MANIERE DE LEUR FAIRE LA CHASSE
Nous conseillons aux collectionneurs de lire soigneusement l'introduction. Pour faire la chasse aux petits mammifères—de la taille de la marmotte et au-dessous—
c'est encore le piège qui est le meilleur instrument. On peut, il est vrai, se servir du fusil, spécialement pour les espèces assez grosses, mais plutôt comme auxiliaire que comme arme principale. Pour ces dernières espèces, les diXérents pièges du système Newhouse (pièges à ressort <: srefermant sur la patte) sont les plus efficaces; mais pour les souris, les taupes, les mulots, etc., on aura meilleure chance de succès en se servant de lacets ou de ièges à souris. Il s’en trouve sur le marché un grand nombre de marques qui ne diffèrent entre elles que dans les détails L'important, c'est de choisir les marques plus légères et les moins encombrantes, ce qui permet d'en apporter avec soi un plus grand nombre de pièges. Le prix doit aussi entrer en considération, car, outre qu'il en faut beaucoup pour une chasse fructueuse, ces pièges sont sujets à se perdre facilement. Ayez soin, en outre, de choisir une marque qui tue sans endommager la peau de la victime.
Pour la chasse du gros gibier, on trouvera les instructions nécessaires dans les manuels qui traitent de ce sujet; nous ne donnerons ici que certains conseils, vu que l'expérience est encore le meilleur maître quant aux méthodes à adopter et aux endroits où porter les recherches, les circonstances pouvant varier à l'infini.
On doit tendre les pièges de préférence sur une route que l'on peut parcourir matin et soir. Ilest bon de fixer l'appât aux petits pièges avant de se mettre en chemin. Le meilleur temps pour les mettre en place, c'est le soir, vu que la plupart des expèces de ce genre de gibiers ont des habitudes nocturnes. On aura la précaution «2 se munir d'un calepin et &'un crayon, afin de noter avec précision les endroits où l'on pose les pièges: de la sorte, la mémoire ne fera défaut ni sur le nombre des pièges ni sur leur emplacement. L'entrée ci-dessous dans le calepin en démontrera l'importance:
«Prenant cornme point de départ la vieille souche, à
dix pas du chemin: un piège sous la racine qui affleure.
A trente pas dans la direction du nord-est, un piège sous la souche calcinée. Un autre auprès du gros cailleu, à vingt pieds à droite, etc., etc.»
Noté de la sorte, un trajet est toujours facile à refaire et l'on risque peu d'oublier quelques pièges.
On doit déposer ses pièges sous les parties saillantes des souches, des pierres et autres endroits analogues. Il sera bon d'examiner attentivement les traînées de poussière, ici et là, et tout particulièrement autour des souches et des cailloux, afin de voir s'il ne s'y trouverait pas des traces du passage de ces petits mammifères; cela pourra guider pour l'e: -placement des pièges. Crs petits animaux se font souvent, dans les hautes herbes, des passages ou galeries rayonnant en tous sens, que l'on peut reconnaître facilement en cherchant à la base des tiges, près du sol: c’est un excellent endroit pour les pièges. En un mot les bons endroits sont par centaines, le chasseur n’a qu'à les essayer; plus il varie les localités, meilleure chance il a de varier aussi les espèces capturées.
Détail important entre tous: on doit faire la visite des pièges le plus tôt possible, chaque matin, car les petits mammifères sont plus faciles à se détériorer que les oiseaux: il suffit qu'ils soient exposés quelques heurcs à la chaleur du jour pour qu'ils perdent toute leur valeur. En outre, comme ils s'entre-dévorent sans scrupules, il pourraient arriver que les captifs fissent les frais du déjeuner de ceux qui ont éckappé aux pièges.
L'expérience a vite fait d'apprendre au chasseur quels sont les meilleurs endroits où établir ses pièges. Il y confinera spécialement son travail, mais il agira sagement en plaçant quelques pièges dans d'autres endroits qui, à la longue, ne manqueront pas de lui rapporter quelque nouvelle espèce.
Préliminaires.
Il est encore beaucoup plus important d’avoir les mesures exactes des petits mammifères que des oiseaux;
aussi, n2 doit-on jamais manquer de prendre ces mesures sur les lieux mêmes. Les trois mesures les plus importantes sont: la longueur de l'animal, la longueur de la queue, et la longueur du tarse des pattes de derrières. Ces mesures doivent être prises en ligne droite au moyen d'une règle fixe, et non avec le ruban qui se prète trop aux ondulations du corps.
Longueur de l'animal.—La longueur se mesure depuis l'extrémité du museau jusqu’à l'extrémité de la dernière vertèbre de la queue. Le meilleur moyen de procéder, c'est de coucher l'animal sur une planchette, les pattes en l'air, et de l'étendre, mais sans tirer dessus; on enfonce une épingle à chaque extrémité, puis, déplaçant l'animal, on mesure l'espace entre les deux épingles; on peut se servir du système métrique, ou du pouce divisé en dixièmes.
Longueur de la queue—On mesure depuis la naissance de la queue jusqu'à l'extrémité de la dernière vertèbre. Placez l'animal de telle sorte que le corps soit suspendu au bout de la planchette et que le rebord de celle-ci s’ajuste dans l'angle formé par la naissance de la queue. Allongez la queue sur la planchette et fichez une épingle tout à l'extrémité. Mesurez ensuite la distance du bord de la planchette à l’épingle.
Longueur du tarse des pattes postérieures —Cette lon gueur se prend depuis l'extrémité de l’ongle äu doigt le plus long jusqu’à l'arrière du talon. Placez la patte à plat sur la planchette, tenant l'animal de la main gauche, et de la main droite, piquez deux épingles, après avoir bien étendu les doigts, l'une à l'extrémité de l’ongle, l’autre à l'extrémité du talon. Mesurez ensuite la distance entre les deux épingles.