OGIVAL PRIMAIRE
Peinture sur vélin représentant des épisodes de la vie de la Vierge.
Il y a certainement rapprochement à faire entre les émaux et les miniatures ; par l'application de métal sur les fonds, la préoccupation des enlumineurs est sensible ; la belle peinture que nous reproduisons en donne une nouvelle preuve. Tous les fonds, en effet, sent en or bruni appliqué avec un léger relief. C'est là le signe caractéristique des peintures sur vélin du xni« siècle; les fonds ont un magnifique éciat fait d'or bruni ou de carrelages, de losanges ou d'échiquiers, à or et à couleurs, simulant une mosaïque. Les couleurs employées sont pures, rarement composées, appliquées à plat par couches épaisses, et souvent rehaussées de quelques ombres noires. Les figures sont contournées comme dans les vitraux, par un trait noir, dessiné d'une main sûre et vigoureuse. Les teintes sont pleines et unies, ombrées seulement de traits noirs.
La bordure de la miniature se lit facilement, quoique le style n'en soit pas aisé à caractériser d'un mot. Mais son dessin cependant permet de statuer, en procédant par analogie, sur l'époque des autres peintures sur vélin. Les expansions s'allègent; les formes n'ont plus le côté massif et commun des enroulements du xi^ et du xn^ siècle. Encore un demi-siècle et l'ornement, trop à l'étroit dans la limite régulière des bordures, débordera de l'encadrement et grimpera, comme un lierre vivace et fou, à l'assaut des marges, propices à sa fantaisie élégante et vive.
Les médaillons qui interrompent le dessin régulier de la bordure, complètent le sujet principal, en racontant les épisodes de la vie de la Vierge, épisodes de sa maternité divine: l'annonciation, la crèche, les mages, la présentation au temple, le massacre des mnocents, la fuite en Egypte.
PEINTURE SURVÉLIN.
Slyle Ogival Primaire {i223-i3i4).
Planche 8.