‹ Comment discerner les styles du VIIIe au XIXe siècleChapitre 46 sur 84 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Le XIX^ Siècle.

Par h Société populaire et 7'épiibHcame des arts, en partie formée des académies supprimées, et complétée par des mathématiciens, des acteurs, des hommes de lettres, des commissaires de l'armée révolutionnaire, des substituts de l'accusateur public, des cultivateurs, des jardiniers et même des cordonniers, David avait fait voter cette déclaration, que désormais « les arts ne devaient plus servir que d'aliment à la vertu ».

C'était continuer la tradition du style précédent, mais en faisant une loi de ce qui n'était encore qu'une tendance. Le résultat fut déplorable au point de vue du style, et la première République, sous l'impulsion donnée à l'art décoratif dans une voie fausse, ne sut pas s'affranchir de l'imitation fastidieuse de l'antiquité : on alla jusqu'au bout, pour obéir au principe, et l'on n'eut plus bientôt qu'une énorme mascarade évoluant dans des décors de convenlion.

L'Empire ne réagit pas davantage : il semble même que l'antiquité, dont on ne se borne plus à imiter les styles, mais dont on exige exactement les arrangements décoratifs et les formes, a été faite, pour être gâtée, à celte époque, par un art tout de déclamation. Les stylistes ne s'appliquent môme plus à chercher quelque chose de nouveau; ils affichent hautement leur

droit à la contrefaçon, et, avec une inconscience qui montre la négation de leur imagination et son impuissance, ils gravent et publient le fruit de leurs compilations.

Et nous sommes tentés de nous arrêter là dans cet essai sur les différents styles qui se sont succédé en France. Depuis 1789 jusqu'à l'heure actuelle, si l'on voulait noter tous les instants de vogue qui ont accueilli telle ou telle formule, toutes les variantes qui ont eu dans le domaine de l'art

Fig. 207 à 209. — miroir (face et profil) et jardinière (bois sculpté et bronze ciselé)

décoratif une heure, plus ou moins fugitive, de succès, tous les retours surtout qui sont allés chercher dans l'oubli les évolutions disparues pour leur rendre un semblant d'activité, un recueil entier n'y suffirait pas. Ce qu'il importe surtout de retenir, c'est que ces retours ne se sont jamais opérés avec l'aide d'éléments rigoureusement homogènes. Du jour où la diffusion des collections, celles-ci réunies souvent sans méthode au seul hasard des occasions, s'est aggravée — nous ne parlons bien entendu que de la pureté du style — des expositions internationales, c'en a été fait d'un style simple. Désormais, sous l'afflux des influences étrangères, sous la poussée de l'histoire obstinément interrogée, sous la nécessité oii l'on a été de satisfaire au dieu bibelot, dont le schisme s'appelle le dieu document, vingt styles,

LE xiX" siècll:.

trente styles, cent peut-être se sont fait place à la même heure, pour disparaître l'heure d'après, ou pour ne survivre qu'en acceptant des concessions qui, à elles seules, constituaient d'autres styles.

Car, il faut bien le reconnaître, tout a un style, tout relève d'une formule, bonne ou mauvaise, viable ou non viable : mais ainsi que nous le disions en commençant, pour constater le style, pour le connaître, pour le

Fig. 210 à 219. ORNEMENTS, VASES ET OBJETS D ' A M E U B L E M E N T

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