‹ Comment collectionner les spécimens zoologiques pour le Musée commé moratif Victoria [microforme]Chapitre 11 sur 25 · ASSÈCHEMENT · texte numérisé non relu

ASSÈCHEMENT

Quand le nettoyage a été fait à la perfection, il faut essuyer le mieux possible les endroits lavés, puis frotter

légèrement avec un tampon d’ouate humecté de gazoline, de benzine, de térébenthine ou de pétrole, après quoi on fait une autre application de plâtre, de sciure de bois dur ou de farine de maïs pour absorber l'humidité. Il faut voir à bien saupoudrer entre les plumes, puis à bien secouer. On répète l'opération en soulevant un peu les plumes avec les doigts et en les frappant doucement de la main ou avec une petite baguette, pour que le plâtre pénètre bien tout partout. L'opération se fera plus facilement si l'on agit dans un courant d'air. On doit se servir de préférence de gazoline ou de benzine; et l'on n’emploiera la térébenthine ou le pétrole que si l'on se propose d’assécher au moyen du plâtre. Quant au pétrole, on ne doit s'en servir qu'à défaut de térébenthine. S'il y a sur le plumage dés indications de taches de graisse ou si l'on doit se servir de plâtre pour assécher, l'emploi de l’une de ces substances est de rigueur; dans tout autre cas, on ne s’en sert que pour rendre l’assèchement plus prompt. S'il ne s’agit que de petits endroits humides, le plus rapide est d'employer simplement le plâtre; mais assez souvent les taches d'humidité empêchent le plâtre de pénétrer sous les plumes et il peut en résulter certains inconvénients. Le choix de l’une de ces substances pour assécher dépend quelque peu des spécimens que l'on a à traiter. Le plâtre agit très vite; mais à moins que

l'oiseau ne soit blanc ou de couleur pâle, il est difficile d’en enlever toute trace et le plumage garde parfois une apparence matte et terne. Cet inconvénient n'existe pas pour les spécimens de couleur claire. Le grand secret, quand on se sert du plâtre, c'est de savoir en mettre suffisamment. Quelqu'étrange que cela puisse paraître, plus on en met sur les plumes, moins on en a à enlever. Le plâtre grossier, désigné dans le commerce sous le nom de «calcine plaster», est préférable au plâtre plus fin ou «dental plaster», vu que la granulation plus forte s'enlève plus facilement que le plâtre réduit en fine poudre. S'il s'agit d’un oiseau noir ou de couleur sombre,

il est préférable de se servir de sciure de bois dur; à défaut de sciure de bois, la farine de maïs pourra faire, bien qu'elle n'agisse pas aussi rapidement. N'employez jamais la sciure de bois de pin ou autre bois résineux. Cette substance n’absorbe pas l'humidité et même elle peut occasionner des taches. On peut assécher le plumage sans se servir d'aucune de ces substances, mais c'est une opération très longue et qui demande une grande patience, surtout s'il s'agit de gros spécimens. Tout ce qu’il y a à faire, c'est d'agiter les plumes avec les doigts, ou un tampon d'ouate sèche, en se tenant dans un courant d'air; on n’a qu’à attendre que l'humidité soit totalement disparue par évaporation. Il faut agiter les plumes afin d'empêcher que, sous l'effet de l’assèchement, elles ne se tiennent compactes et perdent leur élasticité nat: relle. Si les plumes sont presque sèches et qu'elles semblent refuser de reprendre leur élasticité naturelle, il sera bon, pour sauver du temps, de mettre le spécimen de côté pendant quelques minutes et de procéder à un autre travail; généralement l'évaporation se fait d’une façon suivie et quand on le reprend, le spicimen est complètement sec* il ne reste plus qu’à assouplir le plumage.

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