A. LES MOULURES
Dans toute œuvre où se trouvent des éléments architectoniques, on rencontre des moulures, qu'il s'agisse d'une église ou d'un reliquaire, ou d'un coffret, ou d'un dressoir. Il n'est donc pas inutile que nous nous arrêtions à leur diversité, et que nous en dressions un rapide inventaire, non que ces moulures, ces ornements en creux ou en relief puissent servir à caractériser un style, mais parce que la façon dont elles sont combinées peut déterminer des caractères propres.
Voici, très sommairement, la liste des moulures que nous rencontrerons à l'époque romane, aussi bien qu'à l'époque ogivale et à l'époque de la Renaissance. H y a d'abord, relevées dans l'art antique, et spécialement
STYLE ROMAN
employées par l'art roman : les moulures droites, les moulures courbes et les moulures composées, qui comprennent chacune les distinctions suivantes :
Moulures droites. — Le filet, bandelette ou listel : petite moulure en relief, au profil carré (fig. 54).
Le bandeau ou plate-bande : filet '. i
d'une grande largeur, si on le compare LlIIIlIir.".' \
à son peu de saillie {fig. 35). | |
Le larmier : filet de grande largeur ^-^^ 5^ p^g^ 55, pig, 5,3, et de grande saillie (fig. 36).
Moulures courbes. — Le quart de rond ou échine : saillie convexe,
formée d'un quart de cylindre (fig. 57).
Le cavet : le contraire du précédent,
saillie concave, formée d'un quart de
cylindre creux (fig. 58).
Fig. 57. Fig. 58. Fig. 59. ^ , ^' \ ,nr.r.
Le congé : un petit cavet [fig. ù9).
Le tore ou boudin : une saillie convexe, formée d'un demicylindre {fig. 40). I I
La baguette : qui n'est qu'un petit ^ — - j
tore {fig. 41). -
La gorge : une saillie concave, for- 1 mée d'un demi-cylindre en creux (^(/. 42). Fig. 40. Fig. 41. Fig. 4-.
Moulures composées. — Le talon : moulure à la fois convexe et concave,
elle est formée d'un quart de rond et d'un cavet
{fig. 43).
La domine : le contraire du talon, formée
d'un cavet et d'un quart de rond, placés en sens
„. „ inverse (fig. 44).
Fig. 4o. Fig. 44. .
La scotie : gorge qui a ceci de particulier, que le profil est décrit de deux centres sur une même horizontale {fig. 45).
Le tore corrompu ou bravette : le contraire de la moulure précédente, une moulure y " convexe, dont le profil également est décrit de deux centres {fig. 46).
Fig. 45. Fig. 40.
Les autres moulures que nous rencontrerons jusqu'au xvf siècle sont les chanfreins (surfaces obtenues en abattant les arêtes d'une saillie
CÛiMMENT DISCERNER LES STYLES.
rectangulaire) : chanfrein ordinaire, chanfrein renversé, chanfrein double. Les anglets ou rainures, qui peuvent affecter une grande variété de formes : anglet carré, à chanfrein, à chanfrein renversé, à chanfrein double, à cavcl
»^ fSxW m> ^
Fig. 47. Fig. 48. Fig. 49. Fig. 50. Fig. 51. Fig. 52. Fig. 55. Fig. 54. Fig. 55.
ordinaire, à cavet renversé, à double cavet, trapéziforme, îrapéziforme rectangulaire, etc. [fig. 47 à 55).
Enfin, les moulures curvilignes peuvent affecter elles-mêmes une infinité de caprices {fig. 56 à 60), tels que le tore elliptique, le tore elliptique plat,
Fig. 56.
Fig. 57.
Fig. 58.
Fig. 59.
Fig. 60.
le tore ogive, le tore lancéolé, le tore en soufflet, etc. Ces dernières moulures appartiennent spécialement à l'époque ogivale que nous étudierons bientôt.