‹ Comment collectionner les spécimens zoologiques pour le Musée commé moratif Victoria [microforme]Chapitre 14 sur 25 · CR D · texte numérisé non relu

CR D

Passons maintenant au cas où il s'agirait d'un oiseau d'une certaine grosseur et dont les ailes sont relativement développées; il faut de toute nécessité découvrir les os des ailes le plus loin possible, mais au-dessous seulement pour ne pas en détacher le: pennes qui y sont implantées: le radius et le cubitus seront parfaitement nettoyés dans toute leur longueur et même une partie du métacarpe: on y donne une bonne couche de préservatif, après quoi on recoud soigneu ement l'incision. Il se peut que des oiseaux tels que certains canards et certains pics, aient la tête trop grosse pour passer dans la peau du cou. Dan: ce cas, lorsqu'il devient évident que la tête ne peut pas aller plus loin sans détériorer la peau, on coupe le cou, et, après que le reste du travail est fait et que la peau est retournée, on fait une incision de la base du crâne jusqu’ la naissance du cou et l'on fait passer la tête au moyen de cette incision, que l’on coud lorsque l'opération est terminéc.

Il s'agit ensuite de procéder au montage. En cela, on pourrait dire qu'il n'y a pas deux Préparateurs qui suivent exactement la même méthode: chacun invente plus ou moins de procédés qui lui sont particuliers et qui permettent les résultats les plus satisfaisants. L'important, c'est de donner au spécimen la figure d'un oiseau et de le monter de manière à en faire voir tous les caractères, tout en lui réservant le moins d'espace possible dans la collection. On peut donner une direction générale, mais quant aux détails, le préparateur aura vite fait de trouver ce qui lui convient le mieux. On commence par placer l'oiseau sur le dos, dans la même position qu'il avait lorsqu'on a fait la première incision. On prend ensuite un petit bout de bois, un peu plus court que le cou et le Corps réunis, que l'on entoure de coton, en tâchant d'imiter autant que possible la forme et la taille du cou et du corps. Pour les très petits oiseaux, une allumette fera l'affaire et sera d'autant plus facile à trouver que le préparateur sera un fumeur de profession.

ptet dite

Il est bien entendu que pour les oiseaux de plus forte

taille, il faudra recourir à autre chose, un petit éclat de

bois ou une petite branche. Il y a des préparateurs qui

ne se servent pas de bois du tout pour le cou; mais un

simple coup d'œil dans leur collection fera voir nombre de

peaux dont les cous sont brisés et démontrera l'importance

de bien assujettir cette partie de l'oiseau. On introduit

ensuite ce cou artificiel, en tâchant de l'assujettir le plus

solidement possible dans le crâne, ce à quoi on arrive avec

la pratique et l'expérience. La peau est ensuite mise en

place"autour de ce corps artificiel et il ne s’agit plus que de bourrer d'un peu de coton les endroits défectueux, après quoi on referme l'incision abdominale en y pratiquant très soigneusement une couture. Pour faire cette couture, on se sert d'une aiguille ordinaire et de fil plus ou moins gros selon la taille de l'oiseau. Pour les très gros oiseaux on pourra même employer de la ficelle. il faut commencer à coudre près du croupion, en dirigeant le couture à rebours du plumage. On se servira de préférence du point de surjet, ou “base-ball stitch », comme disent les sports anglais, c'est-à-dire que l’on fera constamment passer l'aiguille de l'intérieur à l'extérieur de la peau. Il faudra prendre soin à ce que le fil n'emprisonne pas les plumes et ne leur donne une fausse position: on devra faire passer le fil librement entre la hampe des plumes, de manière à ne donner à celles-ci aucun déplacement perceptible. Si la couture a été bien faite, en travaillant ensuite les plumes, celles-ci la cacheront complètement en reprenant leur position naturelle.

Le montage fait, il s'agit de déterminer le sexe de l'oiseau. Pour cela, placez le corps devant vous, sur le côté droit, le dos tourné de votre côté; puis, avec un couteau ou des ciseaux, faite une incision à travers les côtes en descendant vers les deux protubérences allongées du bassin, qui se projettent de chaque côté. Ouvrez légèrement les lèvres de l'incision et retirez-en les viscères. Si

RER EE Ress éanin meme

c'est un mâle, vous distinguerez à la base des rognons, deux appendices en forme de fèves. Ce sont les testicules: à l'état normal, ils sont de couleur jaune pâle; quelquefois, cependant, ils seront noirs à cause d’un épanchement de sang produit par la blessure du plomb. Celui de gauche est toujours plus grand, et même, quelquefois, beaucoup plus grand. Si c'est une femelle, à la place des testicules on trouvera les ovaires sous forme de petits globules jaunes. Au printemps, ou pendant la période de l'appariation, les organes sexuels sont grands, très visibles et ne sauraient passer inaperçus, car ils remplissent quelquefois toute cette partie du corps. En automne, chez les aduites, ils se rapetissent tellement, qu'il faut faire bien attention pour les y trouver. Dans les jeunes spécimens, les organes génitaux sont presque microscopiques et même parfois, il n’est pas possible de les reconnaître avec certitude. Dans ces cas, les glandes supra-rénales qui occupent la même partie du corps peuvent très bien être prises, d’une part, pour les ovaires et, d'autre part, pour les testicules. Comme, cependant, ces glandes sont plus adhérentes au corps que les organes génitaux, il sera assex facile de ne pas se tromper. À moins que le collectionneur n'ait une absolue certitude sur la nature des organes étudiés, il ne devra pas indiquer le sexe, ou, du moins, s’il l'indique, il aura soin d'y ajouter un point d'interrogation.

Il s'agit maintenant d'indiquer le sexe sur l'étiquette. On croise les pattes du spécimen et on attache l'étiquette à leur point d'intersection. Il y a des collectionneurs qui attachent l'étiquette à une jambe seulement; mais cette méthode offre un danger: la patte pourra s'arracher plus tard, et le fait d'attacher ensemble les deux pattes les solidificra davantage; c'est pourquoi on doit préférer cette méthode, bien qu'elle donne au débutant un plus peu de trouble sur le moment.

La position que l'on doit donner à l'oiseau est matière à considération et varie aussi bien selon les espèces que selon le caprice du préparateur; toutefois, nous crovons devoir

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indiquer aux débutants les quelques conseils qui suivent. Dans les petits oiseaux ordinaires, on doit placer la tête de manière à ce que le bec soit dans la direction de l'axe du corps. Il est préférable de lui donner immédiatement sa position, afin d'éviter le danger que le cou ne se brise lorsque la peau se sera desséchée et durcie. Pour les oiseaux à long cou, tels que les hérons, on doit rejeter la tête en arrière sur le corps; si pour ces sortes d'oiseaux on a replié les jambes de manière à ce que les pattes appuient sur la poitrine, on aura un oiseau plus compact et tout aussi avantageux pour l'étude. Bien entendu, si on plie le cou de cette manière, on ne peut se servir d’un morceau de bois pour le montage et se contentera de bourrer avec des tampons d'’ouate. Pour les gros oiseaux, on doit s'efforcer de les monter de manière à ce qu'ils prennent le moins d'espace possible, tout en laissant voir les détails nécessaires à l'étude. Pour les petits oiseaux à crête proéminente, on peut placer la tête, le bec dirigé de côté et la crête totalement relevée. La manière la plus facile d'arranger le plumage à cette phase du montage, celle en même temps qui donne le plus de satisfaction, consiste à saisir l'oiseau entre le pouce et l’index sous les ailes et de faire une légère pression; il en résultera que le plumage du dos se remettra de lui-même en place d’une façon tout à fait naturelle. On tourne ensuite l'oiseau sur le dos et l’on arrange les plumes de la poitrine et du ventre avec les doigts ou, au besoin, avec les pinces; il ne s’agit plus ensuite que de voir à placer les ailes. Pour cela, il y a des préparateurs qui couchent l'oiseau sur un feuillet d’ouate sur la table; ils ramènent la ouate sur les côtés après que les ailes ont été mises en place, et ils tiennent celles-ci fixées avec des épingles qu'ils enfoncent dans la table et qui agissent comme supports. Une fois les deux côtés terminés, ils passent à la poitrine, puis ils remènent la ouate de façon à envelopper l'oiseau. Une at e manière consiste à préparer une enveloppe de papier, la grandeur à 78290—3}

peu près de l'oiseau, et, lorsque l’arrangement des plumes est terminé, de le glisser dans cette enveloppe qui maintiendra le tout en place pendant que la peau séchera. Pour les gros spécimens, on se sert d’un tissu de coton au lieu d'ouate pour envelopper l'oiseau. Le meilleur tissu à cette fin est celui dont on se sert pour les moustiquaires et que l'on aura soin d'abord d'humecter et de laisser sécher tout frippé. Le froissement donne au tissu une élasticité plus grande et la lâcheté du tissu facilite en même temps l'épinglage, de telle sorte que l'on peut donner la tension voulue aux endroits voulus: la peau y gagne en beauté et en élégance. On peut aussi se servir de toile à fromage (cheese-cloth) ou autre tissu analogue.

Il s'agit ensuite de laisser sécher la peau: il ne faut pas l'exposer au soleil, mais plutôt la iaisser sécher naturellement à l'ombre, La longueur de temps pour l'assèchement dépend des conditions atmosphériques et aussi de la taille et des conditions de l'oiseau. Dans certains climats, il n’y a pas possibilité de faire sêther l'oiseau naturellement, et il faut recourir à certains moyens artificiels: ces cas se rencontrent dans les pays tropicaux et non dans nos pays tempérés.

Une question que l’on me pose souvent est celle-ci: «Quelles sont les meilleures matières à employer pour bourrer les peaux». La réponse est simple: «On peut tout utiliser, qui n'est pas de provenance animale». Le coton, quand on peut se le procurer en grande quantité, pourrait servir à bourrer même les gros oiseaux: pour les petits, c'est ce qu'il y a de mieux; d'autre part, la filasse, l'étouppe, la mousse, l'herbe sèche, ou même le papier à gazette, tout est bon; en un mot, on peut se servir de tout ce qui est de provenance végétale ou minérale et qui, par son élasticité, se prête à la chose. On ne doit jamais se servir de laine sous aucune forme, si l’on ne veut pas voir les insectes venir détruire en peu de temps le spéciment qui nous a valu tant de soins.

Voici la formule d'un bon savon arsénical:

Savon blanc, plutôt mou que dur...........

Arsénic pulvérisé..... RE 2 5 onces.

On coupe le savon en très petits morceaux que l'on fait fondre dans un peu d’eau sur un feu doux, en remuant fréquemment. On ajoute la soude et l’on remue en ajoutant l'arsenic. On fait dissoudre le camphre dans l'alcool et l'on ajoute le <-1t. On mélange soigneusement en remuant, puis on f: ‘lir. On verse ensuite dans des pbassines ou autres , - : our laisser refroidir, mais il est bon de remuer de temps en temps, afin d'empêcher l’arsenic de se déposer. Cette composition doit se solidifier complètement en refroidissant; appliquée avec un blaireau et un peu d’eau, elle fait une abondante mousse de savon.

Si les communications par chemin de fer le permettent, il est encore préférable d'envoyer au musée les peaux fraîchement préparées; elles y seront nettoyées et dégraissées dans de meilleures conditions et avec plus de facilité; en outre, il est toujours plus facile de monter une peau fraîche qu'une peau préparée depuis longue date et quiaeu le temps de se dessécher. Quand la température n'est pas trop élevée, il est possible d'envoyer des spécimens même de très loin, si on a le soin de les bourrer d'ouate humectée avec la solution ci-dessous:

1 chopine.

Acide phénique (carbolique) ordinaire....1 once.

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