‹ Comment discerner les styles du VIIIe au XIXe siècleChapitre 68 sur 84 · ÉPOQUE RÉGENCE ET LOUIS XV · texte numérisé non relu

ÉPOQUE RÉGENCE ET LOUIS XV

Console et Commodes en vieux laque et en marqueterie garnies de cuivres ciselés. Coffre à bijoux, laque et cuivres ciselés. Petit paravent à quatre feuilles à monture en bois sculpté et doré.

Nous donnons quelques commodes de Jacques Caffieri, cinquième fils de Philippe Caffieri. Jacques, qui fut le plus habile interprète des dessins de Meissonnier, était né en 1668 et mourut en 1755. Il avait été reçu maître fondeur en 1715, et portait le titre de sculpteur, fondeur et ciseleur du roi. 11 avait été formé, pour l'ornement, à l'école de Domenico Cucci et, pour l'ébénisterie, à celle de Boulle et de Cressent ; mais il se plaisait surtout à la ciselure des bronzes destinés à la décoration. C'est un sculpteur habile, qui a de la grâce et de l'élégance.

En voici des exemples avec une belle commode en bois de rapport, à deux tiroirs, décorée d'abondants ornements de cuivre ciselés, et de style rocaille, et une commode de vieux laque, très légèrement décorée de bronzes dorés, du même style.

Notre reproduction donne encore, avec une console en laque, à bronzes dorés, rocaille : un joli paravent à quatre feuilles, dont la tapisserie des Gobelins, au chiffre de Marie Leczinska, est encadrée de bois sculpté et doré ; un coffre à bijoux avec bronzes sculptés et dorés ; et surtout le médaillier de Louis XV, qu'on attribue, d'après Piganiol de la Force, à l'ébéniste Gaudreau, bien que les bronzes en soient assez finement ciselés pour être d'un artiste plus en renom. Ce médaillier a la forme d'une commode à double cintre. Des tiges de palmier, stylisées en rocaille, encadrent les renflements du milieu et des côtés.

Les centres sont occupés par quatre médaillons à sujets mythologiques, dont les bas-reliefs se détachent sur un fond bleu : des guirlandes de fleurs et des médailles pendues à des rubans posent sur leur convexité supérieure. Des têtes de style Renaissance font saillie en haut de la partie dominante du centre. Aux angles, le meuble se joint aux pieds, en bronze massif, derrière des têtes de bélier, d'un relief exagéré pour l'ensemble de l'œuvre. Ce meuble avait été exécuté pour Louis XV, afin d"y conserver, à Versailles, la suite des pièces en or et médailles, frappées sous le règne de Louis XIV; il est catalogué dans l'inventaire de 1730 du mobilier de la Couronne.

Planche 74.

ÉPOQUE LOUIS XV

Grand bureau à cylindre, dit Bureau de Louis XV, décoré de compartiments de marqueterie de Riesener, et de bronze modelés par Duplessis et Winant, ciselés par Hervieux.

Cette planche reproduit le célèbre bureau de Louis XV. C'est l'œuvre conçue] de Oeben, le chef-d'œuvre d'exécution de Riesener. Il fut fait à l'Arsenal en 1769. 11 est à cylindre — on appela cela également bureau-secrétaire et bureau do la Kaunitz — et décoré sur toutes ses faces de compartiments de marqueterie, véritables galeries de tableaux où l'artiste symbolise les attributs de la Royauté, les diverses poésies, le Feu, l'Air, la Marine, la Guerre, etc. Deux figures en bronze doré, Calliope et Apollon, sont couchées à chaque extrémité du cylindre et portent des girandoles à deux branches. Sur le milieu de la caisse, des enfants supportent un médaillon de Minerve casquée. Une galerie de bronze ciselé et doré domine la face extérieure, interrompue en son milieu par le groupe des enfants jouant au-dessus d'une pendule. Riesener a signé ce beau meuble (conservé au Louvre) dans la marqueterie du côté gauche. Les bronzes ont été modelés par Duplessis et Winant et ciselés par Hervieux.

Il a été fait de nombreuses copies de ce chef-d'œuvre ; la meilleure est assurément celle que fit exécuter sous sa direction attentive M. A. Deurdeley, dont la dynastie en notre siècle a continué jusqu'à notre époque celle de Riesener.

AMEUBLEMENT

Style Louis XV [ly 1 5-iy

Grand bureau à cylindre, dit Bureau de Louis XV. (Face et Dos.) (Œuvre conçue par Delion, Chef-d'œuvre de Riesener.)

Comment disce!'uNE1i les Si yi.es.

Planche 7,').

ÉPOQUE LOUIS IV

Habits brodés et Broderiea.

On demeure étonné quand on pèse les habits brodés dont, les hommes se paraient au xviii'î siècle. Les soies, les paillettes métalliques, les pierres entraient dans la composilion de ces dessins, fleurs, guirlandes, et motifs qui entouraient d'une somptueuse décoration les boutons et les boutonnières, et régnaient sur le col, les poignets, les basques, les poches, partout : c'était une sorte d'éruption d'art autour de toute incision faite dans l'étoffe : on est amené à penser qu'il fallait des épaules robustes pour revêtir un si pesant appareil.

Pourtant on ne peut se défendre d'admirer le goût parfois très délicat qui avait dicté ce décor, et l'extraordinaire habileté des brodeuses qui l'avaient exécuté. On s'en peut rendre compte, en examinant les pièces reproduites par notre planche : la poche et le gilet en satin brodé ; le plastron d'un habit où s'épanouit une flore orientale, et les deux habits brodés dont l'un, celui du grand dauphin, ■brodé d'or et de perles fines, avait été exécuté d'après un dessin de Saint-Aiihin.

BRODERIE

Style Louis XV [i-j 1 5-1774).

Planche 76.

ÉPOQUE LOUIS XV

Vases bleu de roi, pâte tendre avec médaillons peints par Fontaine et Morin. Jardinières, l'une pâte tendre rose, l'autre pâte tendre vert céladon. Encrier de Marie Leczinska. — Porcelaine de Sèvres.

Voici quelques très beaux types de la production de la manufacture de Sèvres, à l'époque de Louis XV. Ce sont quelques-unes de ces p;Ues tendres que les collectionneurs recherchent aujourd'hui avec tant de sollicitude :

Les deux vases hleii de roi, pâte tendre, avec médaillons peints par Fontaine et Morin, que l'impératrice Catherine II de Russie avait commandés pour les offrir à Gustave lll de Suède.

Une jardinière, pâle tendre rose du Barry, peinte par Dodin ; une autre jardinière (faisant partie d'une suite de trois pièces), en pâte tendre, vert céladon clair, avec des peintures de Mairan, le fils.

L'encrier de Marie Leczinska, et deux soupières avec leurs plateaux.

CÉRAMIQUE

Style Louis XV {1715-1774).

76. Porcelaine de Sèvres. — Vases bleu de roi, pâte tendre avec médaillons peints par Fontaine

et Morin. Jardinières, l'une pâte tendre rose, l'autre pâte tendre vert céladon. Encrier de Marie Leczinska.

Pt ANCHE 77.

ÉPOQUE LOUIS XV

Cartels, bronze ciselé et doré. Pendule en porcelaine de Sèvres, à fond rose avec monture en bronze doré.

Pendule à l'Ëlépbant et Régulateur, par Caffieri.

Avec des cartels exécutés en bronze doré et ciselé d'après les dessins de Meissonnier, et décorant des mouvements de A. Le Roy, de Lévêque ou de Balthazar, une pendule en porcelaine de Sèvres, à fond rose, avec monture de bronze doré, et la pendule à l'éléphant de Caffieri, nous avons reproduit une autre pièce admirable du même Caffieri : le célèbre régulateur du palais de Versailles.

C'est une grande, horloge astronomique qui mesure 2 mètres de hauteur, sur 80 centimètres de largeur, et 46 centimètres de profondeur. Elle est portée sur quatre pieds contournés, en bronze ciselé et doré, à rinceaux, feuillages, branches fleuries et fleurons. Quatre cartels à bustes, figurant les Saisons, sont répartis à la chute des pieds. Elle est surmontée d'un globe de verre renfermant une sphère astronomique.

77' Trois cartels en bronze ciselé et doré. Pendule en porcelaine de Sèvres à fond rose

avec monture en bronze doré. Pendule à l'Éléphant et Régulateur par CaiReri.

Comment oiscer>er les Styles.

Planche 78.

ÉPOQUE LOUIS XV

Tabatières et Bonbonnières. — Or ciselé, guilloché et émaillé.

L'histoire de ces petites boîtes, auxquelles les mains impatientes confient leur nervosité ou leur besoin d'activité, serait curieuse à écrire et demanderait une longue promenade à travers les siècles. Qu'il nous suffise d'en signaler l'intérêt.

Les tabatières et bonbonnières reproduites sont du plus pur style Louis XV; elles ont des dimensions moyennes, que l'art a enrichies avec une étonnante variété. Ce sont :

i° Une tabatière ovale en or émaillé en plein ; sur le couvercle trois buveurs dans le goût de Téniers; au fond, la Mère de famille, d'après Boucher, sur le pourtour des scènes d'intérieur. Dans les parties restées nues, des ornements de feuillages. Travail français.

2" Une bonbonnière ovale en or, à compartiments gravés et émaillés en vert émeraude, encadrés de filets émaillés blanc. Sur le couvercle et le fond, des allégories symbolisant les arts. Les cordons sont ciselés, et les pilastres renferment chacun un médaillon en buste, d'homme ou de femme. C'est là un très curieux travail, plein de finesse, de 1760 à 1769.

3° Une bonbonnière ovale, en or gravé et émaillé en plein, avec des compartiments d'émail bleu transparent, et des médaillons mythologiques finement peints. Sur le couvercle, l'épisode de Persèe et d'Andromède; au fond, une adorable toilette de Vénus. Le bec du couvercle, décoré de fleurs, est enrichi de diamant. C'est là encore une pièce typique et rare.

4° Une tabatière carrée en or émaillé en plein et décoré de fleurs aux couleurs vives, et des coins pittoresques gravés, et couverts d'émail bleu translucide.

5° Une tabatière, dans le même goût décoratif; seulement l'or est émaillé en plein sur fond guilloché, et les fleurs et les oiseaux sont exécutés en émail polychrome.

6" Enfin, une bonbonnière décorée de sujets flamands; l'or, de couleurs, est ciselé en relief, et les sujets ressortent sur un fond gravé à mille raies. Les cordons et les montants sont émaillés de bleu, (le rouge et de blanc.

JOAILLERIE

Stxle Louis XV {171 5-1774).

l'LANCliE 79.

ÉPOQUE LOUIS XV

Aigrettes. Boucles d'oreilles. Châtelaine. Pendants de cou et de corsage

Nous avons reproduit dans cette planche quelques nœuds de pierreries qui furent en vogue au milieu du xvin'' siècle, ainsi que des broches, des pendants de cou et une châtelaine, avec ses deux glands gravés en cachets.

JOAILLERIE

Style Louis XV [i^iS-i-j/

Planche 80.

ÉPOQUE LOUIS XV

Samovar. Boites à épices. Huilier. Couverts. Salières. Cuiller à soupe.

A une époque où l'orfèvrerie, maniée encore par des mains habiles, touchait à l'afféterie et donnait en des figures traitées avec une grâce mièvre des signes évidents de décadence, un homme parut qui rendit à l'art toute sa force, toute sa vigueur, et en même temps toute sa pureté de lignes : Tliomas Germain. Après avoir travaillé l'orfèvrerie religieuse, Thomas Germain s'adonna à l'orfèvrerie profane et il excella dans les toilettes, très compliquées à cette époque, et dont il renouvela la formule; il nous donne lui-même la nomenclature des trente-cinq pièces dont se compose ce service.

On lui doit également des services de tables, flambeaux, candélabres, réchauds, soupières, théières, d'un décor exquis, et d'une forme aussi nouvelle qu'heureuse, toutes pièces, chefs-d'oîuvre d'orfèvrerie, qui justifient son titre d'orfèvre-sculpteur du roi.

Thomas Germain avait continué et augmenté le renom de son père. Son fils ne sut pas défendre ce nom glorieux et gaspilla la fortune qui lui était échue.

ORFÈVRERIE. Siyle Louis XV [17 1 5-1774)-

80. Samovar, Boîtes à épices, Huilier, Couverts, Salière, Cuiller à soupe,

par François-Thomas Germain.

Comment discerîjer les Styles.

PL.VNCHE 81.

ÉPOQUE LOUIS XV

Sucriers en Argent, décor rocaille, par Pierre Germain

Pierre II Germain, dit le Romain, n'a aucun lien de parenté avec Thomas Germain. Il était issu d'une famille du Midi et était né à Marseille le 20 mars 1 716. M. Germain Bapst, qui a spécialement étudié les Germain, n'a rien découvert qui lui permît d'expliquer le surnom de Romain, donné à Pierre Germain. Pierre II, qui fut reçu maître orfèvre en 174i, a publié un livre célèbre. Éléments d'orfèvrerie.

Nous avons reproduit sept sucriers, dont on connaît des exécutions en argent. A 1 époque de Pierre Germain, le sucre ne s'employait encore qu'en poudre : de là cette forme allongée, qui permettait de prendre le sucrier à pleine main et de le retourner, afin que le sucre puisse s'échapper par les petits trous dont le couvercle est percé.

Le décor de ces sucriers relève presque exclusivement de la formule rocaille, où l'élément coquillage se prête si heureusement au caprice de la forme asservie à l'asymétrie géologique.

COMMEINT DISCERNER Llî§ Si ÎLES.

Planche 82.

ÉPOQUE LOUIS XY

Tapisserie de Coypel, exécutée aux Gobelins et ayant trait à l'histoire de Don Quichotte

Cette planche représente la dixième pièce de la suite célèbre de Coypel exécutée aux Gobelins et ayant trait à l'histoire de Don Quichotte.

Cette suite, commandée par le duc d'Antin en 1725, et qui ne devait compter que sept ou huit sujets, eut beaucoup de succès : le roi l'acheta à son cousin et la fit continuer en 1727. Le nombre des sujets fut porté à vingt-huit, et les répétitions qu'on en fit oliligèrpnt la manufacture à la laisser sur le métier de 1723 à 1794. Il en fut exécuté 178 pièces; certains sujets ne furent traduits qu'une fois, d'autres quinze fois. C'est le cas de la tapisserie que nous reproduisons : Don Quichotte au bal que lui donne don Antonio à Barcelone. Les répétitions ne se firent pas toujours dans les mêmes alentours.

Les plus importants sont ceux de Le Maire le Cadet.

Le sujet du milieu est contenu dans un cartouche encadré, au sommet duquel un paon, rompant les lignes, fait la roue. Des guirlandes ornent le carré, qui, à la partie inférieure, repose sur un écusson d'où émergent des armes, des drapeaux, des animaux, des cornes d'abondance, des fleurs, des fruits, etc. ; l'écusson s'appuie lui-même sur une console, au milieu de laquelle on trouve une inscription. Sur le champ, en damas, décoré de médaillons en guirlandes, des singes, la lance au poing, interrompent les chutes de fleurs. La bordure, pour des alentours si compliqués, affecte la simplicité d'un véritable cadre, et se contente d'être du genre désigné du nom de Mosaïque.

Les alentours sont plus ou moins développés suivant la place qui était réservée à la tapisserie; mais, partout et toujours, l'harmonie y règne excellemment. Les fonds des alentours ont été exécutés en vert céladon, en rose pâle, en cramoisi et en jaune.

Quant aux cartouches, Coypel en a traité les personnages avec une extraordinaire

distinciion et une gaieté qui ne cesse pas d'être spirituelle. C'est là une suite incompa-" rable, dont quelques collections possèdent de très rares tentures.

Pour les amateurs qui seraient tentés d'éviter les contrefaçons, nous voulons préciser le décor des alentours.

Premier alentour. ( Console accompagnée de trophées d'armes. Abandonné en 1736 et \ Drapeaux et fleurs. — Cadre du cartouche surmonté d'un médailn'ayant servi qu'à une j Ion de guerrier casqué, d'où s'échappent des guirlandes de vingtaine de pièces. \ fleurs. — Fond guilloché jaune sur clair.

Deuxième alentour.

Employé de 1736 à 1753.

— Pièces roses nombreuses.

Troisième alentour.

Composé par Le Maire le Cadet en 1753, avec la collaboration du peintre de fleurs Bolkamp.

Cependant, même après 1753, on se sert encore du deuxième alentour, suivant les ateliers.

f Même cadre sur console fleurie ; mais il n'y a pas d'attributs guerriers. En haut du cartouche, un paon triomphal. — Guirlandes de fleurs allant jusqu'à la bordure. Fond en mosaïque limité par un listel rouge : jaune sur clair. Sur la console, bouclier portant un guerrier luttant.

En haut le paon et les enfants : dans le bas les armures, les trophées de drapeaux et les animaux. — De chaque côté les rallonges avec les médaillons casqués, et les singes, armés de la lance.

Jusqu'en 1764 le décor du troisième alentour s'appliquait sur fond jaune mosaïque : après cette date on change la couleur des fonds.

TAPISSERIE

Style Louis XV {ly 1 5-ij-j4).

Époque de Louis XVI

Planches. . . 83 à 96

Ameublement Broderie. — Céramique. — Horlogerie. — Joailler Orfèvrerie. — Tapisserie

Comment disci;e\nf.r Sivi.es.

Pr.ANCIIF.

ÉPOQUE LOUIS XVI

Secrétaires ornés de plaques en porcelaine de Sèvres. Table à déjeuner. Encoignure. Bureau. Chiffonnier et Consoles. Ornés de Bronzes ciselés et dorés.

Les meubles Louis XVI sont facilement reconnaissables, parce qu'ils émanent d'artistes dont l'originalité s'est affirmée dans chaque pièce. C'était le temps où les menuisiershuchiers virent s'opérer un nouveau dédoublement de leur corporation, avec les menuisiers-ébénistes. Le meuble, sous Louis XVI, participe encore de l'antiquité évoquée, mais sans perdre de son caractère tout de grâce, de légèreté, d'élégance. Les bois de rose, d'ébène, de palissandre, de thuya, d'amaranle, se combinent en d'exquises marqueteries, en mosaïque d'une délicatesse infinie, que des bronzes ciselés et dorés encadrent d'une extraordinaire harmonie. Les hommes qui signèrent ces chefs-d'œuvre s'appellent Oeben, Riesener, Carlin, Pafrat; les bronzes étaient modelés par Caffieri, Duplessis, Winant, et ciselés par Gouthière et llervieux.

Nous reproduisons une encoignure, un petit cabinet-secrétaire, avec plaque de vieux Sèvres, de Riesener avec cuivres de Hervieux, un secrétaire, avec panneaux de laques de Chine de Carlin; le petit chiffonnier en bois d'amarante, avec plaque de vieux Sèvres, dePionnez, la délicieuse petite table à déjeuner, de Carlin et Pafrat, toutes pièces célèbres, dont il existe des copies recherchées.

AMEUBLEMENT. Style Louis XVI {i 774 1 789)-

83. Secrétaires ornés de plaques en porcelaine de Sèvres. Table à déjeuner. Encoignure,

Bureau, Chiffonnier et Console avec bronze ciselé et doré.

CoMMEJiT DISCEIUNER LES StYLES.

Planche 84.

ÉPOQUE LOUIS XVI

Fauteuils et Tabouret garnis d'étoffe de soie. — Bois sculpté et doré. Guéridon. Jardinière et petit Meuble.

Le guéridon n'apparaît guère avant le xvii« siècle. Au xvin^, il était d'un usage très répandu : c'était une commodité qu'on amenait devant soi pour y poser sa tasse, son bougeoir, un livre, tout ce dont la main voulait se décharger. Meuble peu encombrant, puisqu'une charnière permettait d'en baisser la tablette.

Quant aux fauteuils garnis d'étoffe de soie, ils sont du plus pur style Louis XVI et du commencement du règne de Louis XVI : la remarque en est bonne à faire, car aucun meuble ne s'est prêté plus que le fauteuil à toutes les modifications de la mode.

AMEUBLEMENT. Style Louis XVI [1774-1789)-

84. Fauteuils et Tabouret garnis d'étoffe de soie, bois sculpté et doré.

Guéridon, Jardinière et petit meuble.

Co AIMENT DISCERNER LES StYLES.

Planche 85.

ÉPOQUE LOUIS XVI

Table à jeu. Toilettes. Commode. Table de nuit. Console et Jardinière. En Thuya, Bois de rose, Acajou avec marqueterie, ornées de galeries, bordures et guirlandes

de cuivre doré.

Après l'art rocaille, qui avait usé, et même abusé de l'asymétrie, les ébénistes revinrent à une formule plus simple et plus réellement légère. Le thuya, le bois de rose, l'acajou se mêlaient en des marqueteries délicates, dont le dessin géométrique et régulier était mis en valeur par les galeries, les bordures, et les guirlandes de cuivre doré d'un joli travail de ciselure.

Le meuble, régulier de forme, était pratique et commode. Les tables de dimensions réduites s'ouvraient, ou se découvraient pour s'offrir au jeu de dames, d'échecs, ou de trictrac. Les tables de toilettes ne pouvaient plus supporter l'appareil compliqué des boîtes à fards et des flacons; les consoles ne présentaient plus qu'une surface étroite; mais la quantité de ces meubles aisés à déplacer se multipliait dans chaque pièce.

Les ébénistes de goût furent si nombreux, dans toutes les provinces, que, bien que leurs meubles fussent signés, ils ne connurent pas la gloire et durent se contenter d'une notoriété productive.

Aussi, dans les collections, des contrefaçons ont-elles pu se glisser, à la faveur de cette demi-obscurité où le temps a relégué la plupart des bons faiseurs.

AMEUBLEMENT. Style Louis XVI [1774-17S9).

85. Table à jeu. Toilettes. Commode. Table de nuit. Console et Jardinière.

(Thuya. Bois de rose. Acajou avec marqueterie. Ornées de galeries, bordures et guirlandes de cuivre doré.)

ÉPOQUE LOUIS XVI

Chenets. — Bronze ciselé et doré.

Il serait assez difficile d'affirmer que le chenet a succédé au landier : chenet et landier ont le même usage, et dans les inventaires du xvi« et du xni" siècle on les rencontre concurremment.

Le nom de chenet, ou mieux de chiennet, ne fut sans doute qu'une métaphore, dans le principe. L'objet, par sa forme ramassée, et par la place qu'il occupe au coin du feu, peut évoquer en effet l'image d'un petit chien couché sur ses pattes, et cela a suffi, pour qu'au mot landier on substituât celui de chiennet, chien de feu, chenet.

Ceux que figure notre planche sont en bronze ciselé et doré; leur décoration est compliquée sans cependant que le goût en 'soit mauvais; ils sont de grande dimension ; mais qu'on n'oublie pas, que s'ils avaient à supporter les bûches du foyer, ils devaient également offrir une place suffisante pour que les personnes assises autour de la cheminée pussent y placer les pieds. Delà, dans certains modèles, la face des chenets élargie.

AMEUBLEMENT

Slyle Louis XVI {17 7 4- 178g).

COMMKNT DISCERNER LES StYLES.

I'lanche 87.

ÉPOQUE LOUIS XVI

Socles à trois faces. — Bois sculpté et doré, avec décor de Bronze ciselé et doré.

Alors qu'entre les portes , ou les fenêtres, l'espace se faisait étroit dans la construction des maisons, il fallut chercher un meuble qui prêtât à la décoration sans encombrement. Les consoles d'applique avaient une dimension trop grande. S'inspirant alors de la gaine des horloges, on créa des socles, dans une donnée architectonique, sur le plateau desquels on peut placer soit une poterie, soit une sculpture. Ces meubles à trois faces dans leur assise principale étaient parfois surmontés d'un tronçon de colonne; parfois encore, la gaine, au lieu de se présenter sous la forme ordinaire, était remplacée par un pied sculpté, où le bois recevait un décor de bronze doré et ciselé. Les éléments ornementaux étaient d'ailleurs variés dans le goût de l'époque, enfants formant cariatides, têtes de béliers aux cornes fleuries, guirlandes jouant sur des cannelures, chimères accroupies aux ailes éployées, attributs évoquant l'antiquité ou symbolisant les arts.

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Planche 88.

ÉPOQUE LOUIS XVI

Thermomètres et Baromètres. — Bois sculpté et doré, avec décor fie Bronze ciselé et doré

En même temps que les pendules à cartel ou mieux en cartel, c'est-à-dire d'une forme susceptible de s'insérer dans Vécu, étaient en pleine vogue, des habitudes de symétrie devaient chercher un objet qui fit pendant à ces pendules. Cet objet, ce fut le thermomètre, souvent complété d'un baromètre. Au xvm« siècle on encadra ces instruments de magnifiques pièces de bois doré et sculpté et aussi de bronze ciselé : l'obligation du cadran et des tubes avait imposé une allure générale à l'objet, et le décor comportait souvent les attributs qui symbolisaient le jeu du soleil sur les saisons et les variations de l'atmosphère.

AMEUBLEMENT

Style Louis XVI {ij'j4-i'/8g).

COMMEINT DISCERNER LES StYLES.

Planche 89.

ÉPOQUE LOUIS XVI

Tapis en satin vert et or à pans. Tenture de soie de Philippe de la Salle, tissée à Lyon. Tapis-portière en taffetas de soie bleu d'eau brodé.

A l'époque de Louis XVI, la broderie, se dégageant de l'inspiration rocaille, cherche une évocation de l'art antique dans le soin qu'elle prend à semer le dessin des ornements et de mêler à la fleur le ruban dont le décor est assoupli.

On se sert beaucoup, comme tissu, de soie et de satin.

Telles sont les trois pièces que nous avons reproduites, pièces d'un remarquable travail à l'aiguille : une tenture de soie de Pliihppe de la Salle, tissée à Lyon; un très beau tapis en satin vert et or, à pans, provenant du palais de Versailles, et exécuté probablement à Paris, et une portière en taffetas de soie bleu d'eau à broderies d'attributs champèlres, provenant d'une fabrique lyonnaise.

Quand il s'agit des broderies de soie de cette époque il est bon de remarquer si l'on a bien sous les yeux un travail à l'aiguille, ou une imitation très habile faite à l'aide de soies collées à plat.

BRODERIE

Style Louis XVI (777^-/71

Tapis en satin vert et or a pans. Tenture de soie de Philippe de la Salle, tissée à Lyon.

Tapis-portiere en taffetas de soie bleu d'eau brodé. 3G

Planche 90.

ÉPOQUE LOUIS XVI

Plat du service dit de Buffon. Vase à fond bleu. Vase en porcelaine blanche avec monture en bronze doré, de Gouthière. Vase-vaisseau à mât- Vase de milieu. Grand vase. — Porcelaine de Sèvres.

Notre planche débute par un plal du Service dit de Buffon. Ce service de table est en ancienne porcelaine de Sèvres, pâte tendre, à œil de perdrix, sur fond vert, aux bords décorés de médaillons d'oiseaux et de bustes en camaïeu, au centre décoré de paysages a\ec oiseaux.

Ce service fut exécuté en 1784 par Evans, Bouillat et Pithou, pour la peinture; Vincent, Chauvaux et Prévost pour les dorures. Au-dessous de chaque pièce se trouve le nom de l'oiseau représenté à l'intérieur, d'oîi son nom d'Édition de Buffon. Il se compose de 107 pièces complétées de quelques autres en 1805.

Les autres pièces reproduites sont : un vase à fond bleu, avec couvercle, cannelures et guirlandes ; un vase en ancienne porcelaine blanche avec monture de bronze doré, de Gouthière; un vase en ancienne porcelaine pâte tendre; bleu turquoise ; une jardinière en pâte, bleu turquoise, à médaillons peints par Dodin, etc.

CoiIiMKNl DICEUNEK LES StYLES.

Planche 91.

ÉPOQUE LOUIS XVI

Pendules pour cheminées ou consoles dont : Pendules au Serpent, exécutées par Lepautre. Pendule en porcelaine de Sèvres. Pendule de L épine à disque.

Les pendules ne s'accrochent plus contre la muraille; on les place sur les cheminées ou sur des consoles, sans prendre garde que la quatrième face n'est pas décorée, et que le mouvement apparaît dans le reflet des glaces. N'était d'ailleurs ce mouvement, on ne se douterait pas que la pendule est objet d'utilité; on lui demande surtout son concours décoratif, et cela amène quelques horlogers à créer des vases sur la panse desquels, dans le sens horizontal, les heures sont marquées et tournent pour se succéder derrière l'aiguille immobile.

On comprend que, dans ces conditions, l'heure n'est pas commode à lire. Mais qu'importe? C'est le sujet qui préoccupe les horlogers et les acheteurs. Et dans ces sujets, quand les figures ne se bornent pas à un simple rôle d'arrangement décoratif, elles recèlent un symbole, ou mettent en cause la mythologie et l'histoire, pour leur justification. C'est le mauvais goût qui commence et amènera à un quart de siècle de là le discrédit mérité de la pendule.

Celles que nous donnons sont très caractéristiques de leur époque, ce sont : les pendules au serpent, de Lepautre, exécutées pour Marie-Antoinette et pour le marquis de Courtanvaux; la pendule en porcelaine de Sèvres, avec monture de cuivre ciselé; la pendule de Lépine dont le mouvement semble porter comme une meule le disque où s'iiîscrivent les heures, et la grande pendule de marbre blanc et bronze doré, dont les groupes d'amours, les bas-reliefs, et le décor de lyres et de harpes symbolisent la musique en ses différentes expressions.

Comment disceiiner les Styles.

Planche 92.

ÉPOQUE LOUIS XVI

Tabatières et Bonbonnières. — Or ciselé, guilloché et émaillé.

Au xviii^ siècle, comme pour amuser la main, et lui donner une contenance, la mode créa une infinité de tabatières et de bonbonnières, de formes variées et de dimensions assez grandes, que le caprice des joailliers et bijoutiers décorait avec un goût extraordinairement riche. Nous en avons réuni six qui appartiennent à l'époque de Louis XVI. et sont d'une admirable invention. En voici la description sommaire, en partant du haut de la planche et en allant de gauche à droite.

l" Tabatière oblongue, ayant 30 mm. de haut, 82 de large et 45 de long ; les angles sont coupés; elle est montée à cage en or de couleur, ciselé à chaînettes et ornements, et doublée en or. Chaque face porte une ravissante miniature gouachée de Van Blarenberghe où l'artiste interprète les épisodes de la fable les Deux Pigeons.

2° Bonbonnière ovale (38 mm. de haut, 87 de long, 65 de large) en or émaillé bleu foncé avec application d'ornements en or ciselé et découpé à jour. Au fond et au pourtour, des médaillons ovales à sujets tendres, peints en grisaille sur ivoire, par de Gault. Au centre du couvercle, un portrait de femme peint sur émail ; le cadre des médaillons et les cordons de la boîte sont ciselés à chaînette et émaillés blanc et vert.

3° Tabatière ovale (35 mm. de haut, 82 de long, 61 de large) en or émaillé, avec décor d'oiseaux et d'arbustes sur fond opalin ; les cordons et pilastres sont composés de lauriers ciselés en relief et émaillés vert et rouge rubis. Sur la boîte, une peinture sur émail d'après Vernet.

4" Bonbonnière de forme oblongue (25 mm. de haut, 82 de long, 40 de large) en or guilloché avec cordons ciselés en relief et encadrements ciselés à feuillages et fleurettes émaillés de diverses couleurs. Les angles sont coupés. Le fond et le couvercle sont décorés de très belles peintures sur émail et sur or, à sujets mythologiques.

5" Bonbonnière de forme oblongue (32 mm. de haut, 86 de long, 41 de large) à angles coupés, et à cage en or émaillé fond bleu et ornements gravés réservés, avec des rehauts de points d'émail blanc en relief. Elle est doublée en or et décorée sur chaque face de fixés peints par de Lioux de Savignac, à sujets de chasse.

6" Tabatière ovale (27 mm. de haut, 87 de long, 67 de large) en or guiWoché, émaillé brun à cordons et pilastres décorés de feuillages ciselés en relief émaillés vert émeraude, avec rehauts de points d'émail jouant l'opale. Dans le couvercle, un médaillon ovale peint sur émail, d'après la Lecture de la Bible, de Greuze, et encadré d'or et de point d'émail opalain.

Ce sont là les types les plus fréquents de ces sortes d'objets, à l'époque de Louis XVL

JOAILLERIE

Style Louis XVI {iyy4-i 78g).

Tabatières et Bonbonnières en or ciselé, guilloché et émaillé,

Planche 93.

ÉPOQUE LOUIS XVI

Cachets et Étuis de courrier. Bec-de-cane. Flacons de cristal gravé. Montres. Tabatière et Boutons. — Pièces en or, argent et émail.

Nous avons reproduit quelques beaux exemples de bijouterie de l'époque du règne de Louis XVI. Ce sont des cachets et des étuis de courrier, on or; un flacon de cristal gravé, monté en vermeil; un bec-de-cane à corbin en or, des montres en or, avec décor d'émail blanc et bleu, une tabatière en or et en argent et des boutons d'or, d'argent et d'émail.

On sait combien, pendant la seconde moitié du xvni<= siècle, il y eut de folies commises pour le luxe des boutons : on en multipliait l'application sur le vêtement, et leur rôle d'élément décoratif était si nettement accusé que les boutonnières correspondantes n'étaient pas ouvertes et seulement indiquées. Comme la surface à décorer était assez grande, les ornemanistes s'en donnaient à cœur joie, et l'on doit reconnaître que la mode, pour une fois, se justifia par la valeur d'art et de métal des objets qu'elle répandait.

Planche 94

ÉPOQUE LOUIS XVI

Gobelet. Navette. Vases. Huilier. Manche de couteau. Sucrier pour sucre en poudre et autre pour sucre concassé. Pot à glace. Pièces en vermeil ou en argent ciselé.

Voici quelques pièces d'orfèvrerie en argent et en vermeil du plus pur style de commencement du règne de Louis XVI et qui ont été exécutées d'après de Lalonde.

Ce sont : un pot à rafraîchir et un pot à glace (avec couvercle et cuiller), un sucrier pour sucre en poudre et un sucrier à collet étroit pour sucre concassé (cette forme s'explique, parce qu'il était de coutume — économique, si l'on en croit les mémoires du temps — de casser le sucre en très petits morceaux) ; une soupière, un huilier, un manche de couteau, une salière et une navette.

On nous dit que le manche de couteau, la navette et le sucrier à sucre en poudre ont été également exécutés en or. N'ayant pas pu contrôler cette indication, nous ne saurions ni l'affirmer, ni l'infirmer, mais nous sommes d'avis que l'exécution en doit être de beaucoup postérieure à l'époque dont il s'agit. D'autre part, vers 1825, un orfèvre a exécuté, en étain, comme vase à fleurs, le modèle du sucrier à sucre concassé, mais en supprimant le petit couvercle : la pièce n'avait d'ailleurs qu'une valeur de finesse très relative.

ORFÈVRERIE

Style Louis XVI [1774-1789].

Gobelet, Navette, Vases, Huilier, Manche de couteau. Sucri'er pour sucre en poudre et autre pour sucre concassé. Pot à glace. Pièces en vermeil et argent ciselé.

pLAiNCHE 95.

ÉPOQUE LOUIS XVI

Soupières et Salières. Surtout de tahle et Flacons. — Argent ciselé.

La soupière eu argent qui occupe le haut de la planche n'est pas encore entièrement affranchie du style rocaille, ainsi que l'indiquent le cartouche que tient le petit enfant qui sert de poignée au couvercle et les lignes déchiquetées du plateau; mais le récipient lui-même est d'une parfaite symétrie ; la pièce a de l'ampleur et de l'élégance.

L'autre soupière, avec une forme différente et un décor plus compliqué mais non moins harmonieux, procède bien du même style, sinon de la même inspiration. Elle avait été commandée à Pierre Germain pour Catherine II.

Remarquer encore les salières; le surtout de table, d'un effet si décoratif, elle petit flason, eu argent, flacon à conserver le thé, peut-être le tabac à priser.

ORFÈVRERIE

Style Louis XVI {i'j'j4-i']8g).

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