LOMMEJNT DISCERNER LES STYLES
rLAjNCHE yo.
ÉPOQUE LOUIS XVI
Toile de Jouy, exécutée d'après les dessins de J.-B. Huet.
En 1759, Gh.-Ph. Oberkampf avait fondé à Jouy-en-Josas une manufacture de toiles peintes, dont le succès fut retentissant, et qui sont encore recherchées aujourd'hui, bien qu'elles affectent la plupart du temps une sorte de coquetterie rococo.
On sait que ces étoffes, indiennes ou cretonnes d'ameublement, étaient imprimées à l'aide de planches plates, gravées par des dessinateurs de talent.
Dans le modèle de notre planche, modèle qui appartient très nettement au style Louis XVI, et qui a J.-B. Huet pour auteur, il y a un parti pris de deux bandes de largeur inégale, pour donner des oppositions de clair et de foncé. Deux motifs alternent dans la partie claire, sur le fond de treillage : Le Loup et l'Agneau, motif encadré, chimères accroupies portant des roseaux dans un encadrement d'écaille, interprétation qui rappelle assez l'une des fontaines du labyrinthe de Versailles, d'après les gravures de Sébastien Le Clerc; l'autre motif est une fontaine avec figures stylisées et dieux marins, que baigne l'eau retombante.
Dans l'autre partie, et traités dans un décor de guirlandes et d'oiseaux, alternent deux autres sujets, Diane et Endymion, et Galathée et Pygmalion.
TAPISSERIE. Style Louis XVI {1774-1789).
Tenture de toile imprimée, de la fabrique de Jouy, exécutée d'après un dessin de J.-B. Huet.
Premier Empire
Planches 97 à 100
Ameublement. — Orfèvrerie.
Planche 97.
ÉPOQUE PREMIER EMPIRE Chamlire à coucher. Lit. Fauteuil. TaLle de nuit et Détails d'ameublement.
Les frères Jacob conlinuaient une dynastie d'ébénistes. Mais ils eurent à subir le mauvais goût de l'époque. Tandis que leur ébénisterie est parfaite sous le seul rapport du métier, leur formule d'art est d'une déplorable prétention et d'une solennité qui confine au ridicule. Le lit a des allures de monument, et il encombre la chambre à coucher, bien qu'il soit d'une largeur moindre que les lits du siècle précédent. Les panneaux exécutés dans la chambre sont une pénible évocation de l'antiquité. On exceptera seulement les fauteuils, qui sont d'une plaisante commodité. Cependant, à l'heure actuelle, la mode semblé pencher avec complaisance vers cette inspiration, dont le rococo se pare — en guise d'excuse — d'une soi-disant naïveté archaïque.
Il ne faut pas oublier, d'autre part, que déjà sous l'Empire, on se préoccupait de créer un style : on voyait un peu toutes choses à travers l'auguste sérénité de conscience de David, et si tous les ébénistes ne collaboraient pas avec Prud'hon, ils avaient la prétention de ne pas créer d'œuvres dont le délicat artisle eût désapprouvé le dessin.
AMEUBLEMENT
Style Premier Empire {1804-18 1 /.).
Planche 98.
ÉPOQUE PREMIER EMPIRE
Commode ornée de bronze doré. Fauteuil-bergère, bois sculpté et doré, recouvert de velours brodé. Table à thé en porcelaine, plateau à compartiments rehaussés d'or etbronze. Fauteuil à deux places et Fauteuil à une place recouverts d'étofife brodée.
Nous avons, dans la planche précédente, défini le style de l'Empire et il serait superflu d'y revenir. Nous insisterons seulement sur la forme des fauteuils qui est caractéristique. Alors que du commencement du xyii» siècle à la fin du xvui'' le style se modifie pour ainsi dire sur lui-même, dans le fauteuil, procédant par simplification et par amoindrissement, s'allégeant de partout, aussi bien du dossier que des accoudoirs et des pieds, le style Empire accomplit une révolution brutale; il se tourne vers l'antiquité, et il fait en bois ce que les Romains — de style copié des Grecs, par conséquent de style de seconde main — faisaient en pierre, et, par un singulier effet pour notre œil, le fauteuil Empire et la chaise curule des pères conscrits semblent tous deux avoir le même poids.
On ne peut cependant refuser à ces meubles Empire une réelle séduction, malgré leur solennelle prétention d'évocation archéologique. La commode qui occupe le haut de la planche est ornée d'un joli décor de bronze doré, encore que les cariatides des coins aient une gaine d'une excessive raideur. A côté est un fauteuil-bergère recouvert de panneaux en velours brodé.
Au-dessous, la table à thé, dans le goût antique, ou mieux dans le goût Empire à décor antique, est en porcelaine et en bronze. Le sujet principal du plateau figure la naissance d'Amphitrite entourée de dauphins et de tritons. Le coloris des compartiments est rehaussé d'or.
Enfin le siège qui occupe le bas de la planche est un fauteuil à deux places : on remarquera que le bois est aussi couvert que possible d'une étoffe brodée, en soie, laine et or.
AMEUBLEMENT
Style Premier Empire [1804-18 14).
COMMEXT DISCEENER LES StYLES.
Planche 99.
ÉPOQUE PREMIER EMPIRE
Berceau du roi de Rome. Ensemble (Face, dos et profil) et Détails.
C'est en 1810 que la ville de Paris s'adressa à Prud'hon pour le dessin du berceau et de la toilette destinés à être offerts à l'impératrice Marie-Louise. Prud'hon, sans être le peintre officiel de Napoléon I", était son peintre intime, et l'on avait pensé que nul mieux que lui ne pouvait vivifier, par l'allégorie, le berceau de l'impérial enfant.
Prud'hon se mit donc à l'œuvre et imagina le berceau que nous avons reproduit, berceau qui fut exécuté par les orfèvres Thomire et Odiot, et modelé par Raidguet. Sur les côtés il y a deux bas-reliefs : le Tibre et le Mercure confiant le prince à la nymphe de la Seine. Au-dessus du berceau, dont l'arriére est fait d'un bouclier au chiffre N, une Victoire plane tenant une couronne de laurier et d'étoiles, d'où descendent les rideaux. Au pied, un jeune aiglon semble impatient de prendre son vol. Deux petits amours debout, l'un armé d'une massue, l'autre tenant le fléau d'une balance, veillent chacun à l'une des extrémités du berceau. Ils étaient exécutés en ronde bosse. Ce meuble, qui est conservé au trésor impérial de Vienne, est en argent. Prud'hon l'avait dessiné pour être exécuté en vermeil, burgau et nacre.
AMEUBLEMENT
Style Premier Empire [1804-18 14).
Planche 100.
ÉPOQUE PREMIER EMPIRE
Pot à oille. Fontaine à thé. Burette et Vases divers. — Argent repoussé et ciselé. Trépied et Motifs. — Bronze ciselé et doré.
Nous avons représenté dans la partie droite de notre planche quelques pièces d'orfèvrerie où le style Empire s'affirme avec assez de pureté : un pot à oille (soupière), une fontaine à thé, une burette et un vase aux anses formées par un col de cygne : ces pièces sont exécutées en argent et en vermeil. Les ornements ont été fondus et ciselés à part, et appliqués avec une extraordinaire iiabileté sur le fond préparé pour les recevoir.
Les autres figures, vases, trépied et médaillons insérés dans uni écor de frise, sont en bronze ciselé et doré.
Le trépied, rappelant ceux trouvés dans les fouilles d'Herculanum, et n'ayant pas d'autre but, servait cependant à brûler des parfums ou à évaporer des essences : il est porté sur un petit piédestal en marbre, décoré de bas-reliefs.
ORFÈVRERIE
Style Premier Empire {1804-18 14).
'00. Pot à cille, Fontaine à thé, Burette et Vases divers en argent repoussé et ciselé.
Trépied et Motifs en bronze ciselé et doré.