‹ Comment discerner les styles du VIIIe au XIXe siècleChapitre 47 sur 84 · REPRÉSENTÉS OU REPRODUITS A LA MANIÈRE ÉTRUSQUE · texte numérisé non relu

REPRÉSENTÉS OU REPRODUITS A LA MANIÈRE ÉTRUSQUE

suivre, il faut le recul des années, disons mieux : il faut au moins le recul d'un siècle; il faut que le style soit définitivement dégagé de tout ce qui a pu surgir sur sa route, sans demeurer jusqu'au bout de cette route; il faut qu'il s'offre à nos yeux et à notre intelligence, comme la branche dont on a détaché toutes les vaines boutures, afin que la fleur qui s'épanouit à son faîte reçoive toute sa sève, sans partage affaiblissant, sans dépense inutile.

Est-ce à dire pour cela que notre siècle a été stérile, et qu'il n'a rien produit de caractéristique? Nullement; il a eu la volonté de produire et il a produit. Son effort n'a pas toujours été heureux; c'est que la science luttait souvent avec l'art, pour l'aider parfois en ses moyens, et aussi, inconsciemment, pour n'aboutir d'autres fois qu'à lui nuire. Mais il n'est pas besoin

de nous désoler. Déjà nous apercevons nellement le mutisme esthétique de la Iiestauration, la fougue évocalrice du romantisme, le luxe du second Empire et nous arrivons à l'heure actuelle, confiant dans l'œuvre d'éducation artistique de la troisième République.

Jamais les artistes et les artisans n'ont été plus ardents à la besogne; ouvriers infatigables de la pensée, toujours inquiets du mieux faire dans la voie des notations qui demeurent, ils ont demandé à toutes les matières des souplesses insoupçonnées, des complaisances que la science a rendues possibles; et nous arrivons au soir du xix" siècle, n'ayant pas encore en main l'horaire exact des étapes parcourues, mais fiers des longues voies ouvertes, de l'extrémité desquelles, si nos descendants y atteignent, on pourra juger de l'immense somme de travail et d'imagination dépensée par le xix^ siècle, un Rrand siècle en sa masse et en ses individualités.

VDE PERSPECTIVE DE

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