‹ Comment discerner les styles du VIIIe au XIXe siècleChapitre 17 sur 84 · A. SCULPTURE ET GI-YPTIQUE · texte numérisé non relu

A. SCULPTURE ET GI-YPTIQUE

A côté de ces caractères généraux que nous rencontrons dans tout ce qui émane de l'art roman, il en est quelques autres qui sont nés spécialement de certaines matières ouvrées, de certaines classes d'objets ; ce sont ces caractères spéciaux que nous devons signaler.

Les tombeaux et les sarcophages, qui servaient d'autels dans les premières basiliques chrétiennes, nous permettent d'étudier la sculpture : les sujets s'y répètent, sans souci de se renouveler : c'est le bon Pasieur, c'est Daniel dans la fosse aux lions, c'est Jésus-Christ dans un rayonnement. Au XI* siècle, la ligne n'a pas de noblesse ; les figures sont courtes et rondes ; dans la seconde période, qui emprunte davantage à l'inspiration byzantine, les ngui-es s'allongent, la ligne s'affine, les draperies s'arrangent en plis parallèles; la perspective est encore absente pour les pieds et les genoux; l'expression physionomique également se modifie : les sourcils s'accentuent en une /arge courbe, les yeux sont grands et saillants, fendus et relevés aux extrémités; cette formule est signalée en sculpture, jusqu'au xuf siècle, que marqua une véritable renaissance en cet art. Les matières employées étaient,

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pour la sculpture proprement dite : la pierre, le marbre, le bronze et le bois; et pour la sculpture ornementale, le fer et les mélaux précieux.

Il y a une formule d'art dérivée de la sculpture qui a laissé, à l'époque romaine, quelques traces d'une culture barbare : la glyptique, ou l'art de graver les pierres dures ; lorsque la gravure est en creux, on l'appelle entaille ; lorsqu'elle est en relief, on l'appelle camée.

Les Grecs et les Romains ont laissé des chels-d'œuvre en matière de glyptique, chefs-d'œuvre dont une certaine quantité est parvenue jusqu'à nous. Au iv° siècle, il y eut môme ce fait curieux que les églises chrétiennes

Flg. 60-67. — RELIQUAIRES ORNES DE CAMÉES ANTIQUES

qui en possédaient n'hésitaient pas à débaptiser leur figuration profane, pour leur attribuer une représentation sacrée : c'est ainsi que longtemps deux très belles agates, qui représentaient l'apothéose d'Auguste et Jupiter, furent longtemps considérées comme figurant le triomphe de Joseph et saint Jean.

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