‹ Comment collectionner les spécimens zoologiques pour le Musée commé moratif Victoria [microforme]Chapitre 2 sur 25 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Le Musée commémoratif Victoria compte dans ses collections un nombre considérable de spécimens zoologiques; mais le Canau1 est vaste et l’on n’a fait, pour ainsi-dire, qu'effleurer ce pays ‘mmerse par ses ressources comme par son étendue. Parr1 les collections du Musée, il n’y en a pas une seule qui soit représentée d’une façon relativement parfaite. Au point de vue zoologique, les régions qui ont été passablement fouillées jusqu'ici sont le sud à2 l'Ontario et la partie: méridionale de la Colombie anglaise; cependant, même dans ces régions, il reste encore beaucoup à faire. Quant aux autres régions du pays, elles n'ont été travaillées que plus ou moins superficiellement; aussi peut-on conpter comme acquisition précieuse tout spécimen qui nous provient de ces régions. Grâce à la bonne volonté des amis du musée, grâce à la bonne volonté surtout des employés de la Commission géologique dans leurs excursions pour des ; 78299—1} 6]

travaux d'arpentage, il serait donc possible d'enrichir en peu de temps d’une manière considérable les collections de notre musée national.

Le Canada est un pays naissant, plein de promesses pour l'avenir. Les étrangers y sont venus puiser à pleines mains: leurs musées ont bénéficié de leurs recherches, ce qui fait que notre faune y est mieux représentée qu'elle ne l'est dans notre propre musée. 11 me semble que notre amour-propre devrait nous stimuler en faveur de cette institution nationale. Les touristes étrangers se font un point d'orgueil d'enrichir leurs musées des pièces qu'ils rapportent de leurs voyages à travers notre pays; il est à espérer que les Canadiens ne manqueront pas de s'inspirer d'un si bel exemple. Notre désir, c'est de faire de notre musée une institution vraiment nationale et dont nous puissions parler avec un légitime orgueil. Toutefois, ce but ne peut être atteint que grâce à la coopération—collective et individuelle— de tous les citoyens, sans distinctior. l’origine.

Hi ne faut pas croire qu'une institution de ce genre maintenue par un gouvernement, pourrait rivaliser avec les institutions privées de même nature, si, outre le travail de ses. employés, elle ne pouvait compter sur l'aide des particuliers. Le prestige de ces établissements renommés, tels que le British Museum, le Smithsonian Institution, est dû autant à la générosité et à l'aide efficace des citoyens, qu’au support direct du gouvernement. Quelque riche que soit le gouvernement d'une nation grande et prospère, ses ressources deviennent insuffisantes parce qu'elles sont draînées de mille manières; aussi, l'expérience nous démontre-t-elle qu'une institution scientifique ou artistique qui ne peut compter que sur l'aide du gouvernement n'arrivera jamais à rivaliser avec celle qui a pour appui le dévouement et l'influence d'un groupe de riches particuliers.

C'est pr. quoi nous faisons un appel pressant à tous les Canz us que leur travail ou que leur goût pour les

D. oo ——

sports at’irent dans le: endr :s du Canada les plus isolés, les moins fréqueurt.; i} .e faut pas qu'ils oublient que le Musée commémorat: Victoria est et doit être le gardien fidèle des spéciments zoologiques qu'ils ont collectionnés et qu'ils ne désirent pas garder come trophées personels. Il leur sera toujours accordé plein crédit pour leurs dons généreux, et ils auront en même temps la garantie que le Musée conservera ces acquisitions avec un soin tout particulier, les faisant servir au meilleur but scientifique possible. En effet, ces pièces c2ntribueront à étendre davantage le champ des connaissar-es; elles aideront, par là, au prestige de la sc. ice canadi 2.

Bien plus, ceux qui s'intéressent à la zoologie peu 1t aider, non seulement en collectionnant des sp{cimens pour le musée, mais encore en prenant des notes, en communiquant leurs observatior: nersonne ‘cs sur la distribution ou -ur les mœurs des : ‘1aux qui composent la faune du Canada. Ces informations offrent un grand intérêt, surtout celles qui ont trait aux régions qui n'ont été que peu ou point étudiées; dans certains cas, elles peuvent valoir plus que les spécimens zoologiques euxmêmes: et bien que ces notes puissent n'être pas, par elles-mèmes, suffisamment précieuses pour mériter d'être insérées dans un rapport ou dans une publication officielle, il n'en reste pas moins vrai qu'elles ont toujours leur valeur dans l'appréciation des ressources zoologiqres de notre pays.

Avant de clore cet appel à la bonne volonté de nos compatriotes, il y a une chose sur laquelle il est bon que j'insiste: il arrive assez souvent que des donateurs imposent des conditions qui sont parfois absolument ridicules. On doit supposer que les employés du musee ont toute la compétence voulue pour disposer des spécimens de la manière la plus avantagcuse dans l'intérêt de la science; de telles conditions, imposées par des personnes peu expérimentées, sont de natui- à mettre obstacle plutôt qu'à aider à l'avancement des connais-

sances zoologiques. Les circonstances changent avec le cours des années, et certaines restrictions qui semblent aujourd’hui raisonnables, seront, demain, diamétralement opposées à ce qui constitue la force du progrès et la base de l'enseignement. Nous espérons donc, dans l'intérêt de la science, que les donateurs n'imposeront jamais de conditions, mais que, s'en remettant à l'expé rience des directeurs du musée, ils laisseront ceux-ci libres d’agir comme bon leur semblera; ils n’oublieront pas que c'est à cause de ces sortes de restrictions et d'embarras futiles, que certaines institutions ont vu leur existence mise en péril, ou, du moins, n’ont pas répondu à leur raison d'être, qui est, avant tout, l'avancement et la diffusion de la science dans le monde.

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