‹ Comment discerner les styles du VIIIe au XIXe siècleChapitre 29 sur 84 · B. LES FORMES · texte numérisé non relu

B. LES FORMES

L'ogive devait naturellement amener des modifications dans le décor spécial des édifices, appelé rose.

La rose n'est que le développement de l'œil-de-bœuf de l'architecture latine; elle s'appliquait aux grandes ouvertures supérieures des édifices

Fig. 96. Fig. 97. . Fig. 98.

ogiviques et aux ornements découpés en contre-lobes : trèfles, quatrefeuilles, etc. {fig. 96 à 102). Il faut entendre qu'on la retrouve également dans les châsses et autres objets où l'artiste s'est inspiré de la forme et du décor des cathédrales. Or, dans le système roman, nous avons vu que la rose était découpée en creux : dans le système ogival au contraire, la rose

Fig. 99. Fig. 100. Fig. 101. Fig. 102.

est encadrée d'un cercle, et ne commence à s'évider que dans les parties triangulaires comprises entre la pointe des contre-lobes et le tore d'encadrement.

Mais la rose, comme l'ogive, suivit pas à pas la loi d'évolution, et elle prit successivement la forme ogivale, la forme lancéolée, la forme cymatiforme. Ces distinctions correspondent aux trois périodes de l'art ogival, qu'on désigne d'un nom de convention :

Le style ogival primaire, qui règne pendant le xni^ siècle et dont le caractère principal est l'élancement élégant. Le i^tyle ogival rayonnant, ainsi nommé de ce que la forme des roses des arcs et des quatre-feuilles qui

Fis. m.

Fig. 105.

ornent les fenêtres, les tympans et autres parties des édifices, est rayonnante; la broderie intérieure des tympans occupe plus de place, et comme elle

Fiff. 100,

Fig. 107

Fk. 108.

FiK. 116.

Fig. 115.

résulte de combinaisons plus compliquées, elle donne à l'ensemble un aspect plus ramassé. La conséquence naturelle de cette particularité est que la fenêtre s'élargit et passe de l'arcade évasée à l'arcade surbaissée, sans s'arrêter au plein cintre ^ les meneaux s'évident et forment de véritables

STYLE OGIVAL

dentelles de pierre, sans renoncer au cercle, comme courbe génératrice de toules les broderies supérieures. C'est le style propre du xiv* siècle [fig. 105). Enfin, au xv^ siècle, l'ogive a perdu tout élancement, et la courbe

Fig. 117. Fig. 118. Fig. 119. Fig. 120. Fig. 121. Fig. 122.

écrasée de l'arcade laisse prévoir, dans un avenir prochain, le retour à l'arc du plein cintre.

On avait épuisé toutes les combinaisons possibles de l'œil-de-bœuf et de la rose, et l'on fit usage d'un nouveau système « où figurent bien encore

quelquefois les projections du cercle, disent les instructions du Comité des Arts et Monuments, mais qui se distingue du précédent par la direction toujours ascendante de ses parties, au milieu d'une variété infinie de formes renfermée dans une arcade, le plus souvent surbaissée ou en anse de panier

Fig- 136. Fig. 137.

Malgré tout le caprice de ces formes [fig. 104 et 105), il est rare qu'elles ne consistent pas, surtout dans la première moitié du xv^ siècle, en un groupe de triangles et de quadrilatères curvilignes ou autres courbes composées, finissant en pointes et présentant quelque analogie avec une flamme droite ou sinueuse; c'est ce qui a fait donner au style de la troisième période du style ogival le nom de flamboyant. »

Les caractères que nous avons relevés dans l'arc ogival et les roses, nous les retrouvons avec leurs transformations propres dans tous les autres éléments décoratifs de la même époque, piliers, bases, chapiteaux, panneaux, balustrades, arcatures, crêtes, dentelures, festons, contreforts et

STYLE OGIVAL

arcs-boutants, nervures, crochets, crosses, bouquets, ornements à stylisation animale ou végétale; et nous avons pensé qu'il serait précieux de trouver réunis, en un tableau synoptique, tous ces caractères à l'aide desquels il sera parfaitement aisé de reconnaître si l'objet qu'on examine est de tel ou tel siècle, de telle ou telle période du style ogival.

D'un élément de psychologie dans l'inspiration et l'esthétique de l'art ogival.

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