailleurs, suivre le cercueil d’un obscur citoyen, dont on a osé dire, le sachant malade : — «11 n'est donc pas encore crevé », serait le comble de l’audace.

« Je charge donc les citoyens proscrits, mes amis, de s'opposer à leur présence outrageante.

« Je meurs comme j’ai vécu, en combattant le despotisme et la dictature; mourir en exil, c’est mourir sur une barricade.

« Tel est mon testament politique, que ma femme bien-aimée est chargée d’exécuter ponctuellement et que je place sous la sauvegarde du Code civil.

« Ainsi fait à Bruxelles, etc.

« Signé : A. Dérouilla. »

Voici maintenant l’opinion du Mirabeau , journal belge, sur l’honnête citoyen Anatole Dérouilla L

« La proscription française, dont les rangs s’éclaircissent de jour en jour, vient d’éprouver une nouvelle perte : celle du citoyen Anatole Dérouilla. Les prisons de l’Empire, les balles prussiennes et versaillaises l’avaient épargné, l’exil fut impitoyable. La mort se fait l’infâme complice des réactionnaires ; elle poursuit et fauche sans pitié sur le sol étranger ceux qui jadis échappèrent aux conseils de guerre, exécutant aveuglément les sentences odieuses des soudards ivres de sang !

« Né en 1830, Dérouilla était un ardent et infatigable pionnier, travaillant sans relâche et sans découragement à préparer le grand mouvement duquel doit sortir un jour victorieuse la Révolution. Généreux et modeste, il avait une audace peu commune; sous le règne du bandit de décembre, c’est lui qui passait en France la Lanterne, d’Henri Rochefort, et qui se chargeait de la tâche dangereuse de faire parvenir sur la table des vils et plats courtisans du tyran des Tuileries, les numéros dans lesquels il était fouaillé d’importance par le spirituel pamphlétaire.

« Dans l’accomplissement de cette mission, Dérouilla fut un jour arrêté près des frontières et jeté en prison. Pendant huit mois on n’entendit plus parler de lui, on le crut mort. Raoul

1 Extrait du Mirabeau de Verviers, du 19 mai 1878.

Rigault qui le connaissait particulièrement s'émut cependant de cette disparition subite et fit de nombreuses démarches pour savoir ce qu’il était devenu. On finit par découvrir Dérouilla au fond d’une petite prison de province, du côté de Sedan, toujours en prévention et réclamant philosophiquement depuis bien longtemps sa comparution devant un tribunal quelconque. La police peu confiante dans la magistrature servile tarée de Napoléon III, aimait mieux prolonger indéfiniment sa détention arbitraire que de s’exposer à le voir après quelques malheureux mois de prison recommencer de nouveau la guerre implacable qu’il livrait à l’Empire.

« Lieutenant d’une compagnie de marche du 161e bataillon pendant le siège, puis commandant du même bataillon sous la Commune. Dérouilla remplit ces diverses fonctions avec autant d’ardeur qu’il en avait déployée aux sombres journées de juin 1848. Son bataillon fut du reste un des plus éprouvés. Du 21 au 25 mai, il perdit tant tués que blessés 850 hommes.

« Bravoure, loyauté, intelligence, voilà les qualités de ce hardi défenseur de la Commune qui succomba presque à l’anniversaire du massacre de mai 1871.

« L’enterrement a eu lieu le dimanche 5 mai, au cimetière de Saint-Gilles, par les soins de l’association << les Solidaires ».

« La foule qui se pressait derrière le cercueil recouvert du drap rouge et sur lequel étaient attachés les insignes de la franc-maçonnerie, prouvait l’estime et la sympathie acquises à notre ami.

« Deux discours ont été prononcés : le premier par le citoyen Patterson, au nom des rationalistes belges, le deuxième par un Français.

« Voici l’adieu prononcé d’une voix émue par le citoyen P. P.

« Citoyennes et Citoyens,

« La mort vient de frapper une fois de plus la proscription, déjà si cruellement éprouvée depuis sept années.

« Anatole Dérouilla, que nous accompagnons ici pour la dernière fois, était un de ces soldats de la liberté que l’on voit toujours surgir lorsqu’un orage révolutionnaire éclate.

« En juin 1848, sous l’Empire, pendant la Commune , il rendit de grands services à la cause du prolétariat avec une abnégation et un couiage bien rares. Commandant du 161“ bataillon, il sut par son caractère affable et ferme acquérir la sympathie des gardes de son bataillon, lesquels se souviennent encore aujourd’hui de leur ancien chef et ami .

« D’ailleurs que dire encore de ce grand citoyen? .

« Il a fait son devoir, rien que son devoir, un pareil éloge suffit. « Au moment où le monde est convié à l’Exposition de Paris, alors que la France est en liesse, il est triste de constater que les portes de la patrie sont ouvertes à grands battants aux étrangers et quelles sont fermées impitoyablement à ses enfants, coupables d’avoir contribué par l’acte du 18 mars à la fondation définitive de la République.

« A Paris on est en joie ; ici nous sommes en pleurs. C’est le contraste, citoyens, aux riches tous les plaisirs; aux malheureux toutes les douleurs.

« Citoyens, Compagnons, Frères,

« Mes moyens intellectuels ne me permettent pas de continuer ce discours, seulement je vais profiter de ce moment, véritablement mal choisi, pour inviter les frères francs- maçons à ne pas se cacher derrière un rideau qui, pour un grand nombre de citoyens, est une barrière infranchissable.

« On peut être maçon sans avoir fait partie de la Commune, on peut être communeux sans être franc-maçon.

« Je dis que nous ne devons avoir qu’un seul principe : L’amour de nos semblables et l’affranchissement de nos libertés. Aussi je dis en jetant une pelletée de terre sur notre cher ami et frère Dérouilla : « Que cette terre te soit légère ! » Je dirai plus, compagnons :

« C’est la cendre du pauvre et ne la foulez pas.

« Sa tombe est à vos pieds, la votre est à deux pas,

« Profitez de l’instant, que le destin vous donne « Le présent est à vous, l’avenir à personne,

« La douce égalité que repousse l’orgueil « Devient réalité en face du cercueil. »

Nous n’en finirions pas si nous voulions raconter en détail tous les crimes et tous les méfaits de ces bandits reniés et flétris par Dérouilla, nous nous contenterons de citer ici ce que le Vermersch a dit d’eux dans la préface de son magnifique poème : Les Partageux, dans laquelle il se plaint, d’une façon très violente, d’un pamphlet publié contre lui par les membres de la fameuse société des Blanquistcs, dont le général Eudes était l’Ali-Baba.

Voici en quels termes il s’exprime :

« Un torche C..., plein de mensonges et d’infamies, a paru il y a quelques semaines à Londres ; on le distribue sous le manteau, et on l'expédie sous enveloppe de côté et d’autre avec toutes sortes de précautions jésuitiques. Je ne daignerai pas relever une seule des immondes accusations impudemment formulées dans le torche C... en question ; il suffit, pour édifier le public sur leur valeur de rapporter les vingt-huit signatures suivantes :

« Aberlen, Berton, Brignolas, Jean Clément, F. Cournet, C. Denempont, J.-E. Dodot, E. Gois, Goullé, Granger, A. Huguenot, E. Jouanin, R.-E. Latappy, Léonce, Lhuillier, Marguerittes, P. Mallet, A- Martin, Armand Moreau, IL Mortier, A. Oldrini, Picavet, E. Planquette, Rysto, B. Sachs, Yarlet, Viard, Villers. »

R continue en les stimagtisant de la façon'la plus naturaliste et la plus énergique, puis il ajoute que tous ces individus « faisaient partie du groupe dit la Commune Révolutionnaire , et avaient dans leur passé d’excellentes raisons pour ne point faire parler d’eux; car ils ont, dit-il, des « cadavres » à toutes les étapes de leur vie et ils auraient dû se souvenir que lorsqu'on demeure dans un cimetière, il ne faut point tirer des coups de pistolets. Ces vingt-huit sous M..., ajoute-t-il, cherchent à me faire passer pour un coquin et un lâche, qualifications qui, sorties de ces bouches, me constitueraient toute une réhabilitation, si j’en avais besoin.

« Je ne pensais point à eux, certes, et je ne me souciais guère des faits et gestes de personnages qui admettent dans leurs

rangs d’anciens agents de la sûreté de l’Empire, quand ils sont venus me provoquer, m’attaquer et m’injurier. Ils ont voulu la guerre. Soit ! Ils cherchent, disent-ils, à me faire connaître. Ils ne craignent donc pas d’être connus eux-mêmes. Je vais les aider à l’être.

« Gens de la « Commune révolutionnaire, » qui vous targuez de donner des brevets de bravoure aux uns et de scélératesse aux autres, vous n’avez que le droit d’être modestes et silencieux, car vous êtes véreux jusqu’au cœur et tarés jusqu’à la moelle! »

Comme nos lecteurs, qui ne sont pas initiés aux basfonds du monde de coquins dont se composait cette prétendue Commune Révolutionnaire , ne comprendraient pas tout ce que Vermersch dit d'eux et qu’ils ne sauraient pas distinguer les individus auxquels doivent être appliquées les épithètes qu'il leur prodigue; afin de les renseigner exactement, nous allons placer entre parenthèses quelques explications indispensables après chaque accusation formulée par Vermersch.

« Toi (dit-il à Cournet), tu es l'un des chefs de cette bande et l’ami intime du correspondant du Figoro à Londres, à qui « tu rends des services», et depuis ta faillite sous un faux nom (celui de Reidet O), Danmark Lane, tu vis des souscriptions que font pour toi les députés fusilleurs du peuple.

« Toi (Granger), arrêté après la Commune, tu es sorti de prison par l’entremise de ton cousin (Voisin, ancien préfet de police), membre de la commission des grâces.

« Toi (Huguenot), le prévaricateur, maître de l’école fondée à Londres par La Cécilia) en quittant la Préfecture de police, tu as filouté les montres des sergents de ville!

« Toi (Armand Moreau), commandant du 138*" bataillon, sous la Commune, tu as été chassé pour lâcheté!

« Toi (Picavet), quand tu étais emprisonné à Mazas sous l’Empire, tu as écrit à l’empereur pour lui offrir de faire son buste en ivoire, en échange de ta liberté : on te relâcha, mais ce

ne fut point pour faire le buste, ce fut un autre service qu’on te demanda et que tu rendis! (On venait te chercher la nuit pour procéder à l’arrestation de tes anciens camarades que tu avais dénoncés à la police).

« Toi (Berton), ex-marchand de chaussures rue de Charonne, tu étais l 'aller ego de Sapia, le mouchard du procès de Blois!

« Toi (Goullé), ex-commandant, sous la Commune , tu allais faire des perquisitions dans les hôtels, sans autre but que de remplir tes poches, c’est toi qui a décroché les timbales!

« Toi (Viard), ex-marchand de sécatif, zébré de banqueroutes par tout le corps au 18 mars, mais « jeune et pratique, » tu t’es refait en volant (350,000 fr.) dans la caisse qui t’étais confiée! (celle du ministère du commerce).

« Toi (Dodo), tu as élevé la souscription à la hauteur d’un principe, et tu passes la moitié de ta vie à te pendre aux sonnettes des gens et l’autre moitié à ne rien faire.

« Toi (Gois), tu as mis le feu la nuit à la maison de ta sœur, parce qu’elle ne voulait pas subvenir à tes orgies, et, pour te créer un alibi, tu persuadas à une jeune fille à qui tu avais promis le mariage, de venir déclarer, en faisant un faux serment, que tu avais passé cette nuit-là chez elle ; quinze jours après, tu quittais le pays en la laissant déshonorée.

« Vous tous, vous vous êtes gobergés à Londres avec l’argent soustrait des caisses du peuple de Paris, et la proscription tout entière est là pour l’affirmer !

« Et c’est vous qui osez élever la voix ! Quelle audace et quelle imbécillité !

« Gens de la Commune Révolutionnaire , vous vous êtes mis à vingt-huit pour tâcher de persuader au monde que j’étais un lâche et un coquin, et vous ne sauriez prouver un seul des faits allégués dans votre torche-c... !

« Eh bien ! moi, sans avoir besoin d’aller chercher aucun renfort, aucun aide, aucune signature, voici ce que je vous dis à vous, les braves et les honnêtes :

« Je vous accuse tous collectivement et individuellement de vol et je vous défie de m'accuser en diffamation devant les tribunaux anglais,, car le procès que l’on n’a pas pu vous faire à

la commune

Paris, où vous avez laissé condamner, déporter, fusiller à votre place des hommes du peuple, je vous le ferai, moi, à Londres.

« Nous verrons alors de quel côté sont les traîtres, les mouchards, les voleurs et les lâches.

« Inutile de dire que si vous ne relevez pas ce défi, c’est que vous passez condamnation sur ce je viens d’affirmer, et que personne dans le parti révolutionnaire n'aura plus à répondre à vos provocations que par l’exercice du droit de légitime défense. Je vous donne jusqu’au 31 mai pour me traduire en justice.

« Eug. Vermersch. »

Il est bien entendu que les individus accusés d’une façon aussi publique, aussi explicite et aussi directe, n’ont rien répondu, n’ont pas poursuivi leur accusateur, qu’ils sont restés sous le coup de la flétrissure qu’il leur a infligée, et qu’ils se sont ainsi reconnus coupables.

Aujourd'hui, en clouant ces misérables au pilori, nous ne sommes que le greffier qui, après avoir recueilli les témoignages de l’histoire , publie la sentence des condamnés et les marque au front.

Et en le faisant nous achevons dignement notre tâche, car de même que nous avons condamné les crimes commis par les gens de Versailles contre la Commune de I Paris , de même nous devions flétrir les misérables vul-

gaires malfaiteurs qui, pendant la durée de cette dernière, sous le masque révolutionnaire, l’ont trahie, vendue, livrée à ses ennemis, ont fait massacrer les défenseurs et se sont déshonorés par les plus épouvantables forfaits.

INDEX

Aberlen, 411, 460.

A cl ri ni (A), 460.

Affaires Etrangères ( Ministère ),

Agar (Mmc), pseudonyme de Mrae Eudes, 332.

Allix, 155.

All.emane, 60.

Amouroux, 96,97.

Andrieux, 348.

Antbelme, 62.

Antonnier (M""), 200, 215, 249.

Arnaud (Antoine), 97, 155, 165, 195, 276, 279, 301, 313, 314,

Arnold, 155.

Assistance Publique , 65.

Av rial, 97.

liacon (brigadier), 216, 249.

Banque de Fiance, vi-xvi, 16, 19, 25, 44, 45. 64-94, 95-134, 135, 136, 137, 140, 146, 149, 152, 162, 205, 315, 316.

llapst (Alf.), 100.

liarail (Général Du), 23-239.

Baring (banquier ang.), 65.

liarre (de la Monnaie), 1 13.

Barrois, 402.

Bauer, 336, 337.

Bayard (commandant), 34.

Beauford (vicomte de), 329, 342, 348, 374, 375, 385.

Bécon (château), 195.

Bergeret, 38, 98, 170, 334, 335.

Bernard (commandant), 92.

Berton, 405, 411, 417, 460, 462.

lîeslay, xvi, 64 a 94, 95 à 134, 140, 142, 143, 145.

Beslay (fils), 132.

Billoray, 72, 197, 279, 300 , 301, 313, 314, 315.

Blandin, 41.

Blanqui, 322, 324, 325, 346, 380, 390, 412, 426.

Bocher (Charles), 200, 226, 227, 228, 229, 233, 240, 243.

Bohème, 167.

Bonjean (le président), 442 Bonnet, 424.

Boquet (A.), 430, 431, 433.

Bordier, 386, 391.

Borel (général), 206, 248. Bougival, 29.

Bouillv, 328, 340, 383, 388, 401,

Bourg-la- Reine, 40, 31.

Boulanger(colonel), 28,29,30,31.

— (général), 446.

Bourgeois, 203.

Brest (arsenal), 105, 106, 107, 108.

Breuillé, 129, 376, 411, 419, 425, 446, 447.

Bridault, 175, 180.

Brignolas, 367, 368, 411, 460.

Broglie (de), 360, 393, 395, 397.

Brousse (Paul), 447.

Biuneau (A ), 155, 421.

Brunei, 255.

Budin, 235.

Buffet, 35.

INDEX

Cadart, 188. 189, 190, 204, 230, 231,232,241. 312.

Cail et Tessier (maison), 176, 178.

Gaillet (commandant), 188.

Caisse de Dépôts et Consignations ,

Caisse d’Epargne, 65.

Camélinat, 112,113, 114, 115, 148,

Camille (Ferdinand), 336, 362,

Camp (Maxime du) , 66, 69, 70, 76, 96, 99, 100, 101, 102. 105, 106, 107, 108, 109, 110,111, 125, 133, 140, 145, 158, 159, 306.

Camus (ingénieur), 44, 45, 46, 47, 48,51,52, 60.

Caraby (M'), 141, 142, 143.

Caria (Léopold et Octave, leur père et leur mère), 301, 302, 324, 325-349, 50-379, 389, 397, 400. 401 . 402, 408, 450.

Carnet, 326, 406.

Casanova ^sergent), 307.

Cassagnac (Paul de), 2, 3.

Casse (Germain), député, 418.

Cerisier, 54, 392.

Chabert, 447, 455.

Clianzy (général), 50

Chartres , 34

Chassaing (cons. mun.), 448, 449, 450, 451.

Chaudey, 91, 442.

Chauvet (comm. de police), 201.

Chauvet (Ch.), 232.

Chauvrier, 450.

Chazal, 104.

Chàtillon-sur- Seine, 381.

Chemins de fer, 65.

Chervet, 188.

Choleton (colonel), 12, 37.

Chouteau, 335.

Chrétien (M1"0), 206.

Cissey (général de), 239.

Clavier, 402, 403, 404, 405.

Clément (J B.), 155, 411, 460.

Clément (V.), 86.

Clinchant (général), 23 188.

Cluseret, 48, 49, 70, 86, 88, 89, 617, 170, 171, 180, 182,332, 333,

Cochin, 56, 57.

Cœuil le. 328-349,350-379,385,386.

Collé, 400.

Collet, 340, 345, 349.

Collet (M“°). 331, 356.

Combaz, (l)irectr Télég.), 19.

Constantin (grand duc), 168.

Coudreau (Dr), 387 Coulon (député), 250.

Courbevoie, 28, 29.

Cournet, 97, 164, 175, 180, 181, 240, 314, 315, 371, 376, 411- 419, 421, 425-429, 435-438, 460,

Crédit Foncier, 65.

Cri du Peuple (Le), 446, 453.

Cruchon, 398.

Dacosta, 61, 62, 367.

Daniel, 398.

Darboy (Mgr), 93, 422.

Dardel, 160, 402.

Daru (comte), 242.

Davillier, 93.

Daudet (général), 12, 28, 30, 31, 33, 34.

Delahaye, 402.

Délavai (colonel), 38. Delescluze, 97, 98, 127, 155, 158, 159, 333, 383, 412, 4l3, 426.

Delion, 168.

Déliés, 393.

Delpechel'D'), 384.

Denempont, 411, 460.

Dereste, 389.

Dereure, 177.

Dérouillade, 411, 456. 460.

Desmarais (de la Monnaie), 113 Desmaret (général), 85.

Diamants de la Couronne, 95 à 134.

Dodat, 411, 460, 462.

Dombrowski (Jaroslas), vi, xvu, 1 63- 1 83 , 184-2 1 8 , 21 9 -255 , 256- 293, 294.

Dombrowski (Mmc Pélagie), 170.

Dombrowski (Théophile), 216, 258,

INDEX

Dominicains d’Arcucil, 442.

Douchet, 385.

Dubisson, 44, 52, 53.

Dubois, 144, 147.

Ducamp, 54, 366, 392.

Ducatel, 276, 212, 241..

Ducrot (général), 35.

Dumay, 447,455.

Dupont, VI, 179, 180, 200, 214, 257, 261-263, 266, 269-276, 281 . 285 286, 288-291 , 295, 304, 308, 310, 313-315.

Durand, 72. 120, 146, 160.

Dusautoy, 344. 345.

Duthil de la Tuque (baron), 44.

Duval, 8, 85, 97, 117, 334, 335,

Duvilliers, 79.

Eaux (O des), 65.

Elysée (palais de l'), 338.

Emancipateur de Toulouse (L’),

Enger. Voir Hutzinger.

Eudes. 19, 21-24, 27, 31-33, 49, 64, 97, 129. 155, 159, 165, 197, 279, 300, 301,313,313,315,319, 321-349, 350-379, 399, 400, 402, 406, 408-41 1, 419, 425. 433, 434, 436. 438, 444, 445, 448, 449, 450- 455, 460.

Eudes (Mme), voir Eudes.

États-Unis (Ambassade), 46, 84.

Evreux, 34.

Favre (Jules), 3, 7, 250, 252

Faillet, 447.

Fédération (la), journal, 332, 403, 406.

Ferré, 54, 211, 214, 215, 289, 311, 328, 386, 392, 420.

Ferrent, 113,

Figaro (le), 418, 461.

Finances (Ministère des), 65, 68, 72, 74, 75. 78, 79, 100, 146, 148, 149, 153, 154. Voir Jourde.

Flourens, 84, 325, 334, 335.

Fontainebleau . 21.

Forsans-Veysset (M"j. Voir Veysset.

Fortuné Voir Henry.

Fould, 65 Fourniér, 113, 226.

Frankel, 97, 289.

Fresneau, 414, 415, 420, 422.

Fribourg. 1 13.

Gallifet (général de), 434.

Gambetta, 66, 169.

Gambon, 155, 165, 197, 279, 280, 300 301.

Ganier d’Abin, 44, 52, 53.

Garibaldi, 167, 169.

Garnier, 113.

Gaveau (commandant rapporteur), 136, 147.

Gaz (O), 65.

Gérardin, VI, 97. 180,257,259, 206, 261 , 263. 266-270, 276, 279, 283- 286, 290, 398, 313, 314, 315.

Godillot (maison), 190,344.

Gois (Emile), dit Gi'ille d’Egout , 129, 155, 327, 328, 349. 350, 370, 380, 397, 400,401, 402, 409, 410, 411, 419, 425, 434, 436, 460.

Gois (Mme). Voir Gois.

Goullé, 328, 349 , 350, 379, 394, 395, 396. 41 1.410, 425, 436, 446, 447, 460, 462.

Graff, 389.

Granger, 119, 155, 326, 329, 359, 360, 371, 375, 377, 388, 391, 393, 409,411, 419, 425, 436, 445, 447, 460, 461.

Grange-Ory (la), 31.

Grég'orok, 195.

Gréllier, 19,20,21,25,26.

Grille-d’Egout. Voir Gois.

Guerre (Ministère), 325, 400 Voir Eudes.

Guibery, 417, 428, 429, 439.

Guillot”, père, 366.

Guillot, Gaspard, 366, 385, 419.

Guttin, Adrien et Alphonse, VI, XII, 152-183,184-218,219- 455, 256-293, 294

INDEX

Haxo (rue), 151-156, 158, 159, 442, 444.

Henrv-Fortuné, 177, 448, 449, 450, 451 .

Hervieux, 449.

Holstein, banquier, 86.

Homme libre (F), 446.

Hôtel du Lapin Blanc. Voir Lapin Blanc.

Hugo, 337, 345.

Huguenot, 411, 431, 432, 460, 4gl, Humbert (Alph .), 6'L 62, 450, 452.

Hutzinger, 175-183. 184-218,

Ibos (commandant), 324.

Inger. Voy. Hutzinger.

Intérieur (Ministère) , 18, 25. 27.

Internationale (journal L’), 423.

Issy ( Séminaire ), 336, 341.

Jaclard, 324.

Jauréguiberry (amiral), 35.

Jeanne (M11**), 213, 309.

Joannier, 195, 367, 368, 411, 460.

Joffrin, 402. 447, 448, 449, 455, Johanard, 197.

Josserand, 417, 420, 421.

Jourde, 11. 64-94, 96-134, 135- 161, 348.

K*** (secrétaire de la Légation des Etats-Unis, 46.

Koëls, 414.

La Cécilia, 180, 197, 337,340, 345, 362, 412, 413,416,418,420,422, 428 à 431, 434, 445, 447, 461.

Lacretelle, 23.

Ladmirault (général), 23, 170.

Lagrange, 389.

Lalourcey, 330, 382, 383, 390. Lambert. 369.

Lambrecht, VI, 174, 175, 235.

Lampérière, 113 Lamy (E.), 222.

Lanterne (La), 414, 419, 457.

Lapie, 402, 403, 405.

Lapin-Blanc (Hôtel), 199, 207,

Largillière. 389.

Latappy (R. E ,411, 460.

Lavy, 447, 448 , 455.

Lecomte (général), 45, 47, 91 , 442.

Ledrux, 329, 357, 360, 397 à 400, 403, 434

Le Flô (général), VI, XVII, 9, 10,

Le Flô (Mme la générale), 346,

Lefrançais, 79, 87, 88, 97, 113.

Légion d’Honneur , 321 à 349, 350 à 379, 383 à 384, 397, 400, 401,406,408, 409,410,434,451.

Léonard, 328, 377, 378, 445.

Léonce, 411, 460.

Levallois-Perret , 194.

Levrault, 180, 181, 323, 417, 419, 421, 422, 424, 445.

Levis, 422 Lévy, 428, 429.

L'Herillier (général), 123.

Lbuillier, 411, 460.

Liberté (le journal La), 338.

Limousin, 1 13.

Lisa, 103, 104, 107.

Lissagaray, 62.

Lombard et Odier (banque), 88.

Longuet, 361, 427, 445, 447, 453, 454, 455.

Louise (X.), 202.

Louvet (Victorine), 329, 338.

Luce, 232.

Lullier (Charles), XII, XVI, 1 àG4.

Mac-Mahon (maréchal), 23, 46, 48, 58, 166, 170, 176, 177, 239, 299, 284. 373 , 288.

Mahuyssier, 188.

INDEX

Mac-Kean (ambassadeurs des Etats-Unis), 48.

Masne (ministre des finances),

Mallet, 68. 359, 360 , 460.

Marcel, 393.

Maréchal, 435.

Margueritte (baron de), 411,460.

Marmitte (journal La), 423.

Marotteau, 301.

Marquise M. . . , 43, 46.

Marseillaise (journal La), 419.

Marsaud, 101.

Martin (À.), 359,411, 460.

Martin (Constant), 411. (

Martin des Pallières (général), 35, 36.

Massev, 345.

Mathieu (Colonel), 205, 206 209,

Maujean, 402, 405.

Max (Karl), 428.

Mav. 328.

May (les frères), 332.

May (Élic), 332. 379.

Maze, 378.

Méline, 74.

Menque (B. de), 79.

Meudon (Commune de), 334, 335.

Misrnot (C. B.). 96, 140.

Meillet (Léo), 97, 197, 276, 279, 313, 314, 315.

Minières. 127.

Mirarkait (Journal Le), 457.

Mirolowski, 167.

Moi lin Tony, 128. 446.

Mont-de-Piété , 142.

Monnaie (La), 113, 114, 339.

Monteau. 342.

Mont-Valérien, xi, xii, 11, 12, 13, 14, 15, 16. 19, 20, 21. 23, 27, 28, 31. 32 à 39, 164, 316, 326, 334,

Moreau (Armand), 329, 359, 361, 406, 411, 460, 462.

Mortagne, 390.

Mortier, 361, 411, 432, 435, 460.

MouHncanx (Les), 164.

Mouton, 214.

Muller, 190, 249 à 253, 288.

Muller (Femme), 206, 208, 209, 215, 249, 305.

Murat, 113. 115.

Napoléon IIT, ÎH.-1 '

Napoléon (Jérôme), 114.

Nanterre, 29.

Neuilly, 31, 170,300.

Octrois, 65.

Oldrini, 318, 329. 337, 375.

Omnibus (Cu des), 65.

Ostyn, 424.

Ossude, 144. 150.

Oudet, 155, 369, 370.

Palikao, 327.

Parent (H.), 155 à 159.

Paris-Journal, 248, 407, 408.

Pascal Grousset, 97.

Passy, 189.

Patterson, 458.

Paul Cocher, 196, 281.

Paulard, 447 a 451.

Pereire, 65.

Perrier, 40 a 42.

Péter sbourg (Saint-), 168.

Perrachon, 113.

Picavet, 411, 460, 462«

Pitois, 321 à 349, 350 à 379, 382,

Pitois (Mmc) (Voir Pitois).

Place, 129, 446, 447.

Planat, vi, xvu, 73, 182,209,210.

Planquette (E.), 411, 460.

Plantade, 418.

Ploeuc (De), 64 à 94, 95, 134, 316.

Pollach, 34.

Pologne, 168.

Poncerot, 431.

Pompes funèbres (C'"’ des), 65.

Posen (duché de), 168.

Postes (administration des), 79.

Potier (colonel), 28, 29, 34.

Préfecture de police, 181, 251.

Prinski, 174, 175.

iNDEi

Protot, 97.

Prud’homme, 197.

Prusse , 168.

Pyat (Félix), 79, 97, 185, 269,277, 276, 278, 279,280 à 282, 289,333.

Que vauvil lier, 74.

Ranvier, vi, 97, 155, 165, 177,180, 257, 259, 263, 264, 265, 266, 270, 276, 279, 283, 286. 300, 302, 308, 313, 314,315,362,363,368,413, 415, 417, 419, 433, 434, 436, 437, 445, 447.

Ranvier (frère du précédent), 337.

Rappel (journal Le), 418.

Régère, 86.

Reid et Cie ( voir Cournet.)

Révillon (Tony), 57, 62, 63, 417.

République Française (journal La), 426.

Reties, 447.

Richard, 398, 435.

Rigault (Raoul), 76, 93, 96, 97, 103,117, 118,214,411,446, 458.

Rink, 297.

Robinson (Lionel), 427.

Rochefort, 414, 415, 416, 420, 445,

Rochetulon (de la), 13, 33.

Rond-point des Bergères , 29, 31, 38.

Roserie (de la), 66, 67.

Rothschild, 16, 65, 68, 176, 195, 205, 287, 303.

Rossel, 54, 163, 260, 267, 268, 269, 365, 392

Rouland, 66, 67, 68, 72, 82, 83, 95, 100, 102, 1(3,104, 105, 106, 107, 110, 112, 139.

Roux (Ed.), 148, 149.

Ruault, 389.

Rueil, 29.

Rysto, 411, 460.

Sachs (B.), 411, 460.

Saint-Denis, 178, 199, 206, 207, 208, 209, 211, 230, 281.

Saint-Hilaire (Barthélemy), vi.

xvii, 133, 176, 177, 178, 182, 194, 197, 204, 206,214, 219, 222, 224, 225, 226, 229, 230, 233, 234, 236, 237, 338, 240 , 244, 246, 247, 249, 304,305, 313,314.

Saint-Ouen, 208, 209, 210, 244, 262, 283.

Saisset (amiral), vi, xvii, 74, 76, 174, 177, 180, 182, 184, 217, 218, 222, 223, 226, 227, 228, 233, 235, 240, 248, 253, 256, 261, 263, 264, 285, 292, 295, 302, 305, 307, 308, 314,414

Sapia, 405, 462.

Schœlcher, 75.

Sicard, 202.

Simon, 447.

Sirdey, 415.

Soëns, 447.

Soir (Le,), journal, 232.

Sourd, 376, 377.

Spuller, 422

Swidzinska (M"*), 168.

Tachereau, 67.

Tamisier, 325.

Tanguy, 361.

Télégraphes (Direction des), 19.

Thélin (Ch.), 100

Theisz, 140, 427 , 445, 447.

Thiers, iv, vi, xi, xii, xvi, xvii, xvm, 4, 5, 6, 8, 9, 10, 15, 17, 18, 20, 24, 28, 70, 81, 85, 90, 107, 117, 132, 134, 140,162,172, 173, 177, 178, 182, 184, 206, 211, 217, 219,221,222,223,226, 234, 240, 242, 251, 252, 254, 261 , 273, 281 , 290, 297, 301 , 307, 313, 314, 316, 318, 319, 326, 345, 363, 371.

Thiers (Alme), 32.

Thomas (Général Clément), 45, 47, 91, 442.

Thoulier, 421 .

Tirard, 75, 76.

Tolain, 113.

Tourneur, 100.

Trépoff (Général), 168.

Tridon, 79, 97, 98, 324, 325, 328, 332, 347, 408,

INDEX

Trinquet, 60, 140, 141, 160.

Trochu, 160, 324, 384, 405.

Tronçon-Dumersan, xvii

Vaillant (Le Maréchal), 99, 100.

Vaillant (Florimond), 97, 129, 348, 355, 356, 357, 361 , 368, 376, 411, 419, 437 à 438, 440 à 444, 446, 447, 49, 450, 451, 453, 455.

Vallès (Jules), 155, 453

Varlin, 68, 69, 72, 73, 74, 86, 87 à 91, 96, 97, 127, 135.

Varlet, 361,411, 432, 437, 460.

Vermersch, xv 159 à 161, 321, 362,411,418, 425, 460,461,463,

Versmersch- Journal, 258, 310, 31 1 .

Vermorel, 97.

Vésinier,21 ,24, 156, 157, 158, 235.

Veysset, xvn 162, à 183, 184 à 218 219 à 255, 256 à 273, 294, 414.

Veysset (M“e Marguerite, voir Veysset.)

Viard, 97, 155, 159, 348, 358 h 361, 376, 398, 399, 406 à 409, 419, 435, 460, 462.

Victorine (X.), 202.

Villers, 411, 460.

Vinoy (Général), xn 23, 28, 31 à 36, 38, 85, 239.

Voisin (F ), préfet de police, 359, 360, 390 à 392, 461.

Warenghem (Georges), 199.

Washburne (Ambassadeur) 48.

Weber, 366.

Woetzel, 337, 401.

Wroblewsky, 97, 269, 270, 460 Wuillaume, 417, 422.

Würth, 214, 215, 288, 310, 311,

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