RÉGENCE. — LOUIS XV
quelées, contournées, creusées, semblent toujours chercher leur équilibre dans des problèmes d'une asymétrie maladive.
Regardons sans parti pris l'art du xviii' siècle : et si nous ne demeurons pas aveugles devant les fadeurs où il se laissa entraîner, nous ne pouvons cependant pas nous défendre de subir son extrême séduction. Les constructions n'ont
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pas une majestueuse hauteur, mais elles sont commodes. A l'intérieur les murs se garnissent de lambris de bois décorés de délicieuses sculptures, qu'une peinture blanche revêt en même temps que l'or rehausse certains reliefs des moulures. Des glaces occupent les places que n'emplissent pas ces lambris; et comme le décor sculpté est doux à voir et ne laisse que d'étroits panneaux, on n'y peut suspendre que des tableaux de mesures restreintes : il faut môme que la peinture en soit tempérée d'éclat, et les peintres n'hésitent pas à décolorer leur palette; mais de quelque anémie que semblent atteintes
les peintures de celle époque, peintures de chevalet ou peintures des trumeaux et panneaux, combien de charme elles recèlent en leurs compositions spirituelles où la fiction du rêve et l'idéalité m'ythologique s'offrent au ricanement sentimental de la vie; où les petites passions humaines se haussent au premier rang des préoccupations journalières ; où le caprice s'impose comme l'expression réfléchie de la volonté ; où la volonté ne tente de s'affirmer que par des caprices. Ce n'est plus le temps des hautes envolées, et cependant,
Fig. 199. — MOTIF EXTRAIT DU PROJET POUR LE SALON DE LA PUIMCESSE SARTORINSKI