VERRERIE
Style Louis XIII {i 6 10-1643).
Époque de Louis XIV
Planches» . . 61 à 71
Ameublement. — Broderie. — Céramique Dentelle. — Horlogerie Joaillerie. — Orfèvrerie. — Tapisserie
ÉPOQUE LOUIS XIV
Bureau. Panneaux. Table. Meuble d'appui. Armoire et Commode. — Marqueterie de BouUe.
André-Charles Boulle a laissé un nom illustre dans l'art du meuble ; il a créé un genre, d'une somptuosité qui s'accordait avec l'époque où il vécut. Il était né aux galeries du Louvre, où son père était logé. Louis XIV lui donna le titre de premier ébéniste de la maison royale, par un brevet où il est qualifié architecte, graveur et ciseleur. Dans une biographie de lui, on ajoute peintre, sculpteur en mosaïque, dessinateur de chiffres et maître ordinaire des sceaux du roi : toutes ces qualifications se résument en un mot : Boulle était un artiste accompli ; il fit d'ailleurs partie de l'Académie de Saint-Luc.
Il y a dans les meubles de Boulle deux éléments importants : la sculpture, rappelant en des bronzes admirablement ciselés, et d'une spirituelle intention, l'art de Girardon et de Coyzavox, et l'ornement qui se détache sur une marqueterie d'écaillé noire incrustée d'arabesqaes de cuivre, et parfois enrichie de compartiments d'ébène et de filets d'étain. Rien de / us délicat — et aussi de plus fragile — que ces meubles aux données d'ensemble architectoniques, où rien dans les lois d'équilibre n'est laissé au hasard. Tout y est d'une harmonie parfaite et d'un art qu'on a souvent imité, mais qu'on n'a jamais égalé. On n'a, pour s'en rendre compte, qu'à examiner attentivement les meubles de notre planche.
Boulle demanda des dessins pour ses décors de marqueterie et ses bronzes à plusieurs artistes, parmi lesquels il convient de citer Berain, Domenico, Gucci, Warin, Ballin» Duval, Van Opstal, Girardon et Lecorate.
AMEUBLEMENT
Strie Louis XIV [1643-1 71 5).
ÉPOQUE LOUIS XIV
Guéridons, Appliques et Consoles. — Bois sculpté et doré.
Antoine Lepautre fut un des plus illustres décorateurs du xvii« siècle; mieux que tout ^utre, il a compris, sous la direction de Lebrun, l'art pompeux qui convenait au roi magnifique. Né d'une famille de menuisiers, il apprit ce métier, et exécuta certainement plusieurs des meubles dont il a fourni le dessin. Architecte des bâtiments du roi, il se donna tout entier à l'invention créatrice de l'ornement, exerçant ainsi, par la publication de ses cahiers, une influence considérable sur le goût de ses contemporains. Il a donné une longue suite de consoles, d'appliques et de guéridons, d'une rare pondération de ligne, et d'une solennelle richesse : s'il a été très peu architecte pour l'œuvre que cette profession exige, il l'a été sensiblement et heureusement dans la fabrication de ses meubles qu'il avait exécutés ou seulement inspirés. 11 est le véritable maître du style Louis XIV. Dans ses consoles, les pieds arqués ou contournés sont la plupart du temps décorés de chimères, de griffons, de sirènes dont les ailes supportent le plateau ; des guirlandes, très habilement fouillées, rompent la monotonie des ceintures décorées d'ornements géométriques réguliers. La sculpture sur bois fait tous les frais du décor, des ordonnances royales ayant réclamé le métal pour la monnaie.
Guéridons et Consoles d'appliques.
Comment DisciiiiKEii les Styles.
PLA^cllE 65.
ÉPOQUE LOUIS XIV
Lustres. — Bronze ciselé et doré.
Si le goût des chandeliers à bras, que nous appelons aujourd'hui appliques, et des chandeliers à suspendre — ou lustres — eut une telle vogue au xviu<= siècle, c'est sans doute qu'en dehors de leur commodité pratique des artistes comme Bérain s'étaient préoccupés au xvn^ siècle de créer des modèles d'une incomparable élégance. Ce qui caractérise les lustres et les appliques dessinés par Bérain, c'est moins le souci de multiplier les bobèches, que d'équihbrer l'ensemble de l'appareil. Son décor, quoique volumineux avec ses figures, ses guirlandes, ses culs-de-lampe, est toujours d'une parfaite harmonie et d'une spirituelle invention. Le chandelier, qui est pourtant le motif occasionnel de la pièce, s'offre ici bien plus comme un décor, que comme une utilité, et malgré le volume imposant de l'œuvre, lustre ou applique, tout y est légèreté sans nulle mièvrerie. On s'explique difficilement que, plus tard, la mode ait préféré à ces chefsd'œuvre de bronze ciselé et doré les lustres et les. appliques de cristal, qui n'ont pour eux que la richesse cossue, au prix d'un monotone éclat et d'une froide lourdeur.
AMEUBLEMENT. Style Louis XIV {1643-17 1 5).
Lustres en bronze ciselé et doré, exécutés d'après les dessins de Bérain.
Comment discer^eu les Styles.
Planche 64.
ÉPOQUE LOUIS XIV
Dossiers et Baldaquin de lit brodés en soie. Tapis de table. Dossiers de cbaise et Carreaux
avec figures allégoriques.
Il y avait, au xvii^ siècle, deux courants de modes pour les meubles : certains voulaient que le bois fût partout apparent; d'autres, qu'on le dissimulât complètement sous la richesse des broderies et des tapisseries.
Les travaux à l'aiguille, dont nous reproduisons quelques types caractéristique, ont été exécutés sur des dessins alors en vogue comme modèles, par des mains adroites, en dehors de toute manufacture : travail de ménagères sur qui la vanité des Précieuses ridicules n'avait pas de prise. Ce sont deux dossiers de lit brodés en soie et de style Louis XIV, encore que cousin du style Renaissance; un baldaquin de lit, à sujet de milieu, avec un encadrement d'une solennité trop riche ; et doux chaises, dont les dossiers et les carreaux sont décorés de figures allégoriques, de lleurs, d'entrelacs et de mascarons.
BRODERIE
Style Louis XIV [i 643-171 5].
Flanche 65.
ÉPOQUE LOUIS XIV
Assiette à fonds niellés. Assiette à décor jaune sur fond violet. Sucrier. Plat octogonal aux armes de Saint-Simon. Plat rond à décor bleu sur fond d'ocre. Assiette dentelée à décor polychrome. — Faïence de Rouen.
C'est vers la fin du xvii« siècle que la faïence de Rouen connut son apogée. La richesse et l'harmonie du décor ont fait des produits de la nation normande les pièces les plus parfaites de la céramique française. Que les céramiques d'Orient et de Delft aient eu une influence sur cette fabrication, cela n'est pas douteux, mais les faïenciers rouennais surent allier avec tant d'art cette influence aux principes de décorations répandus par Ducerceau et Bérain, qu'il ont conquis une originalité indéniable, dont d'autres fabrications s'appliquèrent à pénétrer le secret.
« Ce sont, dit M. Darcel, des dessins non modelés, symétriques, formant des cartouches; des lambrequins qui, symétriquement distribués sur la surface des pièces, rayonnent autour du centre quand il s'agit d'un plat ou d'une assiette, descendent du bord et couvrent la panse quand il s'agit de vases ; ce genre de décor est généralement bleu sur émail blanc, mais le jaune, le vert, le rouge, se rencontrent aussi sur les pièces, les plus anciennes surtout. »
Les pièces que représente notre planche sont caractéristiques et appartiennent soit à des Musées, soit à des collections célèbres. Ce sont, en partant de haut et en suivant de gauche à droite : une assiette à fonds niellés, un sucrier, une assiette à décor jaune sur fond violet; un très beau plat octogonal aux armes de Saint-Simon, un plat rond à décor bleu sur fond d'ocre, et une assiette dentelée à décor polychrome.
Comment discerner les Stylc3.
I'lanche C6.
ÉPOQUE LOUIS XIV
Aiguière basse. Burette. Buires. Fontaines et Flacons. — Grès cérames.
L'histoire de la poterie de grès est encore très obscure, et, longtemps, le langage de la curiosité crut avoir suffisamment désigné les objets de cette matière, en les nommant Grès de Flandres, appellation inexacte, puisque ces grès étaient tous faits en Allemagne.
A notre sens, et contrairement à la plupart des historiens de la céiaraique, nous croyons que la poterie de grès doit avoir des origines beaucoup plus lointaines qu'on ne l'établit et nous admettons difficilement que des peuples qui avaient connu cette matière et en faisaient assez d'état pour l'employer en piliers dans leurs édifices, comme les Assyriens, les Perses et les Hindous, n'en aient pas fait usage dans leurs céramique. Mais ce n'est pas ici le lieu d'une discussion. On sait de quoi est faite une poterie de grès : une terre sablonneuse, grise ou brune, cuite à une forte température dans un four spécial, et glacée au feu, avec des sels de plomb ou des sels marins, qui lui donnent le vernis.
I)ans les pièces que nous avons réunies, burettes, fontaines, buires, flacon, aiguière basse, le dessin s'est inspiré de la Renaissance, mais la forme se souvient de la technique allemande. Nous avons tout lieu de croire, cependant, que ce sont bien des pièces françaises, de Savigny. 11 ne s'y trouve pas de légendes comme sur les grés allemands; et les deux tons qui les colorent sont d'une belle vigueur.
CÉRAMIQUE
Style Louis XIV [1647-17 1 5).
Planche 07.
ÉPOQUE LOUIS XIV
Dentelle. — Barbe de Valenci
Voici un produit qui emprunte sa dénomination de la ville où il est confectionné. La Barbe de Valenciennes, dont nous avons reproduit une extrémité, fut en effet exécutée par les dentellières de cette ville, vers la fin du xvn'= siècle. On sait que les points compliqués de cette sorte de dentelles, et les dessins qu'il s'agissait de reproduire, nécessitaient parfois pour l'ouvrière un travail de plus d'une année. Et pourtant la Barbe pleine ne se composait que de deux dentelles, larges de 8 à 15 centimètres, et longues de 50 centimètres chacune, et d'une autre barbe de dentelle, — le Papillon, — moins large et longue de 1 m. 78.
Afin que le fil ne perdît ni sa blancheur, ni sa sécheresse, les dentellières travaillaient à leur canevas dans des rez-de-chaussée obscurs, ou même des caves. Cette dentelle fut inventée au commencement du xvi« siècle, et son heure de plus grande vogue fut le milieu du xviii^ siècle.
Les vrais connaisseurs reconnaissent à sa blancheur, à sa régularité, et à la netteté du fil, les Valenciennes exécutées à Valenciennes même. On prétend que l'influence locale s'exerçait à un tel point sur la fabrication, qu'une dentelle commencée à Valenciennes et continuée hors de Valenciennes par la même ouvrière possédait quand même une infériorité dans la partie continuée.
DENTELLE
Style Louis XIV {i 643-1 j 1 5].
Barbe de Valenciennes.
Planche 68.
ÉPOQUE LOUIS XIV
Horloges dites Religieuses. — Bois ou Bronze sculpté et doré avec larges parties d'écaillé.
Le xvii« siècle fut marqué par une révolution dans l'horlogerie. L'usage des montres s'était répandu, rendant moins utiles les petites pendules de table du xv^ et du xvi« siècle. On songea alors à donner l'heure dans les appartements avec des horloges. Mais celles-ci étant destinées à être placées contre la muraille, sur un support, et à être consultées de loin, avaient un cadran plus grand, et durent affecter de plus imposantes dimensions. D'autre part, on ne donna plus le décor que sur trois faces, la quatrième étant appliquée au mur.
Ces horloges furent dites horloges religieuses. On les faisait en bois sculpté et doré, plus tard en bronze ciselé et doré, avec de larges parties d'écaillé. A la fin du xvii<= siècle, la base de ces horloges tendait à s'élargir, tandis qu'à l'époque précédente le pied s'amincissait.
Le cadran était d'émail, et les heures inscrites en chiffres romains étaient émaillées en noir, souvent en bleu. On en rencontre encore dont les chiffres, d'un très mince relief, sont en bronze doré, très finement ciselé.
HORLOGERIE
Style Louis XIV {i643- ij 1 5).
68. Pendules, dites Religieuses, avec larges parties d'écaillé et cuivre.
PtAiSCHE 69.
ÉPOQUE LOUIS XIV
Bagues, Boucles, Cachets, Cadres, Pendants d'oreilles, Broches, Bracelets, Médaillons, Boucles de ceintures, avec perles et pierreries.
Sous Louis XIV, le besoin d'étaler le faste, au détriment du bon goût, donna un essor inconnu jusqu'alors à l'art de la joaillerie. Les nouvelles mines de Golconde, exploitées dès le milieu du xvn'= siècle, et l'art des joailliers de tailler les pierres et de les monter sans avoir besoin de faire jouer leur éclat à l'aide du paillon avaient favorisé exceptionnellement le goût nouveau.
On était loin des cabochons, et même de la taille en rose et en pointe naïve : en quelques années on a atteint les dernières frontières du raffinement ; table, coins abattus, rose, pointe naïve, non coupé et recoupé, on met tout en œuvre pour que la pierre fournisse tout ce qu'elle peut donner de lumière, et l'on multiplie la forme et la grandeur des bijoux à la richesse desquels elle concourt. Bagues, boucles et pendants d'oreille, pendants de col, broches que l'on fixe au bord du corsage et même à l'épaule, bracelets, médaillons, boucles de ceinture, afflquets, tous ces joyaux consomment une énorme quantité de pierres, s'unissant parfois à de grosses perles, et ne laissant qu'à peine dcv-ner le métal, si ce n'est en de très délicats lacets d'or.
JOAILLERIE
Style Louis XIV [1643-17 1 5).
CoMMEJNT DISCERNER LES SlYI.ES.
Flanche 70.
ÉPOQUE LOUIS XIV
Buires. Vases. Seau et Motifs pour Vases en argent.
Les pièces d'orfèvrerie représentées dans cette planche sont toutes exécutées d'après les dessins de Le Brun, ou inspirées par lui.
Après la Renaissance, l'orfèvrerie avait subi un temps d'arrêt ; la décadence s'était fait sentir. Louis XIII, conseillé par Richelieu, encouragea cependant certains orfèvres; entre autres, un nommé Ballin, que nous connaissons surtout par les dessins de ses modèles, gravés par son gendre Nicolas Delaunay.
C'est à Louis XIV que revient l'honneur d'une idée généreuse, en faveur des orfèvres; sous l'omnipotence de Le Brun, il logea les meilleurs de ceux-ci aux Gobelins, Alexis Loir, de Villiers père et fils, et Fucci, un Italien. D'autres travaillèrent au Louvre, tels que Jean de Gravet, Delaunay et Pierre Germain.
Les pièces de cette époque ne sont pas d'une forme spécialement heureuse, m.iis le décor est d'une extrême richesse, et d'une belle entente des conditions indispensables à l'art ornemental.
ORFÈVRERIE. Style Louis XIV ( 1 643- 17 1 5)
CoilMKiNT OISCERKER LES SlYI.ES.
PLAiN(-IIK 7 i
ÉPOQUE LOUIS XIV
Titus sauvant les Juifs échappés de Jérusalem. — Tapisserie flamande.
C'est à l'époque de Louis XIV que la fabrication des tapisseries, en France et dans la Flandre, atteignit son point culminant de perfection; la composition en était pleine de mouvement, douée d'expression juste, et aussi de noblesse. Les effets de perspective en étaient justement calculés; enfin l'exécution en était obtenue par des procédés tout de simplicité et de souplesse.
« Deux ou trois cents tons, écrit M. Eug. Miintz, suffisaient pour obtenir les gammes les plus riches et les plus variées, et ces tons, on avait soin de les choisir parmi les plus inaltérables. »
Et de fait les tapisseries du xvn"^ siècle nous étonnent par l'éclat sous lequel elles nous apparaissent.
La tapisserie flamande, que nous donnons, représente Titus sauvant les Juifs échappés de Jérusalem. Elle fait partie d'une suite célèbre. La bordure, chargées de fleurs, de fruits et d'oiseaux, encadre merveilleusement le sujet composé avec toute la noblesse de Le Brun et toute la fougue de Van der Meulen
TAPISSERIE
Style Louis XIV [1643-171 5).
Époque de la Régence
et
de Louis XV
Planches. . . 72 à 82
Ameublement Broderie. — Céramique. — Horlogerie. — Joaillerie Orfèvrerie. ^ Tapisserie
COMMEIST DISCERNER LES StYLES.
PLA^c^E 72.